S ECTEUR PRIVÉ DE LA SANTÉ
Modernisation – Gouvernance - Régulation
Le Maroc accélère la transformation de son système de santé en combinant investissements massifs et restructuration organisationnelle. Cette transformation s’opère dans un paysage où le secteur privé, désormais majoritaire dans l’offre de soins, joue un rôle structurant. Les trois chantiers majeurs du système de santé
L
qui rationalise l’offre, supprime la fragmentation administrative et renforce la coordination entre établissements. A cela s’ajoutent de nouvelles agences nationales (Médicament et Sang) destinées à professionnaliser davantage la ges- tion de secteurs sensibles. Il y a enfin la digitalisation, avec le dos- sier patient partagé, la feuille de soins électronique et l’interopéra- bilité des systèmes hospitaliers, qui est appelée à fluidifier le parcours patient et améliorer la performance publique. Mais cette modernisation se heurte à un obstacle majeur : le déficit chronique en ressources humaines. Avec 1,74 personnel de santé pour 1.000 habitants, loin des 4,45 recommandés par l’OMS, et un manque estimé à 32.000 méde- cins et 65.000 infirmiers, le Maroc affronte une pénurie structurelle. La mise en place de la fonction sani- taire, la révision de la loi sur l’exer- cice de la médecine pour attirer les médecins étrangers et la volonté de porter la densité à 45 profes- sionnels pour 10.000 habitants à l’horizon 2030 constituent des
pitalier du pays, ainsi qu’aux futurs centres universitaires de Béni Mellal, Guelmim et Errachidia. La capacité hospitalière publique aug- mentera de plus de 3.800 lits, tandis que d’autres investissements (2,5 milliards de dirhams) visent à élar- gir l’offre de soins à travers de nou- veaux centres provinciaux, régio- naux, psychiatriques et spécialisés. Cette dynamique s’accompagne d’un vaste chantier de réhabili- tation : 90 hôpitaux seront mis à niveau dès 2026, en plus des 22 établissements déjà finalisés entre 2022 et 2025. Parallèlement, le programme de remise à niveau des établissements de soins de santé primaires (ESSP)- poursuit son expansion. Après la réhabilitation de 1.400 centres, une deuxième phase couvrira 1.600 nouvelles structures, portant le total à 3.000 ESSP modernisés, majoritairement en zones rurales. Ces évolutions vont de pair avec une transformation organisation- nelle majeure : la mise en place des Groupements sanitaires ter- ritoriaux (GST), pierre angulaire d’une gouvernance régionalisée
e Maroc a engagé depuis 2022 une refonte sans précédent de son système national de santé, afin de
construire un dispositif capable d’assurer l’accès universel à des soins de qualité, réduire les inéga- lités et moderniser la gouvernance sanitaire. Le Projet de Loi de Finances 2026 en est l’illustration la plus visible, avec une hausse historique de 30% du budget du ministère de la Santé, qui atteint 42,4 milliards de dirhams. En cinq ans, les crédits auront plus que doublé, traduisant un effort budgétaire soutenu. L’essentiel de ces ressources est consacré à la montée en capacité du secteur public. Près de 5,3 mil- liards de dirhams seront dédiés à la construction et à l’équipement des nouveaux CHU, dont l’hôpital Ibn Sina, le plus ambitieux projet hos-
Dans le cadre du Projet de Loi de Finances 2026, il a été procédé à une hausse historique de 30% du budget du ministère de la Santé, qui atteint 42,4 milliards de dirhams. histor de 2026, rique de Santé Dan e cad
FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°50 76
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