BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 15 JANVIER 2026
Plusieurs secteurs devraient conti- nuer de jouer un rôle moteur. Le BTP apparaît comme l’un des principaux bénéficiaires du cycle en cours, soutenu par les projets d’infrastructures liés aux grands événements sportifs, mais aussi par le programme de reconstruc- tion des régions touchées par le séisme d’Al Haouz, doté d’un bud- get de 120 milliards de dirhams sur cinq ans. La poursuite de la reprise du secteur immobilier, portée par le programme d’aide au logement prévu sur la période 2024-2028, renforce également la visibilité du secteur. À ces relais traditionnels s’ajoutent les investissements liés à la transi- tion énergétique. Les projets dans les énergies renouvelables, l’hy- drogène vert, le dessalement de l’eau de mer et les infrastructures associées devraient continuer de soutenir l’activité dans l’électricité, l’ingénierie et la construction. Par ailleurs, l’intégration progressive des technologies numériques et de l’intelligence artificielle consti- tue un levier de croissance pour les entreprises de l’IT et des services informatiques, à travers des gains de productivité et une demande accrue en solutions technolo- giques. Marché actions : continuité, mais sélectivité Dans ce cadre, le marché actions devrait poursuivre sa dynamique, dans la continuité de la tendance enclenchée depuis 2023. Après une année 2025 marquée par une forte progression de la masse bénéfi- ciaire, 2026 bénéficierait d’un effet de continuité, soutenu notamment par le retour à une dynamique normalisée des résultats de Maroc Telecom et par la bonne tenue des secteurs bancaire et du BTP. Toutefois, le contexte de valorisa- tions élevées et la hausse obser- vée de la volatilité appellent à une plus grande sélectivité. Le mar- ché devrait rester porté par des fondamentaux solides, mais avec des écarts de performance plus marqués entre les valeurs. Dans cette perspective, la possible réin- tégration du Maroc au sein de l’in- dice MSCI Emerging Markets, à la faveur de l’amélioration de la liqui-
2026 s’annonce comme une année de continuité pour les marchés de capitaux marocains.
Marché de capitaux Quels drivers de croissance pour 2026 ?
institutionnels vers des horizons d’investissement plus longs. L Après trois années de hausse soutenue, le marché de capitaux marocains aborde 2026 dans une configuration globalement plus favorable, malgré un environnement international encore marqué par des tensions géopolitiques et commerciales persistantes. Par Y. Seddik Cette dynamique devrait s’inscrire dans un contexte de besoins de financement soutenus, liés à la poursuite des grands chantiers d’infrastructures, à la transition énergétique et aux programmes de reconstruction et de logement. Croissance économique et visibilité sectorielle
e principal moteur de cette confi- guration reste d’ordre macroéco- nomique et monétaire. L’inflation, attendue autour de 1% en 2026, devrait rester largement contenue, offrant à Bank Al-Maghrib une marge de manœuvre confortable pour maintenir une orientation accommodante de sa politique monétaire. Après les ajustements opérés en 2024 et 2025, le taux directeur devrait évoluer dans une zone favorable à la croissance, contribuant à la détente des taux courts et à une meilleure visibilité sur les conditions de financement. Cette orientation constitue un pivot central pour l’ensemble des mar- chés de capitaux. Elle soutient les arbitrages en faveur des actifs ris- qués, allège le coût du finance- ment pour les entreprises et le Trésor, et favorise un repositionne- ment progressif des investisseurs
Marché obligataire : un environnement plus porteur Dans ce contexte, le marché obli- gataire devrait bénéficier d’une amélioration graduelle de ses fon- damentaux. La détente attendue des taux souverains, combinée au retour du Maroc à son statut «Investment Grade», devrait contri- buer à réduire le coût de finance- ment extérieur et à élargir la base des investisseurs, aussi bien sur le marché domestique qu’à l’inter- national. Pour le Trésor comme pour les émetteurs privés, 2026 pourrait ainsi offrir des conditions plus favorables en matière d’émissions, avec des possibilités accrues d’allongement des maturités et de diversification des instruments.
Sur le plan macroéconomique, l’économie nationale devrait conserver une trajectoire solide, bien qu’à un rythme légèrement plus modéré qu’en 2025. Après une croissance estimée autour de 5% en 2025, le PIB devrait pro- gresser d’environ 4,5% en 2026. Cette évolution serait portée à la fois par une amélioration atten- due de la campagne agricole, à la faveur de précipitations plus favorables, et par la résilience des activités non agricoles.
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