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CONJONCTURE

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recettes cumulées dépassent déjà 100 milliards de dirhams et le gou- vernement vise 18 millions de tou- ristes et 124 milliards de recettes sur l’année. L’industrie poursuit sa montée en gamme. Dans l’automobile, la pro- duction a bondi de 36% au pre- mier semestre 2025, dépassant les 350.000 véhicules, et la capacité nationale franchit le seuil du mil- lion de véhicules par an. Stellantis a annoncé un nouveau plan d’inves- tissement de 1,2 milliard d’euros pour porter la capacité de son usine de Kénitra à 535.000 véhicules par an et renforcer la production de modèles électriques et hybrides. En valeur, les exportations automo- biles connaissent toutefois un léger repli sur les dix premiers mois de l’année (-2,7% à 112,2 milliards de dirhams), illustrant l’effet prix et le ralentissement de certains marchés européens. Le secteur demeure néanmoins le premier exportateur du pays, représentant près de 15 mil- liards d’euros de ventes annuelles. Au-delà de l’automobile, le Royaume prépare sa prochaine phase industrielle : montée en puis- sance de l’aéronautique, électri- fication des chaînes de valeur, et développement des infrastructures dédiées à l’hydrogène vert, notam- ment autour de Nador West Med et Dakhla Atlantique. L’agriculture reste le maillon le plus vulnérable. Le Maroc sort de sa sep- tième année de sécheresse consécu- tive, avec des pertes d’emplois et de

revenus significatifs dans le monde rural. Pour sécuriser l’accès à l’eau, le pays accélère un programme massif de dessalement : l’objectif est de couvrir 60% des besoins en eau potable par le dessalement d’ici 2030, contre 25% aujourd’hui, via des unités alimentées à 100% en énergies renouvelables. La capacité de résilience de l’éco- nomie marocaine dépendra large- ment du succès de ce basculement hydrique, condition de la pérennité de son modèle agricole. Un agenda de réformes chargé Globalement, 2025 marque pour le Maroc l’entrée dans un cycle plus porteur : croissance supérieure à la moyenne des cinq dernières années, inflation maîtrisée, poli- tique monétaire redevenue favo- rable, comptes extérieurs robustes et regain de confiance des bailleurs. Mais ce tableau flatteur s’accom- pagne d’un agenda de réformes dense : poursuite de la consoli- dation budgétaire sans casser la reprise, montée en puissance de la protection sociale, réponse au chômage des jeunes, décarbona- tion industrielle, sécurisation de la ressource en eau. À la veille de 2026, la question est de savoir dans quelle mesure cette croissance, portée par le tourisme et l’industrie exportatrice, pourra se diffuser au marché du travail, réduire les inégalités territoriales et absorber les chocs climatiques à venir.

Porté par la montée en puissance de ses secteurs exportateurs et par la solidité de la demande interne, le Maroc achève 2025 sur un regain de croissance robuste.

de 8,9%, plus vite que les exporta- tions (+3%). Dans le détail, les achats d’éner- gie reculent (-7,4%), de même que les importations de blé (-9%), mais cette détente est plus que com- pensée par la dynamique d’impor- tations de biens d’équipement et de biens de consommation. Côté exportations, l’automobile demeure le premier poste, malgré un recul de 3,6% sur la période, tandis que les phosphates et dérivés rebondissent de 19%. En dépit de ce déficit, la position extérieure globale reste jugée solide: le déficit courant se maintient autour de 2% du PIB, largement financé par la hausse des inves- tissements directs étrangers et les recettes touristiques. Les réserves de change sont attendues autour de 407 milliards de dirhams en 2025, soit plus de 5,5 mois d’importations. En avril, le Maroc a par ailleurs obtenu une nouvelle ligne de crédit flexible du FMI d’un montant de 4,5 milliards de dollars, utilisée à titre de précaution pour renforcer le pare-feu face aux chocs externes.

Un moteur, une transition et un talon d’Achille

Le tourisme confirme son statut de pilier de la reprise. Les recettes atteignent 54 milliards de dirhams au premier semestre 2025, en hausse de 9,6% sur un an, portées par près de 9 millions de visiteurs étrangers sur la période. Fin septembre, les

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°50 8

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