DEVELOPPEMENT DURABLE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 15 JANVIER 2026
résilience du pays à moyen et long terme. Le Plan national de l’eau, la stratégie bas carbone et les politiques d’énergies renou- velables s’inscrivent dans cette logique. Toutefois, les experts insistent sur le fait que «l’ingénierie seule ne suffira pas». Le principal défi reste l’adaptation des modèles économiques et territoriaux. L’agriculture doit être repensée en fonction de la disponibilité réelle des ressources hydriques. «Il faut arrêter de développer des activités là où l’eau n’existe pas», martèle Ksiri, appelant à une cohérence entre politiques publiques, investissements pri- vés et contraintes climatiques. En parallèle, le Royaume œuvre, entre autres mesures d’adapta- tion, à rendre son agriculture plus résiliente et durable. Un récent rapport de la Banque mondiale sur la sécurisation des appro- visionnements alimentaires pré- cise que le pays «met en œuvre un programme multidimension- nel visant à promouvoir l’agri- culture durable, à développer à grande échelle l’irrigation dans les zones sujettes à la séche- resse et à accroître l’attracti- vité de l’agriculture auprès des jeunes». L’objectif étant d’étendre les chaînes de valeur et l’accès aux marchés et de promouvoir les technologies agricoles et l’agri- culture climato-intelligente, mais aussi de moderniser les systèmes d’irrigation et de favoriser une gestion durable des ressources en eau dans les régions de Chtouka, Tadla et Souss-Massa. D’autres mesures sont mises en place pour contrer les risques climatiques, et ce dans divers secteurs à travers le territoire. Car à l’issue de 2025, le Maroc n’est plus dans une phase d’an- ticipation, mais d’adaptation contrainte. Pour 2026, la ques- tion n’est plus de savoir si le climat change, mais comment le pays choisira d’y répondre. Pour les experts, la fenêtre d’opportu- nité existe encore, mais elle se rétrécit. ◆
malgré le repli conjoncturel du solaire Les renouvelables atteignent 27% du mix en 2024 ANRE :
L e Maroc poursuit le renforcement des énergies renouvelables dans son mix électrique, malgré un recul ponctuel de la production solaire en 2024. C’est ce que révèle le rapport annuel 2025 de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE), qui dresse le bilan des capacités et de la pro- duction électrique au titre de l’année écoulée. Selon l’ANRE, les énergies renouvelables ont représenté 27% de la production nationale d’électricité en 2024, soit 11.666 GWh sur un total de 43.713 GWh. Cette progression s’accompagne d’une hausse significative des capacités installées, qui ont augmenté d’environ 18% sur un an pour atteindre 5.439 MW, correspon- dant à près de 45% de la capacité électrique totale du Royaume. L’éolien demeure le pilier du mix renouvelable, avec une production de 9.363 GWh, représentant 21% du mix électrique national et près de 80% de la production verte. Le solaire a généré 1.617 GWh (4% du mix), tandis que l’hydraulique et les stations de transfert d’énergie par pompage ont contribué chacune à hauteur d’envi- ron 1%. Le rapport souligne toutefois un recul d’environ
25% de la production solaire par rapport à 2023, en raison de l’indisponibilité de la centrale Noor Ouarzazate III. Cette baisse reste conjoncturelle, d’autant que la capacité solaire installée a progressé de 12% pour atteindre 928 MW. Pour l’ANRE, ces indicateurs confirment une trajectoire globalement alignée avec les ambitions nationales, la remise en service des infrastructures solaires et le lan- cement de nouveaux projets devant soutenir l’objectif de 52% d’énergies renouvelables dans le mix électrique à l’horizon 2030. ◆
Le Maroc et l’Australie amorcent un partenariat stratégique Nucléaire civil L e Maroc renforce sa stra- tégie de coopération inter- nationale dans le nucléaire civil en plaçant la sûreté et la
sécurité au cœur de ses priorités. Dans ce cadre, un rapprochement stratégique est en cours avec l’Aus- tralie, acteur majeur de la chaîne mondiale de l’uranium, malgré l’ab- sence de centrales nucléaires sur son territoire. Cette dynamique s’est concrétisée par des échanges institutionnels entre l’Autorité marocaine de sûreté et de sécurité nucléaires et radio- logiques (AMSSNuR) et les auto- rités australiennes, notamment en marge de la 69 ème Conférence géné- rale de l’AIEA à Vienne. Les dis- cussions portent sur le partage de bonnes pratiques réglementaires, le renforcement des capacités et la consolidation de cadres de contrôle indépendants. L’intérêt de cette coopération tient au rôle central de l’Australie dans le nucléaire civil mondial, en tant que premier détenteur de réserves d’uranium et producteur majeur de concentré d’uranium. Cette exper- tise confère une valeur ajoutée aux
ambitions marocaines en matière de sûreté, à un moment où les usages civils du nucléaire dans la médecine, l’industrie, la recherche et l’énergie gagnent en importance. Parallèlement, l’uranium marocain revient dans le débat stratégique. Le Royaume, ancien producteur, dispose de ressources potentielles importantes contenues dans les phosphates. La hausse des prix mondiaux et les avancées tech- nologiques dans la récupération de l’uranium ravivent l’intérêt pour
ce gisement, sans qu’aucun projet industriel ne soit encore engagé. Sur le plan multilatéral, le Maroc affirme son rôle régional en multi- pliant les initiatives sous l’égide de l’AIEA, notamment dans la forma- tion et l’encadrement des nouvelles technologies nucléaires. À travers cette approche graduelle, Rabat privilégie la maîtrise réglementaire et la coopération internationale, fai- sant de la sûreté le socle de toute ambition future dans le nucléaire civil. ◆
Avec la participation de
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