FNH N° 1101

52 JEUDI 23 MARS 2023 / FINANCES NEWS HEBDO

www.fnh.ma

SPÉCIAL SANTÉ

Sur la partie privée, la CNSS travaille sur un nou- veau système d’information qui permet une déma- térialisation totale du process AMO, qu’on appelle la feuille de soin électro- nique.

Ainsi, lorsqu’une personne qui bénéficie de l’AMO Tadamon se présente à l’hôpital public, celui-ci accède à une plateforme qui lui permet de savoir tout de suite si elle est dans l’AMO Tadamon et est-ce que son droit est ouvert. Si c’est le cas, la personne est prise en charge et tous les actes qui lui sont dispensés sont reliés à son numéro d’immatriculation. Cela per- met à l’hôpital public de facturer par la suite cette prestation à la CNSS. Cette facturation se fait à travers un échange de données entre informaticiens de l’hôpi- tal public et de la CNSS. Ce gros travail de dématérialisation avec les hôpitaux publics, qui a été fait avec le soutien de l’Agence de développement du digi- tal (ADD), porte aujourd’hui ses fruits. Il s’agit d’un processus qui était important. Pourquoi ? Parce que dans les hôpitaux publics, on peut estimer à quelque 15 à 20.000 par jour le nombre de dossiers de la population de l’AMO Tadamon. C’était donc important pour ne pas avoir un flux matérialisé supplémentaire à gérer au niveau de la CNSS que cette digitalisation soit mise en place. Sur la partie privée, nous travaillons sur un nouveau système d’information de la CNSS, qui a été d’ailleurs mis en pro- duction au mois d’octobre. Ce système d’information permet une dématérialisa- tion totale du process AMO, qu’on appelle la feuille de soin électronique. Le déploie- ment de cette feuille de soin électronique nécessitera probablement du temps. Au début, on estimait le délai nécessaire entre 18 et 24 mois. Aujourd’hui, nous avons un

peu plus avancé sur le projet et nous pen- sons que ce délai se situe plutôt entre 24 et 36 mois, pour un déploiement qui soit très significatif auprès de l’ensemble des prestataires de soins. Concrètement, comment cela va se pas- ser ? Demain, si vous vous présentez chez un médecin, une clinique ou n’importe quel prestataire de soins, le prestataire va accéder à la plateforme de la CNSS où il va saisir l’acte, l’ordonnance ou l’examen biologique… directement sur le portail. Lorsque le client sort, par exemple, de chez le médecin, il dispose de son ordon- nance dans son smartphone ou sur son espace privé MaCNSS. Et dès qu’il va chez le pharmacien, ce dernier saisit le numéro d’immatriculation et l’ordonnance apparaît, ce qui lui permet de l’exécuter. On aura ainsi un process qui est totale- ment dématérialisé avec au moins trois avantages très importants. Le premier, c’est une réduction de coût, parce que traiter des feuilles de soin papier coûte beaucoup d’argent, notamment sur le plan logistique. Par ailleurs, il y a un gain dans la liquidation, parce que les liquidateurs ont besoin de saisir à nouveau les mêmes informations sur les systèmes d’informa- tion, ce qui demande beaucoup d’effort et de ressources, en plus des risques d’erreur. Le deuxième avantage est que ce nouveau système offre une qualité de service beaucoup plus élevée pour les assurés, notamment avec des délais de traitement très réduits. Aujourd’hui, nous avons des délais de remboursement qui sont très bons, en moyenne de 10

jours. Bien entendu, avec la dématériali- sation, ces délais pourront être réduits de manière significative. Le troisième avantage de la digitalisation est la collecte de la donnée et comment la structurer pour lutter contre la fraude, et apporter de la valeur au système glo- balement. Mais aussi faire la chasse aux dépenses inutiles, augmenter les analyses sur le plan épidémiologique, sur la préven- tion, etc. Le fait d’avoir un système com- plètement dématérialisé nous permet de mieux structurer notre donnée. Pour nous, c’est l’un des sujets les plus importants pour l’avenir non seulement de la CNSS, mais aussi du régime AMO de manière générale. F.N.H. : Concernant le réseau de proximité, disposez-vous de suffi- samment d’agences et de ressources humaines pour répondre à cette montée en charge conséquente de votre activité ? H. B. : Sur les points de proximité, comme vous le savez, la CNSS était habituée à servir les salariés du secteur privé. Lesquels étaient majoritairement localisés ou vivaient dans des milieux urbains ou périurbains. Et même pour les salariés du secteur agricole, ils relevaient générale- ment d’un employeur. C’était beaucoup plus simple pour nous, puisqu’il n’y avait pas besoin d’avoir un réseau étendu, car la collecte des feuilles de soin se faisait de manière satisfaisante. Avec l’intégra- tion des TNS et des ex-bénéficiaires du régime du Ramed, notre clientèle provient

Depuis le lancement

de l’AMO Tadamon jusqu’à la semaine der- nière (semaine du 27 février au 5 mars), nous avons reçu 430.000 dossiers de rembourse- ment de frais de soins.

Made with FlippingBook flipbook maker