relativement compétitifs. Tous ces éléments constituent une base solide. Cependant, pour que ce potentiel se transforme en véritable avantage compétitif, plusieurs conditions doivent être réunies. Il est essen- tiel de structurer une offre médicale claire, certifiée et alignée sur les stan- dards internationaux, en termes de qualité des pratiques. Cela implique également de renforcer la régulation, l’accréditation des établissements, et la valorisation des compétences médicales à travers la formation continue et la spécialisation. Les enjeux éthiques et économiques sont majeurs. Sur le plan éthique, il est indispensable que le développe- ment du tourisme médical soit com- patible avec la mission première du système de santé, qui est de garantir un accès équitable aux soins pour la population locale. Sur le plan écono- mique, le secteur pourrait constituer une opportunité de croissance et de création de valeur, à condition que les revenus générés soient réinvestis dans le système de santé, notamment dans les infrastructures, la formation et la recherche. Ainsi, le potentiel est réel, mais il doit s’accompagner d’une vision stra- tégique, d’une gouvernance rigou- reuse et d’une approche centrée sur l’éthique, la qualité et la durabilité. F. N. H. : En tant que médecin et professeure, comment imaginez-vous l’équilibre idéal entre médecine publique, privée et universitaire dans les années à venir ? Pr I. H. : L’équilibre idéal est celui d’une complémentarité assumée. Le sec- teur public doit rester le pilier de l’ac- cès équitable aux soins et de la prise en charge des pathologies lourdes. Le secteur privé, pour sa part, peut jouer un rôle essentiel dans la proximité et la réactivité. Les CHU et les facul- tés de médecine doivent continuer à être les lieux d’excellence scienti- fique, d’innovation, de formation et de recherche. L’avenir repose sur des passerelles solides, telles que la mobilité des praticiens, les projets de recherche communs, le partage d’expertise, et les systèmes de référence fluides. C’est cette synergie qui permettra au Maroc de répondre aux besoins croissants en santé.
se sent utile et reconnu. Investir dans le capital humain n’est pas un choix, c’est la condition pour assurer un sys- tème de santé performant et résilient. F. N. H. : Le Maroc dispose-t-il du potentiel nécessaire pour se positionner comme des- tination de tourisme médical ? Quels sont les principaux enjeux éthiques et économiques liés à ce secteur ? Pr I. H. : Le Maroc dispose d’atouts indéniables pour développer le tou- risme médical, à savoir des compé-
tences médicales reconnues, une proximité géographique stratégique avec l’Europe et les autres pays afri- cains, une infrastructure hôtelière de qualité, ainsi que des coûts de soins
Le véritable enjeu aujourd’hui n’est pas de choisir entre public et privé, mais de mieux articuler les deux pour que les progrès du privé puissent bénéficier à l’ensemble des citoyens.
93 HORS-SÉRIE N°50 / FINANCES NEWS HEBDO
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