DEVELOPPEMENT DURABLE 40
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 15 JANVIER 2026
mandes dans des zones déjà déficitaires a accentué les ten- sions sociales et économiques. Le Maroc a connu ensuite une saison estivale à haut risque marquée par des incendies majeurs en août dans les forêts de Derdara (Chefchaouen) et Benqarich (Tétouan), ravageant plus de 500 hectares malgré une mobilisation massive de Canadairs. L'Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) a maintenu plu- sieurs provinces du Nord en alerte maximale durant l'été, en raison de vagues de chaleur extrêmes atteignant 46°C. Parallèlement, 2025 a aussi été marquée par des épisodes d’inondations localisées, parfois meurtrières, à l’instar de celles ayant frappé la province de Safi en début du mois décembre 2025, rappelant la violence du nouveau cycle de l’eau caracté- risée par peu de pluie, mais des pluies plus intenses. Ces événe- ments ont mis en évidence les limites de l’aménagement urbain et la vulnérabilité de certaines infrastructures.
2025 a été une année révélatrice, mettant en lumière certaines vulnérabilités du Maroc face aux dérèglements climatiques, mais aussi sa capacité de réaction.
Climat
2025, l’année où le monde a basculé À l’échelle planétaire, 2025 a confirmé l’entrée dans un nouveau régime climatique, où l’extrême n’est plus l’exception mais la règle. Au Maroc, cette réalité s’est traduite par une succession d’épisodes critiques (sécheresse, incendies, inondations, stress hydrique…), forçant l’État à accélérer ses politiques d’adaptation.
Par Désy M. S
l’Association des enseignants de sciences de la vie de la Terre (AESVT). Il souligne que le réchauffement n’est plus linéaire mais cumulatif. Cette dynamique bouleverse le cycle de l’eau deve- nue plus gourmande en humidité, et des retours de pluies plus rares mais souvent violentes. Cette réalité a des consé- quences systémiques. Le cli- mat est désormais au cœur de toutes les crises. Tensions sur les marchés agricoles, déplace- ments de populations, fragilisa- tion des finances publiques et montée des inégalités entre pays capables d’anticiper et ceux contraints de subir. Le climat est devenu le moteur de la sta- bilité internationale. Des rues de Bélem (Brésil), lors de la COP30, jusqu’aux conseils des banques centrales, la question n’est plus de savoir s’il faut agir, mais si le monde est encore capable de le faire à temps.
i les décennies précédentes avaient laissé place aux aver- tissements scientifiques, 2025 restera comme l’année de la confrontation directe. La planète est désormais engagée dans ce que les climatologues qualifient de «nouveau climat» , marqué par une accélération brutale des phé- nomènes extrêmes. Anomalies thermiques océaniques inédites, incendies incontrôlables au Canada, inondations meurtrières en Asie du Sud-Est, sécheresses simultanées sur les deux rives de la méditerranée : l’extrême est devenu la norme. Le dépassement du seuil sym- bolique de +1,5°C n’est plus une perspective lointaine. «Chaque année bat les records de la pré- cédente. Et le moteur du cli- mat qui est le bilan énergétique de la planète s’emballe plus vite que la capacité des sociétés à s’adapter» , rappelle le professeur Abderrahim Ksiri, président de
Au Maroc, une année de chocs climatiques révélateurs Inscrit dans l’arc méditerranéen, le Maroc n’a pas échappé à cette dynamique mondiale. Bien au contraire. 2025 a été une année révélatrice, mettant en lumière la vulnérabilité structurelle du pays face aux dérèglements clima- tiques, mais aussi sa capacité de réaction. Le Royaume a d’abord continué de subir les effets d’un stress hydrique prolongé, hérité de plusieurs années de déficit plu- viométrique. Les nappes phréa- tiques restent sous pression, les barrages à des niveaux histori- quement bas durant une grande partie de l’année, et l’agricul- ture, principal consommateur d’eau avec près de 85% des res- sources hydriques, a été forte- ment impactée, notamment dans les bassins du Souss, du Haouz et de Drâa-Tafilalet. Le dévelop- pement de cultures très gour-
Des réponses publiques accélérées
Face à cette pression climatique, l’action publique s’est intensi- fiée en 2025. Le gouvernement a poursuivi et accéléré plusieurs chantiers structurants, notam- ment la généralisation des sta- tions de dessalement, les inter- connexions hydrauliques entre bassins, la sécurisation de l’ali- mentation en eau potable des grandes villes, et le renforce- ment des dispositifs de gestion des risques climatiques, à l’instar d’un budget de 160 millions de dirhams dédié au renforcement de la surveillance aérienne et des systèmes d'alerte précoce contre les foyers d’incendies. Sous l’impulsion des hautes orientations royales, la question climatique est désormais abor- dée comme un enjeu de souve- raineté nationale. L’objectif n’est plus seulement de répondre à l’urgence, mais de garantir la
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