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www.fnh.ma D EVELOPPEMENT DURABLE 46 LUNDI 30 NOVEMBRE 2020 FINANCES NEWS HEBDO

Gestion des déchets

◆ Chaque année, le Royaume produit 7 millions de tonnes de déchets ménagers, 1,5 million de tonnes de déchets industriels et 300.000 à 350.000 tonnes de déchets industriels dangereux. Les composantes d’une amélioration durable L e Maroc s’est doté d’un Plan national des déchets ména- gers (PNDM). On dénombre à l’échelle natio- nale entre 250 et 300 décharges de déchets, dont seulement 10% sont contrôlés et Par M. Diao

ménagers, 1,5 millions de tonnes de déchets indus- triels, 300.000 à 350.000 tonnes de déchets indus- triels dangereux. A cela, s’ajoutent une quantité impressionnante de gra- vats et 300 000 tonnes de boue. Les prévisions montrent que d’ici 2030, les déchets ménagers pro- duits annuellement culmi- neront à près de 9,3 mil- lions de tonnes. Là où le bât blesse Même si le taux de collecte des déchets ménagers en milieu urbain tourne autour de 85%, des éléments fac- tuels corroborent l’exis- tence de plusieurs failles au niveau du modèle national de gestion des déchets. Le taux de valorisation et de recyclage du pays est de 7% seulement contre un potentiel de 20%. Les déchets ménagers sont composés à 65% de déchets organiques, et pourtant la marge de pro- gression de la production du biogaz demeure impor- tante au Maroc. Par ailleurs, il y a lieu de préciser que seuls 8% des déchets industriels dangereux sont collec- tés. Ce qui constitue un risque important sur le plan environnemental et en matière de santé publique. L’autre donne et non des moindres, est que l’on dénombre à l’échelle

dotés d’infras- tructures adé- quates.

Ce qui prouve que la ges- tion optimale des déchets, qui constitue un enjeu de développement majeur, est érigée en priorité. Les nouvelles exigences environnementales, les opportunités offertes par le recyclage, l’accroisse- ment démographique et les nouvelles habitudes de consommation sont autant d’éléments de nature à questionner le modèle national de gestion des déchets, qui gagnerait à être amélioré. Accroissement de la quantité des déchets Pour l’heure, le Maroc produit une quantité de déchets non négligeable, comme en témoignent les chiffres révélés par Hassan Chouaouta, président de l’Association marocaine des experts en gestion des déchets et en envi- ronnement, lors d’une ren- contre organisée récem- ment par l’Institut CDG sous le thème «Interroger le modèle national de ges- tion des déchets à l’aune de l'urgence et des oppor- tunités économiques». Le Royaume produit 7 mil- lions de tonnes de déchets

nationale entre 250 et 300 décharges de déchets, dont seulement 10% sont contrôlés et dotés d’infras- tructures adéquates.

susceptible d’être sanc- tionné en cas de manque- ment. Ce principe implique, entre autres, que pour cer- tains flux de déchets, la loi oblige le producteur ou l’importateur à reprendre les déchets des produits mis sur le marché, en vue d’en assurer une gestion efficace et d’atteindre des objectifs de réutilisation et de valorisation. Les diffé- rentes parties prenantes (délégataires, communes, Etat, etc.) doivent œuvrer en faveur de l’optimisation de la chaîne de logistique en matière de collecte et de transport. D’où l’intérêt de miser sur l’usage de véhicules propres, l’opti- misation des tournées de collecte et la prévention de la production des déchets à travers des campagnes de sensibilisation auprès du grand public. Par ailleurs, il est utile

de mentionner que les déchets générés par l’ac- tivité agricole constituent une matière première importante à valoriser. Les serres et les systèmes d’ir- rigation goutte-à-goutte en plastique sont de plus en plus utilisés par les agri- culteurs nationaux. Au final, notons que l’ar- senal juridique du Maroc en matière de gestion des déchets est certes adapté, mais il pâtit quelque part de l’absence de certains textes d’application. ◆ Le taux de valorisa- tion et de recyclage du pays est de 7% seulement contre un potentiel de 20%.

Les pistes d’amélioration

Il est ressorti du webi- naire organisé par l’Ins- titut CDG plusieurs pro- positions allant dans le sens de l’amélioration du modèle national de gestion des déchets. Il s’agit, tout d’abord, de mettre l’accent sur le recyclage au-delà de la pratique de l’enfouis- sement des déchets dans les décharges contrôlées. Lesquelles doivent être dotées d’incinérateurs der- nier cri et moins polluants. Une meilleure gestion des déchets industriels passe également par l’applica- tion effective du principe de la responsabilité élargie du producteur, contrôlé et

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