des anomalies avec une minutie qui dépasse parfois l’œil humain. Cette évolution technologique repositionne les cliniques marocaines dans une catégorie intermédiaire entre les stan- dards européens et ceux, encore plus exigeants, des centres médicaux du Golfe. Dans cette dynamique, les grands groupes privés jouent un rôle majeur. Akdital, désormais premier réseau hospitalier du Royaume, opère dans 33 établissements de 19 villes et tota- lise 3.706 lits selon son rapport finan- cier 2024. Le groupe a investi plus de 1,2 milliard de dirhams l’année dernière pour renforcer ses plateaux techniques, en particulier en image- rie, réanimation, bloc opératoire et oncologie. Cette stratégie d’expansion s’accompagne d’une standardisation poussée des outils numériques et des protocoles médicaux, un modèle qui tire le secteur vers des niveaux d’exi- gence rarement atteints auparavant. Vicenne suit une logique similaire, avec un positionnement premium autour des spécialités lourdes - onco- logie, cardiologie, imagerie de haute précision - et un parc technologique de dernière génération. Ses capacités oscillent entre 120 et 160 lits selon les
une autre dimension de cette moder- nisation. Admissions automatisées, facturation digitalisée, dossiers médi- caux synchronisés, résultats bio- logiques accessibles en ligne : tout concourt à réduire les délais d’attente et à fluidifier le fonctionnement des structures. Cette logique d’efficacité, largement inspirée des grands hôpi- taux internationaux, s’installe progres- sivement au Maroc. L’autre enjeu majeur est la cybersé- curité. Les données médicales étant parmi les plus sensibles, les cliniques doivent désormais se conformer stric- tement aux normes de la CNDP et investir dans des dispositifs avancés de protection. Avec la multiplication des attaques informatiques visant les infrastructures hospitalières dans le monde, la sécurisation des systèmes d’information devient un impé- ratif stratégique pour préserver la confiance des patients et la continuité des soins. Pour Belaïche, «la refonte du système de santé repose sur quatre piliers, dont la digitalisation. C’est elle qui garan- tira la continuité, la qualité et l’équité. Le Maroc ne pourra répondre à la pénurie de médecins ni moderniser son offre de soins sans un recours massif aux technologies de santé et au numé- rique» . L’innovation technologique dans le privé marque un tournant pour l’éco- système médical marocain. Elle tire l’ensemble du secteur vers le haut, stimule l’investissement, renforce la souveraineté sanitaire et améliore la qualité des soins disponibles. Mais elle pose aussi une question essentielle: comment éviter la création d’une médecine à deux vitesses ? Les zones rurales, les populations à faible revenu et les structures publiques risquent d’être à la traîne si l’intégration tech- nologique n’est pas pensée à l’échelle nationale. La réussite de cette transformation dépendra donc de la capacité du Maroc à articuler innovation privée et régulation publique, tout en assu- rant une montée en compétences de ses ressources humaines et une répartition harmonieuse des infras- tructures. Le pays dispose aujourd’hui des fondations nécessaires. L’enjeu, désormais, est d’en faire un levier de modernisation accessible à tous.
Les patients sont plus informés, plus exigeants, et les professionnels de santé ne peuvent plus fonctionner avec des outils limités.
sites, avec un accent marqué sur les IRM 3 Tesla, les scanners 128 barrettes et les plateformes numériques dédiées au suivi thérapeutique. Le groupe revendique un modèle «patient cen- tric» construit autour de l’innovation médicale continue.
Robotisation, cybersécurité et gouvernance
La robotisation fait timidement son entrée dans le paysage médical maro- cain. Bien que limitée à quelques établissements, notamment dans les services d’urologie et de gynécologie, elle traduit une volonté claire : aligner progressivement les pratiques maro- caines sur les standards internatio- naux de la chirurgie mini-invasive. Les technologies d’assistance robotique, encore coûteuses, devraient gagner du terrain à mesure que la solvabilité de la demande s’améliore avec la généra- lisation progressive de l’AMO. La digitalisation interne représente
Le secteur privé a consenti des investissements importants dans
des IRM de dernière génération, des scan- ners haute résolution et des technologies hybrides comme le PET-Scan ou la SPECT.
99 HORS-SÉRIE N°50 / FINANCES NEWS HEBDO
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