FNH N° 1106

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SANTÉ

FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 27 & VENDREDI 28 AVRIL 2023

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dier la responsabilité sociale relative à la situation sanitaire rénale en Afrique, en se basant sur les perceptions des patients et des médecins néphrologues, explorer les facteurs influençant ces per- ceptions et établir des propositions afin de les améliorer. F.N.H. : La responsabilité sociale en santé est considérée aujourd’hui comme l’une des réponses indis- pensables, voire prioritaires pour l’amélioration des systèmes de santé dans le monde. Où réside justement son importance ? Pr I. H. : La responsabilité sociale des organisations est définie comme l’impli- cation et la participation de l’organisation aux actions qui contribuent à une société plus juste et un environnement plus sûr. Récemment, le concept de responsabilité sociale s’est élargi à d’autres domaines d’activité, dont celui de la santé, et plus particulièrement au contexte de la pres- tation des soins de santé, des hôpitaux et des organismes de formation sanitaire. C’est un concept fondé sur des principes de qualité, d’efficience, de pertinence et d’équité, qui connait depuis quelques années un engouement très fort. Il est ainsi fréquemment présenté comme l'une des réponses nécessaires à l’améliora- tion de la prise en charge des patients dans la plupart des pays développés. Cette version nouvelle de la responsa- bilité sociale suppose la mise en place d’une série de mesures afin d’améliorer l’accès aux soins pour tous, la qualité des services de santé et leur efficience. Ainsi, la responsabilité sociale des sys- tèmes de santé fait actuellement l'objet d'une attention croissante à travers le monde. Car le système de santé est l’exemple type d’un organisme dont les actions impactent directement la société et qui a, par conséquent, l’obligation éthique et morale d’être «socialement responsable». F.N.H. : Votre ouvrage s’appuie sur une approche participative et inclusive (médecins et malades). Quels sont les grands enseigne- ments à retenir de cette étude ? Pr I. H. : Le présent travail avait montré qu’une faible proportion de patients avait une bonne perception de la responsa- bilité sociale des hôpitaux. En effet, les patients étaient globalement satisfaits de la prise en charge thérapeutique, en l’occurrence l’implication des soignants

dans le processus des soins. Cependant, l’environnement, les conditions générales de l’hôpital, l’accessibilité et l’équité des soins étaient globalement insatisfaisants. Une association positive significative était notée entre l’existence d’une cou- verture sanitaire, le revenu du pays, ses dépenses publiques en santé et en édu- cation et la perception de la responsabi- lité sociale des hôpitaux par les patients. En ce qui concerne les médecins, la majorité des participants pensait que leurs hôpitaux n’étaient pas socialement responsables, et avait soulevé un certain nombre de facteurs entravant la respon- sabilité sociale des hôpitaux africains, tels la pénurie des professionnels de santé, la gouvernance, les infrastructures inadaptées, ainsi que des facteurs liés au système de santé (faibles budgets nationaux, coût des soins et absence de couverture sanitaire). En effet, notre étude a mis en exergue le rôle crucial de la gouvernance et de la gestion hospitalières (en impliquant les différentes parties prenantes) pour amé- liorer la responsabilité sociale des hôpi- taux, et par conséquent l’offre des soins. Ceci représente une nouvelle approche de gouvernance qui aide à créer de la valeur organisationnelle par la perfor- mance, la conformité et la responsabilité. De plus, bien qu'elles ne soient pas repré- sentatives de l'ensemble de la population des patients insuffisants rénaux ni des médecins néphrologues, les perceptions et les préoccupations de nos participants fournissent des informations aux autori- tés sanitaires concernant la perception

du fonctionnement des hôpitaux et la prise en charge de la maladie rénale en Afrique. Ces résultats pourraient être d’un grand apport aux décideurs, contribuer à influencer les politiques de santé, en plus de permettre d’améliorer la performance de nos systèmes de santé et les aider à adopter les actions requises pour devenir socialement res- ponsables. F.N.H. : Votre enquête révèle des données inédites concernant la maladie rénale et sa prise en charge en Afrique, notamment au Maroc, qui reste le mieux loti. Qu’en est-il ? Pr I. H. : C’est vrai qu’il existe des dis- parités entre les pays inclus, et le Maroc est mieux loti en comparaison avec les pays subsahariens, en termes de per- sonnel soignant spécialisé et d’offre de soins, que nous avons illustré dans ce travail par l’exemple des traitements des maladies rénales qui sont particu- lièrement coûteux. Ceci concerne en l’occurrence les techniques de dialyse de suppléance et la transplantation rénale. En effet, les pays d’Afrique du Nord desservent 93% de la population afri- caine sous dialyse du continent. Ainsi, au Maroc, 36.500 patients bénéficient d’hémodialyse chronique. Et beaucoup d’efforts sont fournis pour la promo-

Le présent tra- vail avait montré

qu’une faible proportion de

patients avait une bonne perception de la responsa- bilité sociale des hôpitaux.

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