FNH N° 1221

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 15 JANVIER 2026

F. N. H. : Les prévisions indiquent un déficit du compte courant contenu à 1,8% du PIB en 2025 et une réduction progressive du déficit budgétaire jusqu’à 3% du PIB en 2026-2028. Ces chiffres reflètent-ils une trajectoire soutenable pour l’économie marocaine, et quels défis restent à relever? Dr M. B. : Les prévisions d’un déficit du compte courant limité

L’un des principaux enjeux réside dans la capacité du système finan- cier à accompagner une phase d’hyper investissement sans fra- giliser ses équilibres. L’encours du crédit bancaire représente environ 75% du PIB, ce qui reste soutenable, mais appelle à une vigilance accrue sur la qualité des actifs, surtout dans un contexte de montée de l’endettement des entreprises. À titre d’exemple, les grands projets d’infrastructures (ports, routes, énergie, prépa- ration des événements sportifs internationaux) mobilisent des volumes de financement impor- tants et exigent une bonne alloca- tion du risque entre banques, État et investisseurs privés. Les risques climatiques consti- tuent également un facteur de vulnérabilité spécifique au Maroc. L’agriculture représente encore près de 12 à 14% du PIB et emploie une part significative de la population active, ce qui expose indirectement le système financier aux chocs hydriques, notamment via le crédit agricole et les activités rurales. Une suc- cession de campagnes sèches peut rapidement affecter les reve- nus, la solvabilité des emprun- teurs et la stabilité sociale. À cela s’ajoutent des risques externes : volatilité des marchés internationaux, tensions géopoli- tiques, resserrement ou relâche- ment désordonné des conditions financières mondiales, suscep- tibles d’impacter les réserves de change, les flux d’IDE et le coût du financement extérieur. Le Maroc, bien que relativement protégé, reste intégré aux chaînes financières et commerciales mon- diales. Enfin, la digitalisation accélérée du secteur financier comme les paiements électroniques, fin- techs, open banking, crée des opportunités, mais aussi de nou- veaux risques opérationnels et cybernétiques, qui nécessitent un renforcement continu des dispo- sitifs de supervision et de coor- dination entre Bank Al-Maghrib, l’AMMC et l’ACAPS. En définitive, l’enjeu de cette feuille de route est clair : préser- ver la stabilité financière tout en

La croissance et la faible inflation doivent se traduire par plus d’emplois, grâce aux réformes structurelles, à l’investissement privé et à une meilleure adéquation entre formation et marché du travail.

nomique. La stabilité ne doit pas être défensive, mais au service de l’investissement, de l’emploi et de la transformation structu- relle.

permettant au système bancaire et financier de jouer pleinement son rôle de moteur de la crois- sance, dans un pays qui vise un changement d’échelle éco-

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