FNH N° 1137

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JEUDI 25 JANVIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

POLITIQUE

la vie parlementaire par l’adoption d’un code de déontologie qui soit juridiquement contraignant pour les deux chambres de l’institution législative», a notamment affirmé le Souverain. Quels élus pour le Royaume ? Le message du Roi se veut un appel à la renaissance éthique de la vie parlementaire. Car toutes ces affaires judiciarisées auxquelles sont mouillés des élus soulèvent les faces sombres de la politique, mais surtout des questions sur la responsabilité des partis politiques qui, englués dans leur arithmé- tique politicienne, mettent en selle certains individus à l'intégrité dou- teuse pour qu’ils puissent briguer les suffrages des électeurs. Or, pour ces partis qui revendiquent traditionnellement des idéaux nobles, la moralité et l’intégrité doivent impérativement prévaloir sur la «puissance économique» éventuelle de tout candidat. C’est dire que ce message du Roi, loin d'être une simple admones- tation, sert de boussole morale et doit être le point de départ pour restaurer cette confiance popu- laire trahie par des élus véreux. En des termes limpides, le Souverain pointe en effet du doigt la néces- sité de nettoyer les écuries d'Au- gias. Autrement dit, il faut purger la représentation nationale des brebis galeuses qui ternissent sa réputation. Être élu n'est pas simplement un privilège, mais une mission qui exige un engagement sans faille envers la collectivité. Mais lorsqu'un parlementaire aban- donne cette responsabilité, le tissu même de la démocratie commence à s’effriter. En tout cas, tous ces scandales donnent une image assez lamen- table de la représentation natio- nale. Comment demander aux citoyens de respecter la loi si ceux qui la créent en sont les premiers pourfendeurs ? Comment faire confiance à une institution par- lementaire où plusieurs députés ont trahi l’essence même de leurs missions, préférant emprunter le chemin obscur de l'irresponsabilité et de la compromission ? ◆

 Le Roi a appelé à «moraliser la vie parlementaire par l’adoption d’un code de déontolo- gie».

Vie parlementaire

Ces élus qui trahissent la confiance populaire

Au moins une vingtaine d’élus ont maille à partir avec la justice pour diverses affaires. Il faut nécessairement nettoyer les écuries d'Augias.

Par D. William O

n ne peut faire l’économie de ce constat alarmant qui jette une ombre sombre sur la noblesse des fonctions publiques : plusieurs élus, censés être les gardiens des intérêts nationaux, ont des démêlés avec la justice. Là où la représentation nationale devrait rayonner d'intégrité et de dévoue- ment, des élus devant choisir entre leur devoir envers la nation et la tentation des intérêts personnels, s'égarent dans les méandres de la cupidité, ternissant l'éclat de leurs fonctions. Ils trahissent non seulement la confiance du peuple, mais jettent l'opprobre sur l'institu- tion parlementaire. Trois exemples pour montrer la gravité de la situa- tion actuelle : • Saïd Naciri, député du PAM et patron du WAC : poursuivi en état d’arrestation pour «trafic interna- tional de drogue, spoliation, blan- chiment d'argent, faux et usage de faux, recel et abus de pouvoir». • Abdenbi Bioui, le président PAM

de la région de l’Oriental : poursuivi en état d’arrestation pour «trafic international de drogue, spolia- tion, blanchiment d'argent, faux et usage de faux, recel et abus de pouvoir». • Rachid El Fayek, ancien parle- mentaire du RNI : condamné en juin dernier à 8 ans de prison ferme par la Chambre des crimes finan- ciers, pour corruption et infrac- tions au code de l’urbanisme. Un mois plus tard, il est de nouveau condamné à 5 ans de prison pour «viol» sur mineure souffrant de handicap mental, pour une affaire qui remonte à 2020. La liste est très loin d’être exhaus- tive. Au moins une vingtaine d’élus ont maille à partir avec la jus- tice pour des affaires qui relèvent, entre autres, de mœurs, dilapida- tions de deniers publics, malversa- tions financières, abus de pouvoir, ou encore trafic international de drogue. Au cœur de ces scandales, la cupi-

dité se dresse tel un fléau, conta- minant les plus hautes sphères du pouvoir. Ces élus, loin de servir la collectivité, ont succombé à la ten- tation de l'enrichissement person- nel et usé et abusé de leur fonction et de leur pouvoir pour se livrer à toutes sortes de trafics, trahissant leurs électeurs. Leurs agissements déshonorent la fonction parlemen- taire et sapent la confiance des citoyens envers la représentation nationale dans son ensemble. C’est sous cet angle qu’il faut d’ail- leurs apprécier le message fort adressé par le Roi Mohammed VI aux parlementaires, le 17 janvier courant, à l’occasion du Symposium commémorant le 60 ème anniversaire de la constitution du 1 er Parlement élu au Maroc. «(…) Parmi les prin- cipaux défis qu’il conviendrait de relever, citons notamment la nécessité de reléguer à l’arrière- plan les calculs partisans au profit des intérêts supérieurs de la Nation et des citoyens et de moraliser

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