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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 25 JANVIER 2024
ECONOMIE
Conjoncture
Le gouvernement contraint de revoir ses prévisions
Sous l’effet d’un déficit hydrique important, la campagne agricole est pratiquement compromise. Elle serait l’une des pires saisons des dix dernières années.
L Par C. Jaidani
es hypothèses retenues dans la Loi de Finances 2024 sont d’ores et déjà chahutées en raison des contraintes conjoncturelles. La récolte prévisionnelle pour la cam- pagne agricole reste l’élément le plus pesant sur les projections de l’exécutif. Il ressort des données disponibles pour le moment que la saison est pratiquement com- promise. De l’avis de nombreux spécialistes, les dernières pluies sont insuffisantes pour redresser la situation et le Royaume se dirige vers une sixième année de sécheresse consécutive.
«Dans le meilleur des cas, la cam- pagne agricole 2023/2024 sera nettement en deçà de la moyenne et loin des 75 millions de quintaux estimés par le gouvernement. Vu les conditions climatiques qui ont marqué le Royaume ces derniers temps, elle sera probablement médiocre, avec une moisson de moins de 20 millions de quin- taux, soit le niveau le plus bas de ces 10 dernières années» , affirme Abdelmoumen Guennouni, ingé- nieur agronome. «Le déficit hydrique a atteint des niveaux alarmants. Excepté quelques régions du nord, de l’Oriental et les zones irriguées, les autres régions affichent un état très inquiétant. Même dans le cas où des précipitations touche- raient le pays dans les semaines à venir, elles ne seront pas assez bénéfiques pour les céréales
La facture relative à l’importation de blé devrait s’alourdir en 2024.
métrique est en baisse de 55% par rapport à la moyenne des 30 dernières années. Ce déficit n’a pas incité les agriculteurs à inves- tir. Ainsi, le nombre d’hectares emblavés n’a pas dépassé les 2,8 millions, alors qu’en période normale, la superficie avoisine les 4,3 millions d’hectares. Il y a quelques années, les périmètres irrigués occupaient une superficie de 750.000 hectares, mais actuel- lement ils ne dépassent guère 400.000 hectares, soit un recul de près de 47%. «Malgré les efforts de diversifi- cation de l’économie nationale, celle-ci reste toujours impactée par l’évolution du secteur agri- cole. Avec une contreperfor- mance de la campagne agricole, le taux de croissance serait revu à la baisse. Fixé à 3,7% pour 2024, cet indicateur peut bais- ser à moins de 3% au cas où le secteur non agricole et celui des phosphates n’arrivent pas à se distinguer» , explique Mohamed Amrani, économiste. ◆
d’automne, véritable baromètre de la saison agricole. La part des cultures printanières dans le PIB agricole n’est pas assez consé- quente », ajoute-t-il. Certains responsables marocains ont déjà tiré la sonnette d’alarme. A plusieurs reprises, le chef du gouvernement a manifesté ses préoccupations quant au stress hydrique que traverse le Royaume. Nizar Baraka, ministre de l’Équipe- ment de l’Eau, et Mohamed Sadiki, ministre de l’Agriculture, ont donné plus de détail sur la situa- tion. Il ressort des chiffres publiés récemment que le cumul pluvio-
Dans le meilleur des cas, la campagne agricole 2023/2024 sera nettement en deçà de la moyenne et loin des 75 millions de quintaux estimés par le gouvernement.
Malgré une tendance baissière affichée en 2023, les prix de pétrole risquent d’être volatils en 2024. C’est ce que dévoilent les analystes de Bank of America. Les tensions géostatiques, notamment au Moyen-Orient, mar- quées par la guerre Hamas-Israël et la situation créée par les Houtis dans le détroit de Bab El Mendeb pèsent lourdement sur l’évolution du brut. L’OPEP, pour sa part, a procédé à une politique restrictive de la production (6 millions de barils/jour) pour maintenir les prix au-delà de 80 dollars/baril. Cette organisation estime que la fourchette des cours devrait se situer entre 70 et 90 dollars, accentuée par les perspectives incertaines de la demande. Prix du pétrole volatils en 2024
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