FNH N° 1101

JEUDI 23 MARS 2023 / FINANCES NEWS HEBDO SPÉCIAL SANTÉ

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l’agence du médicament et la création de l’agence du sang. Et à l’échelle territoriale, c’est la création des groupements sani- taires territoriaux. Dans ce processus, il y aura aussi une réorganisation du ministère de la Santé parce qu’avec son organi- gramme, il n’est plus adapté actuellement aux perspectives de développement de la santé ni par rapport à cette loi-cadre ni par rapport aux défis du futur. Le deuxième pilier, ce sont essentielle- ment les ressources humaines. Dans cette refonte, il est prévu de créer un statut par- ticulier pour les professionnels de santé, puisqu’on ne peut pas faire partie de ce système et travailler en tant que fonction- naire sachant que le professionnel subit aujourd’hui une injustice. Dans les années 70 du siècle dernier, les médecins étaient au 3ème rang social. Aujourd’hui, ils sont au 28ème rang. Dans ce sens, le salaire du médecin est très en-deçà de ce qu’il devrait être. On ne peut pas, avec ces salaires, encourager les professionnels à rester au Maroc. Ils vont certainement aller chercher ailleurs. Pour qu’ils restent ici, il faut leur conférer un statut confortable, avec une incitation. Dans cette politique d’incitation, celui qui travaille plus touche- ra plus. Nous allons créer un salaire fixe, et au-delà de ce salaire, c’est une variable. Et au-delà de la variable, il y a d’autres modes de rémunération. Ce sera donc un système qui apporte une plus- value. Le troisième pilier, c’est la mise à niveau, qui comporte et l’urbain et le rural. A cet effet, nous avons mobilisé un budget important. Notez bien que le budget de la santé a bien évolué. Certes, il n’est pas conforme aux recommandations de l’OMS, qui est d’avoir 12% du budget de l’État consacrés à la santé, puisque nous sommes aujourd’hui à 6% de ce budget. Mais il y a une augmentation substan- tielle par rapport à 2019, puisque nous

Pour le ministre, «le salaire du médecin est très en-deçà de ce qu’il devrait être».

sommes passés de 16 milliards de DH à 28 milliards. C’est déjà énorme. Il y a déjà un élan très positif, avec 1 milliard de DH dédié chaque année, pendant cinq ans, à la mise à niveau des structures sanitaires. A cela s’ajoute le travail fait au niveau du gouvernement, avec M. Aziz Akhannouch, puisqu’il y a une dotation de 800 millions de DH, pendant deux ans, pour la réno- vation de l’ensemble des structures sani- taires et la modernisation de leur système d’information. Il y a aussi un travail qui est réalisé au niveau des CHU, avec 1,7 mil- liard de DH qui a été dispatché au niveau de cinq CHU anciens afin de les mettre aux normes pour capter plus de clientèle. En outre, il y a d'autres programmes, dont celui du développement rural, avec le concours du ministère de l’Intérieur que je tiens à remercier, ainsi que du ministère de l’Agriculture, dans le but de lever les disparités territoriales. Sans oublier l’INDH et la Fondation Mohammed V qui tra-

vaillent également en collaboration avec les systèmes de santé pour apporter des réponses concrètes à différentes mesures dans le domaine de la santé. Le secteur rural bénéficie aujourd’hui de pratiquement 60% des ressources humaines, puisque c’est une priorité nationale. F.N.H. : Comment comptez-vous fidé- liser ces ressources qui vont dans le rural pour qu’elles y restent, si sur le plan social elles ne sont pas dans une situation confortable ? Kh. A. T. : Aujourd’hui, le gap est différent selon les différents territoires. C’est pour cela que nous avons opté pour la création d’un programme médical régional. Dans ce programme, chaque région a sa propre vision des choses et ses propres ressources. Autrement dit, on ne recrute plus au niveau central, mais on déploie les postes budgétaires à un niveau régional, selon une carte et un besoin bien spécifié. Nous affectons selon les profils dont nous avons besoin dans une région ou dans une autre. Ce programme prévoit un mode fixe et un mode mobile. Ce qui veut dire que s’il faut se mobiliser au niveau des régions, mêmes rurales, et être présent selon un rythme régulier pour répondre à un besoin précis d’une population rurale, il faut le faire dans l’optique de la proxi- mité telle que voulue par Sa Majesté. Au lieu que le malade se déplace chez le médecin, c’est le médecin qui va vers le malade jusqu’à ce que l’on ait suffisam- ment de ressources pour répondre à tous les besoins. ◆

Sa Majesté est en train de travailler sur la souveraineté sanitaire au niveau conti- nental. Nous avons la pos- sibilité de la faire.

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