FNH N° 1221

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 15 JANVIER 2026

en œuvre des dispositifs renforcés de gestion des risques, de mainte- nance préventive et de surveillance technique et sécuritaire, fondés sur les standards internationaux du secteur, afin de garantir un haut niveau de disponibilité et d’inté- grité des infrastructures. Sur le plan financier, OMCo s’appuie sur des modèles économiques enca- drés, adossés à des contrats de transport et de services, permet- tant d’assurer la couverture des coûts d’exploitation, de mainte- nance et d’investissement, tout en maîtrisant l’exposition aux aléas du marché. Enfin, OMCo contribue activement à la planification stra- tégique du secteur midstream, en appui à l’ONHYM, en intégrant les enjeux de flexibilité, de résilience et d’optimisation des actifs, afin de garantir la durabilité des infrastruc- tures gazières et leur adaptation progressive aux évolutions du mix énergétique national. F. N. H. : L’Office a fait l’objet d’un article-profil en novembre 2025 dans la presse internationale, sou- lignant son rôle dans l’ave- nir énergétique du Maroc. Comment mesurez-vous l’impact de cette visibilité internationale sur l’attracti- vité des projets d’exploration ou d’exploitation au Maroc, en termes d’investissements réels et de partenariats concrets ? A. B. : Le Maroc, notamment à tra- vers l’ONHYM, est de plus en plus identifié comme un acteur clé de la sécurité énergétique régionale, en particulier grâce au projet de Gazoduc Africain Atlantique et à son rôle sur les minéraux straté- giques. Nous constatons une hausse des demandes d’accès à nos données, des manifestations d’intérêt pour les blocs onshore/offshore pour des projets sur les minéraux cri- tiques. Cette visibilité renforce notre posi- tion comme partenaire fiable dans un environnement où les investis- seurs sont de plus en plus sen- sibles à la stabilité politique, à la qualité de la gouvernance et aux enjeux ESG.

 La feuille de route 2025-2030 de l’ONHYM inclut la valorisation du sous-sol comme actif

stratégique pour la décarbonation.

F. N. H. : Plusieurs permis et projets d’exploration de gaz naturel sont en cours ou en discussion, mais les informations publiques sur les réserves, les calendriers et les modalités techniques demeurent limitées. Pouvez- vous nous en parler ? A. B. : Le Maroc dispose d'un potentiel gazier significatif, réparti sur plusieurs bassins sédimen- taires tant onshore qu'offshore. Ces systèmes pétroliers diversi- fiés, datant du Paléozoïque au Néogène, ont généré différents types de gaz. Le potentiel onshore se manifeste dans plusieurs bassins clés : • Bassin du Gharb : Ce bassin, site de la première découverte gazière en Afrique du Nord, conti- nue d'attirer l'intérêt des socié- tés pétrolières internationales. Plusieurs découvertes commer- ciales de gaz ont été réalisées. Les gisements, souvent de petite taille et peu profonds, sont ren- tables grâce à un réseau de gazoducs étendu et à une forte demande industrielle locale (auto- mobile, papeterie, matériaux de construction). • Bassin d'Essaouira : Ce bas- sin est un producteur de gaz et de condensat (Trias) ainsi que de pétrole (Jurassique). Depuis les années 1980, le gaz produit est vendu à l'Office chérifien des phosphates (OCP) pour alimenter

le centre minier de Youssoufia, notamment ses usines de séchage et de calcination du phosphate. Ce bassin prometteur, avec ses nombreuses découvertes, pré- sente toujours un potentiel impor- tant, dont les travaux sont en cours pour sa confirmation et sa mise en évidence. • Région de Tendrara : Située dans le nord-est du Maroc, cette région est devenue un nouveau pôle de prospection. Suite aux succès d'exploration de l'ON- HYM et de Sound Energy, une concession d'exploitation a été attribuée pour le développement et la production du champ gazier Tendrara. Les travaux sont en cours, avec une exploitation de gaz naturel prévue en 2026 via le projet Micro-GNL, destiné à ali- menter les industriels, et une deu- xième phase pour alimenter les centrales électriques de l’ONEE. • Autres bassins : Les bas- sins de Zag, Boudenib, Missour, Doukkala et Tadla présentent également un potentiel gazier, révélé par d'anciens forages et des indices. Ces bassins sont actuellement en phase d'explora-

tion et d'évaluation par l'ONHYM. Dans le bassin de Guercif, c'est la société Predator qui mène les activités d'exploration. Le potentiel gazier offshore atlan- tique L'offshore atlantique marocain présente également un potentiel gazier important, soutenu par un contexte géologique favorable. • Au niveau de l’offshore Nord: Cette zone est particulièrement prometteuse. Les efforts d'explo- ration ont récemment été couron- nés de succès avec la découverte par Chariot du gisement de gaz Anchois, confirmant les résultats d'un puits antérieur (Anchois-1 par Repsol). Chariot a mené des travaux d'évaluation et des études de faisabilité économique en 2022 et 2023. En 2024, le forage du puits Anchois-3 par Energean et Chariot a confirmé la présence de gaz dans cette zone, malgré des volumes de ressources jugés limitées. Chariot poursuit actuel- lement l'évaluation du potentiel gazier de la zone. • Pour l’offshore Sud : Un forage réalisé en 2014 dans la vaste zone de Boujdour a mis en évidence une accumulation de gaz et de condensat dans les turbidites du Crétacé. Actuellement, sept sociétés par- tenaires mènent des projets d'ex- ploration dans l'offshore atlan- tique. Parmi elles, Chariot Oil & Gas opère sur les permis Lixus

L’ONHYM reste mobilisé pour augmenter les investissements d’exploration, qui restent très capitalistiques, et ce en partenariat avec les sociétés pétrolières internationales et nationales.

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