ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 10 SEPTEMBRE 2026
main-d’œuvre dans l’agriculture qui pèse lourdement sur les per- formances du secteur. «Avec les années successives de sécheresse, les ouvriers agri- coles, surtout les saisonniers, ont boudé le secteur. Nous avons beaucoup de difficultés à trouver des ouvriers pour assu- rer les récoltes. Du coup, les rémunérations ont nettement augmenté, ce qui génère un sur- plus des coûts de production et donc un effet direct sur les prix à la consommation. Certains exploitants de la culture d’oli- viers n’ont pas pu cueillir toute la récolte, ce qui va ainsi impac- ter la prochaine campagne», indique Benali. Et de poursuivre que «les pro- duits agricoles marocains jouissent d’une bonne renom- mée dans plusieurs marchés, notamment en Europe grâce à leur rapport qualité/prix. Le coût de production dépend d’une main-d’œuvre bon marché. Chaque augmentation de salaire des ouvriers influe négativement sur la compétitivité du secteur à l’export. Les ouvriers ne veulent plus travailler pour un salaire périodique (journalier ou à la semaine). Ils préfèrent le travail à la tâche (ou travail à la pièce) ou être rémunérés en nature et en fonction du nombre de pièces produites ou d'opérations effec- tuées». C’est dans la région de Souss- Massa où ce phénomène de pénurie de main-d’œuvre est frappant du fait que cette région est la plus grande du Royaume en matière de pro- duction et d‘exportations des fruits et légumes. A cet effet, l’Association marocaine des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (Apefel) a tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises. Elle a alerté que ce phénomène risque de menacer la compétitivité du secteur face à la concurrence des autres pays, particulièrement méditer- ranéens. Et de souligner que le coût de la main-d’œuvre a aug- menté de 20.000 DH par hectare, dû à la hausse du salaire mini- mum agricole garanti (SMAG). ◆
L’export des fruits et légumes risque d’être moins compé- titif face à la concur- rence à cause de la hausse du coût de la main-d’œuvre.
Main-d’œuvre agricole La pénurie qui fait grimper les coûts L Longtemps portée par une main-d’œuvre rurale abondante et relativement peu coûteuse, l’agriculture marocaine fait face à une nouvelle donne. Exode rural, recul démographique, scolarisation, pénibilité du travail et recherche d’emplois plus stables détournent progressivement les travailleurs des exploitations. Résultat : les bras se font rares, les salaires augmentent et les coûts de production s’alourdissent. Par C . Jaidani ’
agriculture occupe une place de premier plan dans l’écono- mie nationale, aussi bien par sa contribution au PIB et à l’in- vestissement que par son poids dans les exportations et la créa- tion d’emplois. Selon les saisons, le secteur mobilise entre 30 et 40% de la population active, tan- dis que 75% des travailleurs en milieu rural en dépendent. Mais depuis quelques années, les exploitations agricoles font face à une difficulté grandissante : la raréfaction de la main-d’œuvre, notamment saisonnière. Un phé- nomène qui prend désormais une ampleur préoccupante et pourrait, à terme, fragiliser la pérennité de certaines exploita- tions, voire de filières entières. Cette pénurie s’inscrit dans un contexte plus large de pro-
fondes transformations démo- graphiques, économiques et sociales du monde rural. «La pénurie de la main-d’œuvre dans l’agriculture est une réa- lité qu’il ne faut pas nier. Elle concerne toutes les régions et toutes les filières, tant animales que végétales. Elle s’explique par différentes raisons, comme la baisse de la population rurale due à la régression du taux de fécondité et l’expansion de la scolarité (la déperdition sco- laire a nettement baissé dans les campagnes). On cite aussi l’exode rural qui s’est aggra- vé, avec le départ des jeunes vers les villes fuyant les activi- tés agricoles pénibles et peu rémunératrices vers d’autres secteurs comme le BTP ou le commerce. Ils optent pour des
emplois stables avec des avan- tages sociaux comme la sécurité sociale et l’assurance maladie» , souligne Mohcine Belarbi, ingé- nieur en génie rural. Et de préciser que «les modes de production traditionnelle basés sur le partenariat où le travailleur perçoit une partie de la récolte, comme «le khammas et le rabaâ», ont quasiment dis- paru. De nombreuses exploita- tions arrivent à s’en sortir grâce au travail non rémunéré des membres de la famille. Mais le problème de la main-d’œuvre se pose davantage lors des récoltes et du travail du sol». Rachdi Benali, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développe- ment rural (Comader), reconnait l’existence d’une pénurie de
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