MDB MAG N°5

Éric, peux-tu nous raconter le contexte de cette opération à Bonneville ? Bien sûr. Il s’agissait d’un immeuble situé place de l’Hôtel de Ville de Bonneville, une ville de taille moyenne avec un vrai marché local. Un immeuble de centre-ville classique : commerces en rez- de-chaussée, logements au- dessus, une architecture qualitative, huit appartements au total. Sur le papier, une opération de marchand de biens assez standard. « Sur le papier »… donc avec quelques surprises ? .

Heureusement, j’étais toujours sous compromis, ce qui m’a permis de traiter le problème sans mettre l’opération en péril. C’est typiquement le genre de sujet que l’on sait gérer quand on a l’habitude des opérations complexes. Mais ce n’était pas la principale difficulté, si je comprends bien.

Concrètement, l’appartement était totalement invisitable. Personne n’y avait jamais mis les pieds, ni l’agent immobilier, ni moi, ni aucun tiers. Cette personne occupait le logement depuis des années et n’ouvrait à personne.

Donc un lot impossible à commercialiser.

Exactement. Impossible de le mettre en vente, impossible même de l’évaluer

Non. La seconde était nettement plus problématique. L’un des

correctement. Dans une approche classique de

appartements, situé juste au- dessus des commerces, était occupé par une personne souffrant d’un syndrome sévère d’accumulation compulsive.

marchand de biens, ce type de lot devient un vrai caillou dans la chaussure : il bloque la commercialisation, crée de l’incertitude et peut fragiliser toute l’opération.

Comme très souvent. La première difficulté a été

d’ordre foncier : l’immeuble empiétait partiellement sur la parcelle voisine. Un sujet sérieux, juridiquement sensible, qui m’a pris environ huit mois à résoudre.

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ISSUE 05

MDB MAG

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