FNH N° 1137

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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 25 JANVIER 2024

ÇA SE PASSE EN AFRIQUE

Crise de la dette africaine

Le régime de libre-échange étendu à une trentaine de pays en 2024 ZLECAF

Une spirale sans fond ?

FMI

600 millions de dollars au Ghana après la restructuration de la dette extérieure L e Fonds monétaire international (FMI) a annoncé le versement immédiat de 600 millions de dollars au gouvernement ghanéen, dans le cadre de son programme d'aide, après l'annonce d'un accord de res- tructuration de la dette extérieure du pays. Ce nouveau déboursement, validé par le Conseil d'administration du Fonds, porte à 1,2 milliard de dollars l'aide d'ores et déjà versée au pays d'Afrique de l'Ouest, sur les trois milliards de dollars en 36 mois prévus par le programme. Cet « accord est une étape importante », a souligné le ministre ghanéen des Finances, Kenneth Ofori-Atta, lors d'une conférence de presse, précisant que « c'est la démonstra- tion indubitable que le programme avance régulièrement et que notre trajectoire de réformes est stable ». ■ L e produit intérieur brut (PIB) de l’An- gola devrait croitre de 2,2 % en 2024, tiré notamment par les secteurs non pétroliers avec une croissance de 4,25%, a annoncé la Banque centrale (BNA). L’économie angolaise est toujours confron- tée à plusieurs défis, notamment la pénurie des biens et services, les difficultés de la chaîne d’approvisionnement interne, ainsi que les contraintes de la chaîne logistique internationale, a déclaré le gouverneur de la banque, Manuel Tiago Dias. Il a souligné que dans un contexte marqué par le ralentisse- ment économique, le pays sera confronté à la perspective d'un taux d'inflation de 19%. En novembre dernier, le Fonds moné- taire international (FMI) a annoncé que la croissance de l'économie angolaise devrait atteindre 3% en 2024. ■ Le PIB devrait croître de 2,2% en 2024 Angola

A lors que l'explo- sion de la dette fait planer le spectre d'une paralysie de l'éco- nomie mondiale, plu- sieurs experts pointent la situation alarmante de l'Afrique subsaharienne, qui traverse « la pire crise de son histoire », et où plusieurs pays sont déjà entrés en défaut de paie- ment. Hausse des taux d'inté- rêt et surendettement empêchent de nombreux Etats de financer leur développement, comme l'ont souligné cette semaine les dirigeants africains au Forum écono- mique mondial de Davos. A court de liquidités, inca- pables de rembourser leurs créanciers, plusieurs pays ont alors contracté de nouveaux emprunts afin de payer le service de la dette déjà existante, créant une spirale infer- nale qui empêche des investissements vitaux dans les infrastructures, la santé ou encore l'édu- cation. Aujourd'hui, 22 pays pré- sentent un risque élevé de surendettement ou l'ont déjà atteint, a cal- culé la Banque mondiale en avril 2023. Parmi eux, le Ghana et la Zambie, qui ont fait défaut, ainsi que le Malawi et le Tchad, sous assistance du FMI. ■

L a Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) étendra en 2024 le régime de libre-échange à une trentaine de pays africains, après un projet pilote réussi portant sur sept pays l'année dernière, a annoncé le Secrétaire général du groupement, Wamkele Mene. « Cette année, notre intention est d’accélérer la mise en œuvre de la Zlecaf », a déclaré Mene lors d’une rencontre tenue récemment sous le thème « L'économie d'échelle africaine », notant que « les premiers échanges com- merciaux entre les pays africains ont effectivement commencé avec des marchandises traversant les frontières, même si les volumes n'ont pas encore atteint les objectifs fixés ». ■

Fitch souligne les sombres perspectives économiques du pays Afrique du Sud

L’ agence de notation internationale Fitch a fait part de ses inquiétudes concernant les sombres perspectives économiques de l'Afrique du Sud et l'augmentation de la dette publique du pays. Dans le dernier rapport de crédit publié cette semaine, Fitch note que l'Afrique du Sud n’a pas entrepris les réformes structurelles nécessaires pour pouvoir sortir du bourbier économique, arguant que certaines déci- sions prises dans ce sens par le gouvernement n’étaient pas suffisamment importantes pour inverser la tendance. Elle a, à cet égard, souligné certains des problèmes épineux dont souffre l’Afrique du Sud, citant particulièrement la crise énergétique chronique que traverse le pays depuis des années, avec des délestages électriques récur- rents, ainsi que la crise du secteur de la logistique. ■

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