FNH N° 1225

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 12 FÉVRIER 2026

de titres, la mise en place d’une chambre de compensation jouant le rôle de contrepartie centrale, la diversification des instruments financiers via la modernisation du cadre des OPC, ainsi que la transformation de la Bourse de Casablanca en groupe intégré réunissant marché cash, dérivés, compensation, briques techno- logiques et participations stra- tégiques.

Le post-marché revient au centre

Dernier étage de la fusée, sou- vent moins visible, le post-mar- ché a également été remis au cœur du débat. Le président de Maroclear, Mounir Razki, a rap- pelé que la solidité d’un marché se teste surtout dans les phases de tension, lorsque les volumes augmentent et que les chaînes opérationnelles révèlent leurs limites. À ce titre, il a mis en avant quatre critères structurants : robustesse, modernité (entendue comme la capacité à intégrer de nouvelles technologies), résilience et qua- lité de la gouvernance. Il a éga- lement pointé une digitalisation encore hétérogène de l’écosys- tème, une automatisation perfec- tible et des délais de traitement appelant une remise à plat des pratiques existantes et une meil- leure standardisation des flux. Dans ce cadre, les avancées engagées en matière de dématé- rialisation des procédures visent à limiter les dépôts physiques, fluidifier les échanges d’infor- mation et accélérer le dénoue- ment des opérations, un chantier jugé essentiel pour accompa- gner la montée en charge des volumes et réduire durablement les risques opérationnels. Au fil des interventions, une ligne directrice s’est imposée. Le 6 avril 2026 constitue un jalon majeur pour la place, mais la véritable épreuve commencera après. Animation du marché, pédagogie, qualité de l’informa- tion, discipline opérationnelle et capacité des infrastructures à absorber des volumes crois- sants détermineront la réussite de cette nouvelle phase. ◆

 La première conférence annuelle de l’APSB a mis en lumière le véritable enjeu du moment, à savoir transformer une dynamique retrouvée en un marché plus profond, plus liquide et plus lisible.

avec les investisseurs internatio- naux et partenaire durable des émetteurs. Selon lui, la réussite du marché à terme, des ETF et des outils de couverture repose- ra largement sur la capacité des acteurs à animer et structurer ce nouveau jeu, dans un cadre strict de conformité et de maîtrise des risques.

sième catégorie d'investisseurs, celle des étrangers, indispen- sables pour équilibrer la base, diversifier les volumes et renfor- cer la crédibilité du marché. L’intermédiaire devient «architecte» de la liquidité Sur un registre plus micro struc- turel, le président du Conseil d’administration de la Bourse de Casablanca, Brahim Benjelloun Touimi, a rappelé que la trans- formation du marché ne peut se limiter à une amélioration conjoncturelle. Elle doit, au contraire, produire un dévelop- pement durable, avec un marché capable d’absorber des flux, de résister aux chocs et de fonc- tionner avec des mécanismes identifiés, en l'occurrence le prêt- emprunt, les contrats et, désor- mais, les dérivés. Dans cette configuration, l’inter- médiaire boursier change de sta- tut. Longtemps centré sur l’exé- cution dans un marché dominé par le cash, il devient progressi- vement organisateur de la liqui- dité, catalyseur de nouveaux produits, interface stratégique

tissement, avec des opérations comme SGTM, Vicenne ou Cash Plus, ce qui montre le rôle clé de la Bourse dans le « recyclage» du capital-investissement. Sur le marché secondaire, il a relevé un MASI en progression moyenne de 20% par an sur trois ans, des volumes de transac- tions atteignant 121 milliards de dirhams et un ratio de liquidité (le taux d’utilité) de 16%, présenté comme un point de vigilance. Par ailleurs, la part des particuliers dans les volumes serait passée de 10% à près de 30% en deux ans, portée par la digitalisation et les actions de promotion, avec en contrepartie, un impératif accru de pédagogie. Dans cette optique, cinq réformes ont été identifiées comme leviers de changement de dimension : le lancement du marché à terme le 6 avril, le déploiement du market making adossé au prêt-emprunt

Cinq réformes pour rehausser les standards

De son côté, le Directeur géné- ral de la Bourse de Casablanca, Nasser Seddiqi, a apporté une photographie chiffrée et une feuille de route. Il a décrit les trois dernières années comme une véritable phase de bascule. Ainsi, entre 2023 et 2025, plus de 300 milliards de dirhams ont été mobilisés sur le marché primaire, dont plus de 15 milliards de dirhams en capitaux propres via IPO et augmentations de capital, sur des secteurs variés (infras- tructures, BTP, santé, agro- business). Autre enseignement structurant, six des huit dernières introductions ont été portées par des fonds de capital-inves-

Six des huit dernières introductions ont été portées par des fonds de capital- investissement, avec des opérations comme SGTM, Vicenne ou Cash Plus.

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