FNH N° 1221

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 15 JANVIER 2026

Maroc-FMI Vers une fiscalité capable de combiner efficacité, équité et soutenabilité

nomique reste l’épine dorsale de toute politique budgétaire sou- tenable, avec des ressources en amélioration durable. Dans ce contexte, le rapport du FMI sur l’évaluation du système d’administration fiscale ne peut qu’être salué pour mettre l’ac- cent sur l’état d’avancement de la réforme fiscale au Maroc. Les outputs du rapport en matière d’efficacité de la collecte d’im- pôts, de l’élargissement de l’assiette fiscale, la simplifica- tion des procédures de collecte d’impôts et de règlement des différends entre l’administra- tion fiscale et les contribuables ne peuvent que représenter un cadre stratégique pour l’accom- pagnement de la réforme fiscale au Maroc. En effet, ce diagnostic du FMI permet de mesurer objective- ment la performance de l’admi- nistration fiscale et d’identifier les priorités de réforme, de ren- forcer la crédibilité vis-à-vis des investisseurs et des bailleurs de fonds internationaux, d’amélio- rer la prévisibilité des recettes fiscales et d’évaluer l’aligne- ment du Maroc sur les stan- dards internationaux en matière d’administration fiscale. F. N. H. : Le FMI salue la digitalisation, la gestion des risques et l’élargisse- ment de l’assiette fiscale. Selon vous, ces avancées traduisent-elles un réel progrès du civisme fiscal ou un renforcement de la capacité de contrôle de l’État ? R. E. F. : Ces progrès notables sont en ligne avec les dispo- sitions de la loi cadre sur la réforme fiscale au Maroc. L’élargissement de l’assiette fiscale assouplit les contraintes sur les finances publiques, le processus de digitalisation de la procédure fiscale favorise la transparence, la rapidité des recouvrements d’impôts et la collecte d’informations au ser- vice des mécanismes de ges- tion des risques favorisent la prospection et l’estimation fiable des recettes fiscales pour

Sur la base du récent rapport d’évaluation de la performance du Fonds monétaire international (FMI) mettant en avant les réformes réalisées au Maroc en matière d'administration fiscale, Rachid El Fakir, professeur d’économie monétaire, nous explique comment la fiscalité est devenue cette épine dorsale capable d’apporter le flux de financements nécessaires à l’atteinte des objectifs que poursuit le Royaume.

Propos recueillis par Désy M.

Finances News Hebdo : Dans quel contexte éco- nomique et budgétaire s’inscrit cette deuxième évaluation du FMI sur l’ad- ministration fiscale maro- caine, et pourquoi ce type de diagnostic est-il stra- tégique pour le Royaume aujourd’hui ? Rachid El Fakir : Ce rapport intervient dans un contexte marqué principalement par la mise en œuvre du chantier de la réforme fiscale au Maroc, qui a débuté suite à l’appro- bation en 2021 de la loi cadre n° 69-19 portant réforme fis- cale. Les orientations de ladite loi reflètent bien les recom- mandations des assises fis- cales, notamment celle de 2019 visant à redéfinir le système fis- cal et à promouvoir l'équité fis- cale au Maroc. L’efficience de toute finance publique ne peut être atteinte sans une telle équi- té, où tous les contribuables sont égaux devant l’impôt et où la justice fiscale en demeure le gage.

Le rapport du FMI intervient après trois Lois de Finances ayant porté plusieurs actions en matière de réforme graduelle de la TVA, l’IS et l’IR (2023- 2024-2025). Le contexte éco- nomique marocain demeure soumis depuis la pandémie du COVID-19 à plusieurs chocs tant internes qu’externes. Ces chocs se sont reflétés négative- ment sur l’économie marocaine en termes d’atonie de la crois- sance, de déséquilibres budgé- taires, de détérioration du pou- voir d’achat, de creusement du déficit commercial qui continue de pénaliser le compte des tran- sactions courantes ainsi que du niveau alarmant de l’endette- ment public qui en découle. En outre, les finances publiques souffrent de grandes pressions liées aux engagements du Royaume à de grands projets

structurants de son économie. Les chantiers d’infrastructures, les stratégies sectorielles de développement, l’organisation des Coupes d’Afrique et du monde ou encore la générali- sation de la protection sociale sont des investissements for- tement capitalistiques. Ainsi, la recherche des moyens de finan- cement pour honorer ces enga- gements demeure une mission impossible sans une fiscalité capable de combiner efficacité, équité et soutenabilité. Ainsi, améliorer les recettes fis- cales en minimisant la pres- sion et les dépenses fiscales demeure une mission difficile mais possible, en présence d’une discipline budgétaire adossée à un volontarisme éta- tique bien prononcé. Une opti- misation de la collecte d’impôts favorisant l’émancipation éco-

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