ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 15 JANVIER 2026
international, ayant renforcé la visi- bilité de la géologie de cette région, sont le fruit de cette collaboration. Le Mont Tropic est un paléovolcan crétacé, une période géologique qui a également donné naissance à des structures majeures sur le continent, tant du point de vue scientifique qu’économique. C’est le cas des formations de carbona- tites du même âge, connues sous les noms de Twihinat et Lehjeira, qui sont des roches d’origine man-
des fonds marins (International Seabed Authority- ISA), dont quatre dans l’océan Pacifique et un dans l’océan Atlantique, au niveau du Rio Grande Rise. Les défis tech- niques sont majeurs, puisqu’il s’agi- rait d’une exploitation sous-marine à grande profondeur. Une période comprise entre 10 et 30 ans serait nécessaire pour relever ces défis technologiques. Il faut également mentionner des défis écologiques considérables. Les écosystèmes marins profonds sont fragiles et encore peu connus. Pour cette raison, une étude sérieuse et approfondie d’impact environnemental avant toute exploi- tation éventuelle est absolument indispensable. F. N. H. : Le Mont Tropic se situe dans une zone de che- vauchement des revendica- tions d’extension du plateau continental entre le Maroc et l’Espagne. Comment inter- prétez-vous cette situation du point de vue scientifique ? F. H. : La légitimité de la demande marocaine concernant la définition et la fixation de ses limites territo- riales n’est plus à discuter. Cette demande repose sur les lois inter- nationales. Le Royaume a mis en place, en 2020, les lois 37.17 et 38.17 afin de franchir cette étape impor- tante et primordiale pour toutes les futures explorations et exploitations des ressources minières du pays. Le Maroc a le droit de revendiquer l’extension de son plateau conti- nental, compte tenu de l’importance de sa façade atlantique. Toutefois, la position géographique des îles Canaries implique nécessairement des zones de chevauchement sur ce plateau continental revendiqué par le Maroc. Cela crée une situation particulière, qui ne pourra être traitée que dans un climat clair de dialogue et de bon voisinage entre les deux pays. F. N. H. : Vos travaux dans les Provinces sahariennes montrent-ils un lien géolo- gique entre le Mont Tropic et le Sahara marocain ou les côtes atlantiques du Royaume ? F. H. : En collaboration étroite avec
La meilleure solution «gagnant-gagnant» reste un accord bilatéral entre le Maroc et l’Espagne, incluant la création d’une zone de développement conjoint.
des travaux géologiques, géochi- miques et géochronologiques cou- vrant presque toute la superficie des Provinces sahariennes. Plusieurs articles scientifiques et découvertes majeures à impact
l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), premier organisme marocain à avoir pros- pecté et réalisé des études géo- logiques de base dans le Sahara marocain, nous avons entrepris
L'ESSENTIEL Croissance modérée au 3 ème trimestre 2025, la demande intérieure en soutien L’ économie nationale a enregistré un ralentissement de son rythme de croissance au troisième trimestre 2025, après un premier semestre particulièrement dyna-
mique. La progression du PIB s’est établie à 4% en variation annuelle contre 4,8% au premier trimestre et 5,5% au deuxième. Cette inflexion s’explique principalement par la décélération des activités manufacturières, confrontées à un tassement de la demande extérieure, notamment dans les industries métalliques, électroniques et textiles. À l’inverse, plusieurs secteurs ont continué de jouer un rôle stabilisateur. Les services non marchands et financiers, l’immo- bilier ainsi que l’agriculture ont permis de maintenir un rythme d’activité globalement supérieur à sa tendance de long terme. La demande intérieure est restée le principal moteur de la crois- sance, malgré des signes de modération progressive. L’investissement a conservé une dynamique soutenue, porté par les dépenses publiques en infrastructures et le redressement de l’équipement des entreprises. La consommation des ménages a, pour sa part, progressé de 3,9% au troisième trimestre contre
5,1% au trimestre précédent, traduisant un affermissement plus lent. En revanche, les échanges extérieurs ont continué d’exer- cer un effet restrictif, retranchant 4,3 points à la croissance économique. Sur le plan des équilibres macroéconomiques, le déficit budgétaire s’est renforcé, tandis que le besoin de finan- cement de l’économie nationale s’est légèrement atténué, attei- gnant 12,3 milliards de dirhams contre 13,7 milliards un trimestre auparavant. ◆
Services et agriculture en appui d’une reprise attendue début 2026 L a croissance économique nationale devrait se stabiliser à 4% au quatrième trimestre 2025, malgré la poursuite du ralentissement de la demande extérieure adressée
aux branches industrielles. Ce tassement serait partiellement compensé par la bonne tenue des exportations de services, sou- tenues par l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations en décembre 2025, qui dynamise l’hébergement, la restauration, le transport et les services récréatifs. Dans le même temps, la demande intérieure continuerait de sou- tenir l’activité. L’investissement resterait solide, avec une hausse estimée à 11,2% au quatrième trimestre, portée par la poursuite des dépenses publiques en infrastructures et des conditions de financement favorables. La consommation des ménages pro- gresserait de 3,8%, bénéficiant de la progression des salaires nominaux, du maintien des mesures en faveur du pouvoir d’achat et de l’atténuation des tensions inflationnistes. L’inflation poursuivrait en effet sa baisse, atteignant -0,1% au quatrième trimestre 2025, sous l’effet du recul des prix alimen- taires et énergétiques. La politique monétaire resterait accom-
modante, avec un taux directeur maintenu à 2,25% et une crois- sance de la masse monétaire de 7,7%. Pour le premier trimestre 2026, la croissance est attendue à 4,2%. Cette légère accélération serait tirée par le regain des activités agricoles, favorisé par une amélioration notable du cumul pluviométrique, ainsi que par la résilience des services. L’industrie manufacturière demeurerait, quant à elle, sous pres- sion, exposée aux incertitudes de la demande extérieure euro- péenne. ◆
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