FNH N° 1101

JEUDI 23 MARS 2023 / FINANCES NEWS HEBDO SPÉCIAL SANTÉ

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«Nous travaillons sur une dématérialisation totale du process AMO» ◆ Rouage essentiel dans la généralisation de l’AMO, la CNSS est toujours fortement mobilisée pour s’assurer du bon déroulement de ce chantier sur le plan opérationnel. ◆ Refonte des systèmes d’information, digitalisation, densification du réseau…, sont autant de dispositifs déployés visant à garantir la réussite de cette révolution sociale. ◆ Tour d’horizon avec Hassan Boubrik, Directeur général de la CNSS.

qui viennent des hôpitaux publics. Parce qu’avec ces établissements hospitaliers, nous avons un processus qui est beau- coup plus fluide, puisqu’il y a un tiers payant. C’est-à-dire que le titulaire ou le bénéficiaire de l’AMO Tadamon n’avance aucun frais, car quand il arrive à l’hôpi- tal, il est pris en charge et c’est l’hôpital qui nous facture directement. Pourquoi ? Parce que nous avons mis en place un process qui consiste en une interopéra- bilité entre le système d’information de la CNSS et celui des hôpitaux publics. En prenant juste en compte les chiffres que j’ai mentionnés plus haut, qui n’in- tègrent pas les consultations et les actes dispensés dans les hôpitaux publics, à date d’aujourd’hui, nous avons reçu envi- ron 140.000 dossiers des hôpitaux publics. Et à travers notre système automatique de facturation avec les hôpitaux publics, nous pouvons estimer le nombre de dossiers dans ces établissements hospitaliers à presque 1.000.000 au moins. Aujourd’hui, je peux dire que l’AMO Tadamon est une réalité sur le terrain. Les gens bénéficient de ce service qui, pour nous, doit rester un service de qualité, en respectant les délais de remboursement et les délais de réponse rapides sur les prises en charge. F.N.H. : Justement, pour que ces délais soient respectés et que l’en- semble du système soit fluide, il y a un volet très important qui est celui de la digitalisation. Comment se passe ce chantier qui accompagne l'AMO ? H. B. : Pour ce qui est de la digitalisation, comme je l’ai déjà dit, nous avons travaillé avec les hôpitaux publics pour qu’il y ait une interopérabilité entre nos systèmes d’information.

Propos recueillis par D. William & A. Diouf

Finances News Hebdo : La générali- sation de l’AMO est effective depuis trois mois. Aujourd’hui, avec le recul que vous avez, comment se passe l’intégration des plus démunis béné- ficiant jusqu’au 30 novembre 2022 du Régime d'assistance médicale (Ramed) et des travailleurs non sala- riés ? Quel premier bilan pouvez-vous faire et quelles sont les contraintes majeures auxquelles vous faites face actuellement ? Hassan Boubrik : Comme vous le savez, ce basculement a été opéré le 1er décembre 2002. Et c’était important de l’opérer à cette date pour rester dans le calendrier global qui a été fixé par la loi-cadre sur la protection sociale. Ce basculement a concerné à peu près 4.000.000 d'assurés principaux. En réalité, nous avons reçu une base de données de l’Agence natio- nale de l’assurance maladie (ANAM), qui contient un peu plus de 4.100.000 per- sonnes. Après vérification, nous avons vu que sur ces 4.100.000 personnes, environ 250.000 disposaient déjà d’une couverture maladie (AMO TNS, AMO TS, AMO CNOPS, Mutuelle des FAR). A la fin, nous avons immatriculé un peu plus de 3.700.000 personnes et, avec leurs ayants droit, nous avons un total de bénéficiaires qui avoisine les 10.000.000 de personnes. Le basculement s’est fait dans de bonnes conditions. Je rappelle d’abord que ces personnes n’avaient besoin de faire aucune démarche pour pouvoir basculer du Ramed vers l’AMO Tadamon. Le basculement s’est donc fait de manière automatique à partir des fichiers des bases de données que

nous avons reçues de l’ANAM. Et, depuis cette date, cela se passe plutôt bien sur le plan opérationnel. Le service est effec- tué de manière normale, et malgré une très importante augmentation de l’activité, nous n’avons pas constaté de détériora- tions particulières, ni dans les délais ni dans la qualité de service. C’était pour nous extrêmement important. Pour donner quelques chiffres : depuis le lancement de l’AMO Tadamon jusqu’à la semaine dernière (semaine du 27 février au 5 mars), nous avons reçu 430.000 dossiers de remboursement de frais de soins, qui proviennent de cette population anciennement Ramediste pour un mon- tant de 380 millions de dirhams (MDH). Nous avons également reçu 38.000 prises en charge pour un montant de 580 MDH. Cela, sans compter avec les dossiers

Nous avons travaillé avec les hôpitaux publics pour qu’il y ait une interopérabi- lité entre nos systèmes d’in- formation.

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