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problématiques : opacité tarifaire, chèque de garantie, exclusivi- tés abusives, sous-déclaration ou encore recours illégal à du person- nel public. De même, les normes techniques des cliniques n’ont pas été mises à jour et la régula- tion demeure insuffisante. D’où la nécessité d’une tarification réfor- mée, d’un affichage obligatoire des prix réellement appliqués, d’une lutte renforcée contre les pratiques illicites et d’un contrôle plus systé- matique des plateaux techniques. Complémentarité public–privé Dans un pays où l’AMO couvre désormais 88% de la population et touche plus de 32 millions de Marocains, l’enjeu est d’assurer une cohérence d’ensemble entre le public et le privé. Le premier doit améliorer drastiquement la qualité des soins, la disponibi- lité des ressources humaines et des équipements, la motivation des personnels et la gouvernance des hôpitaux. Le privé doit opérer dans un cadre plus transparent, où la concurrence est saine, les tarifs clairs et les pratiques abusives strictement sanctionnées. Le Maroc a déjà posé des jalons structurants, à travers notamment la digitalisation, la gouvernance territorialisée, la montée en gamme de l’offre hospitalière, la réforme de la formation médicale, la création d’agences spécialisées ou encore la souveraineté vaccinale avec Marbio Biotechnologies. Parallèlement, les indicateurs sanitaires s’améliorent progressivement (espérance de vie à 77,2 ans, chute de la mortalité maternelle, couverture vaccinale solide…), mais les inégalités per- sistent, notamment entre villes et campagnes, où les besoins en ESSP, en personnel mobile et en équipe- ments essentiels restent élevés. C’est dire que la réforme enga- gée est profonde, mais ses effets ne seront visibles que si la gou- vernance, les ressources humaines et la régulation suivent le rythme des investissements matériels. L’enjeu étant, in fine, de redon- ner confiance à une population qui attend un service public fort, moderne et qui répond dignement à ses attentes et besoins.

une dynamique qu’aucune struc- ture publique ne peut égaler. Ce modèle a permis l’émergence d’un réseau moderne, équipé, capable d’attirer des praticiens et d’étendre la couverture territoriale, notam- ment dans des zones où l’offre publique reste insuffisante. «Le privé offre de meilleures conditions de travail et dispose des plateaux techniques des plus performants. Ce qui explique le fait que l’essentiel des professionnels de santé exerce dans le privé, de manière permanente ou partielle, y compris des médecins fonctionnaires» , confirmait récem- ment sur nos colonnes Abdelmajid Belaiche, expert en industrie phar- maceutique et chercheur en écono- mie de la santé. Mais ce développement n’est pas exempt de dérives. Le Conseil de la concurrence relève des pratiques

leviers importants, mais dont les effets seront progressifs. En atten- dant, la tension persiste dans les hôpitaux publics, où la surcharge de travail, l’usure et la pénurie de compétences limitent la portée des investissements matériels. Un secteur privé incontournable L’autre réalité incontournable du système de santé marocain est la montée en puissance du sec- teur privé, qui joue désormais un rôle structurant. Le dernier avis du Conseil de la concurrence est clair : 52,3% des médecins exercent dans le privé, qui concentre 88% des structures de première ligne et 33,6% de la capacité nationale d’hospitalisation. Il capte près de 70% des dépenses totales de santé. Autrement dit, le privé est deve- nu le pilier quantitatif de l’offre de soins, pendant que le public porte la mission sociale. Cette évolution s’explique par la loi 131-13, qui a ouvert le capi- tal des cliniques aux investisseurs non médecins, facilitant l’essor de groupes intégrés disposant de capa- cités d’investissement importantes;

Le Maroc fait face à une pénurie structurelle de professionnels de santé, avec un manque de 32.000 médecins et 65.000 infirmiers.

Dans un pays où l’AMO couvre désormais 88% de la population et touche plus de 32 millions de Marocains, l’enjeu est d’assurer une cohérence d’ensemble entre le public et le privé. Da de d’as un pa 88% de 32 milli rerun

77 HORS-SÉRIE N°50 / FINANCES NEWS HEBDO

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