ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 15 JANVIER 2026
Pour autant, l’embellie reste fra- gile. «La variabilité interannuelle de la production agricole demeure élevée et reste l’un des principaux facteurs d’instabilité de la crois- sance », avertit Oussama Ritahi. Les bonnes années atténuent les tensions sans corriger les fai- blesses structurelles du modèle agricole, notamment sa dépen- dance aux importations et sa faible intégration industrielle. ◆
matique, le report des crédits des agriculteurs, etc.. Par exemple, face à la crise de 2022, un plan anti-sécheresse d’un montant de 10 milliards de dirhams avait été lancé sur instructions royales pour sauver le cheptel, approvisionner en eau potable les zones les plus touchées et aider financièrement les agriculteurs sinistrés. Ces dépenses imprévues creusent le déficit bud- gétaire ou mobilisent des fonds Agro-industrie : Le maillon faible de la création de valeur
Les apports en eau enregistrés entre le 1 er septembre 2025 et le 12 janvier 2026 ont atteint 3,5 milliards de m 3 , dont 3,1 milliards de m 3 au cours du seul dernier mois.
de la compensation. Ainsi, le climat peut affecter indirectement la sou- tenabilité budgétaire, surtout dans un contexte où les changements climatiques tendent à intensifier la fréquence et la gravité des chocs.
d’urgence, et réduisent les marges pour d’autres investissements. Par ailleurs, les subventions à l’importa- tion (blé, sucre) augmentent méca- niquement quand la production locale baisse, alourdissant la charge
Selon Oussama Ritahi, «l’un des principaux freins à la création de valeur réside dans la faible trans- formation locale des produits agri- coles. La valeur ajoutée de l’indus- trie agroalimentaire marocaine ne représente qu’environ 30% de celle de l’agriculture, contre 120% en Espagne et 150% en France. En d’autres termes, une bonne partie de la production agricole nationale n’est pas transformée localement en produits à plus forte valeur ajou- tée. Une cause majeure en est la dépendance vis-à-vis des intrants importés pour l’agro-industrie : lorsque la production locale de matières premières (blé, sucre, huile, fourrages, etc.) fait défaut, les usines s’approvisionnent à l’étran- ger. Ainsi, les besoins en intrants agricoles de l’industrie alimentaire sont de plus en plus satisfaits par les importations, dont la valeur a crû en moyenne de +7% par an de 2000 à 2016. Certes, durant la mise en œuvre du Plan Maroc Vert (2008-2016), la progression des importations agroalimentaires a ralenti (+2,9% par an) grâce à de meilleures récoltes, mais le Maroc reste un importateur net de produits agri- coles et alimentaires. Sur la période 2008-2018, le taux de couverture des importations par les exporta- tions agroalimentaires n’était que d’environ 52%, reflétant un déficit structurel en céréales, huiles végé- tales, sucre, et aliments pour bétail. Cette situation souligne l’enjeu de valoriser davantage la production agricole localement (via la transfor- mation industrielle) pour créer plus de richesse et réduire la vulnérabi- lité extérieure».
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