ECONOMIE
14
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 15 JANVIER 2026
tructure d’appui, les partenaires injectent en moyenne dix fois plus, créant ainsi une dynamique d’in- vestissement. Cet effet de levier amplifie l’impact économique local et accélère la création d’emplois et d’activités connexes. F. N. H. : L’ONHYM a parti- cipé à la conférence inter- nationale des mines (IMC Morocco 2025) adoptant la déclaration de Marrakech pour un cadre africain com- mun de gouvernance envi- ronnementale des mine- rais critiques. Quel a été la contribution du Maroc dans cette déclaration et quelles sont les attentes ? A. B. : À l’IMC Morocco 2025, la Déclaration de Marrakech a mar- qué une étape historique : pour la première fois, l’Afrique se dote d’un cadre commun de gouver- nance environnementale et sociale pour les minerais critiques (African ESG Framework). Le Maroc a joué un rôle moteur à plusieurs niveaux : • D’abord, en portant l’idée que la souveraineté minérale africaine passe par des standards ESG élevés, adaptés aux réalités du continent, mais compatibles avec les exigences des bailleurs inter- nationaux; • Ensuite, en mettant sur la table son propre retour d’expérience : cartographie du sous-sol, encadre- ment environnemental, acceptabi- lité sociale des projets, intégration des communautés locales, etc.; • Enfin, en défendant le principe selon lequel les minerais critiques africains doivent servir en prio- rité à bâtir des chaînes de valeur industrielles sur le continent, et pas uniquement à alimenter des expor- tations de matières brutes. Lors de l’IMC Morocco 2025, la Déclaration de Marrakech a été adoptée, donnant naissance au tout premier cadre africain uni- fié de gouvernance environne- mentale, sociale et institutionnelle (ESG) pour le secteur minier. Cette initiative historique marque une nouvelle ère pour l’exploitation minière en Afrique, fondée sur la transparence, la durabilité, l’équité et la valorisation locale. ◆
OMCo assure actuellement la gestion du gazoduc GME, infrastructure stratégique pour le système gazier national.
et Rissana (Nord du Royaume), Exxon Mobil dans les zones Safi- Essaouira et Agadir-Ifni. Plus au sud, Hunt Oil est présente sur les permis de Mogador Offshore, Genel Energy sur les permis de Lagzira Offshore, NewMed/ Adarco dans les permis Boujdour Atlantique et Ratio Petroleum dans la zone Dakhla Atlantique. L’ONHYM reste mobilisé pour augmenter les investissements d’exploration, qui restent très capitalistiques et ce, en partena- riat avec les sociétés pétrolières internationales et nationales. F. N. H. : En lançant l’étude de stockage géologique, l’ONHYM semble vouloir étendre son rôle au-delà des hydrocarbures, potentielle- ment vers l’hydrogène ou le stockage carbone. Avez- vous déjà défini un plan chiffré de réallocation des dépenses vers des solutions bas-carbone ou des infras- tructures de stockage ? Si oui, sur quelle période ? A. B. : L’ONHYM, fort d’une his- toire d’un siècle consacré à la connaissance et à l’exploration du sous-sol marocain, demeure l’institution détentrice des princi- pales données géoscientifiques du pays. Loin de sortir de son périmètre, l’Office capitalise sur ses missions fondamentales : caractériser le
sous-sol et valoriser son potentiel au service d’une transition éner- gétique souveraine et durable. Le stockage géologique (de l’énergie sous ses différentes formes et le captage du CO2) s’inscrit ainsi dans la continuité de son exper- tise historique. L’ONHYM reste un acteur incontournable grâce à une base de données unique, riche et structurée, une expertise avérée dans la caractérisation et la modélisation des réservoirs, ainsi qu’une connaissance inté- grée des bassins sédimentaires marocains, qui constituent les cibles privilégiées pour ce type de projets. Parallèlement, une trajectoire d’in- vestissement progressive vers les solutions bas-carbone, notam- ment le stockage géologique de l’énergie et le captage du CO2, a été définie pour 2025-2030. Elle prévoit des études dédiées, l’acquisition de données complé- mentaires, la modélisation des capacités de stockage, la mise en place de partenariats public-privé et le lancement de projets pilotes. À moyen terme, cette feuille de route inclut le développement d’infrastructures de stockage intégrées au système énergétique national et la valorisation du sous- sol comme actif stratégique pour la décarbonation. Cette dyna- mique manifeste la contribution de l’ONHYM pour un Maroc éner- gétiquement souverain et durable.
F. N. H. : Avec l’intensifi- cation des partenariats et des projets, l’ONHYM évoque des retombées potentielles en termes d’emplois et de développement local. Quel nombre d’emplois directs ou indirects attendez-vous des projets annoncés récem- ment et quelle part sera attribuée à des salariés et fournisseurs locaux ? A. B. : Chaque grand projet porté ou accompagné par l’ONHYM s’accompagne d’un volet déve- loppement local très structuré : emploi, formation, infrastructures, recours aux entreprises régionales. Nous voulons maximiser le conte- nu local en main-d’œuvre et en sous-traitance. Cela passe par : • des exigences intégrées dans les contrats de partenariat; • des programmes de formation coconstruits avec des partenaires; • des projets d’infrastructures de proximité (routes, réseaux, équi- pements sociaux) qui bénéficient directement aux territoires. Il est également important de sou- ligner l’effet multiplicateur des investissements partenaires : pour chaque Dirham mobilisé par l’ON- HYM en exploration ou en infras-
Une trajectoire d’investissement progressive vers les solutions bas-carbone, notamment le stockage géologique de l’énergie et le captage du CO 2 , a été définie pour 2025-2030.
www.fnh.ma
Made with FlippingBook flipbook maker