ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 15 JANVIER 2026
confirme ainsi sa capacité à accueillir des événements de grande ampleur. Les investis- sements publics pour la CAN et la Coupe du monde stimulent la demande intérieure (transports, hébergement, services), aug- mentent les revenus du sec- teur touristique et renforcent la confiance des investisseurs. Selon des critères internatio- naux, 1 DH investi peut générer 1,6 à 2,3 dirhams de revenus indirects sur le moyen et long terme. L’exemple du Qatar, qui continue d’accueillir des évé- nements de grande ampleur, est un modèle de durabilité à suivre. La mise à niveau des infras- tructures et la démonstration de notre capacité à organi- ser des événements selon les normes FIFA et CAF per- mettent de développer de nouveaux courants d’affaires réguliers. Si le Maroc s’impose également sur la scène foot- ballistique africaine et mon- diale, il bénéficiera d’un multi- plicateur d’investissement sur le long terme. À titre d’exemple, le réseau fer- roviaire se développe, la RAM prévoit de transporter 500.000 supporters supplémentaires pour la CAN avec des recettes additionnelles de 1,5 milliard de dirhams, et le tourisme inbound devrait augmenter de 600.000 à 1 million de visiteurs pendant la compétition. Trois pays arabes considèrent l’organisation d’événements sportifs majeurs comme un outil de soft power, un accélé- rateur d’échanges et un multi- plicateur d’investissement : le Qatar (Coupe du monde 2022), l’Arabie Saoudite (Coupe du monde 2034) et le Maroc, coorganisateur de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. Le fait que «Morocco Now» soit sponsor officiel de la CAN 2025 illustre ce momentum favorable à la création de richesse et d’em- plois. Espérons que nos Lions iront le plus loin possible pour capitaliser pleinement sur le «Made with Morocco». ◆
Entre 600.000 et 1 million de visiteurs supplémentaires sont attendus dans le cadre du tourisme inbound durant la CAN 2025.
2025 à Salé. La maîtrise de l’as- pect sécuritaire et cybersécuri- taire fait du Maroc un partenaire de choix dans la lutte contre la criminalité internationale. L’attractivité internationale va également croître avec la construction du Grand Stade Hassan II de Benslimane, capable d’accueillir jusqu’à 115.000 spectateurs. F. N. H. : On a observé lors de certains matchs un recours au marché noir de la billetterie. D’un point de vue économique, quels en sont les impacts sur les recettes officielles et l’économie formelle, et comment peut-on en esti- mer le manque à gagner ? Kh. D. : C’est un des points noirs sur lesquels les organisa- teurs devront encore travailler. Des files d’attente interminables ont été observées pour des acheteurs potentiels, tandis que certains billets étaient revendus à plus de 10 fois le prix initial. Le comité d’organisation vend les billets via l’application YALLA, qui n’a pas donné satisfaction à de nombreuses familles désirant encourager leur équipe préférée. En Afrique, cinq pays nous devancent dans la transition numérique, à savoir l’Égypte, le Nigéria, le Kenya, l’Afrique du
Sud et le Rwanda, tous anglo- phones. Le Maroc a lancé le programme Maroc Digital 2030 pour combler ce retard. La digi- talisation réussie est un des moyens les plus efficaces pour créer l’inclusion financière et lutter contre l’économie infor- melle, qui représentait un chiffre d’affaires de 527 milliards de dirhams en 2023, soit environ 10,9% de la production natio- nale hors agriculture et admi- nistration. Les recettes attendues pour la CAN devraient atteindre 12 milliards de dirhams, avec des billets de 100 dirhams pour la phase de groupes, à 900 dirhams pour la finale. Cependant, cer- tains gradins restent parsemés à cause des intermédiaires qui achètent des billets pour les revendre sur le marché noir à des prix exorbitants allant jusqu’à 5.000 dirhams. F. N. H. : L’organisation d’un événement de l’am- pleur de la CAN implique une forte coordination entre acteurs publics et privés. En quoi la gouver- nance joue-t-elle un rôle important pour maximi- ser les retombées écono- miques pour le pays ? Kh. D. : La CAN est une for- midable opportunité de mon-
trer le niveau de préparation du Maroc à ses hôtes. Les infrastructures d’accueil, logistiques et de transport, la beauté des stades et la qua- lité des pelouses séduisent les visiteurs et font beaucoup de jaloux. Pour que l’événement soit un véritable succès et donne envie de récidiver, l’ensemble des acteurs marocains doit mettre les petits plats dans les grands : RAM, ONCF, ONDA, hôteliers et hébergements alternatifs, accueil aux postes frontières, agents de change, taxis, services de sécurité, services digitaux, sanitaires et hospitaliers, ainsi que les commerces pratiquant le juste prix, tous contribuent à rendre le séjour de nos invités le plus agréable possible. Les pouvoirs publics orga- nisent de concert l’accueil des délégations étrangères et veillent à la sécurité et au respect des symboles de la nation. Le Maroc, pays de tolérance et d’hospitalité légendaire,
La CAN 2025 apparaît comme un levier de structuration économique, capable d’accélérer l’emploi des jeunes et la montée en compétences dans les services.
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