BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 12 FÉVRIER 2026
Marché à terme Les conditions du vrai décollage Le 6 avril, le marché à terme doit entrer dans sa phase opérationnelle. L’enjeu est d’aligner l’architecture de risque, la qualité du post-marché et les mécanismes d’animation pour éviter un démarrage sans profondeur. Prêt-emprunt de titres, collatéral, appels de marge et Chambre de compensation concentrent l’essentiel des conditions de confiance.
gère la négociation, la Chambre de compensation prend la main sur la gestion du risque, ce qui est, selon lui, le cœur de la crédi- bilité d’un marché à terme. Cette séparation des fonctions répond, a-t-il expliqué, à un impératif de clarté des rôles, de transparence et de robustesse opérationnelle. Il a parlé d’un choix assumé, celui d’un marché réglementé et transparent, pensé pour attirer la confiance des investisseurs. Sur la construction, il a souligné la mobilisation de l’écosystème. Il a cité l’appui des pouvoirs publics et des régulateurs, ainsi que l’implication d’associations professionnelles, dont l’APSB. Le chantier, dans sa version opéra- tionnelle, a couvert les modèles de gestion du risque, l’ouverture des systèmes des partenaires et des intermédiaires, ainsi que des volets comptables et fis- caux rattachés à ces métiers. Il a aussi évoqué l’accompagnement des membres et futurs membres, présenté comme une condition pour que le dispositif ne reste pas théorique. Pour les premiers temps, Ahmed Arharbi a évo- qué le rôle attendu d’acteurs capables d’apporter une pré- sence de marché, en citant l’As- sociation des salles de marché, dans l’idée d’éviter un démar- rage sans profondeur et sans continuité de prix.
Par Y. Seddik
À l’approche du lancement opérationnel du marché à terme, le régulateur et les professionnels convergent sur l'impératif de sécuriser l’architecture de risque.
L
ors de la conférence annuelle de l’Association professionnelle des sociétés de Bourse (APSB), Bassil Zekri, responsable du département des marchés à l’AMMC, a inscrit les évolutions en cours dans une séquence de réformes démarrée au début des années 1990 et prolongée par l’introduction de nouveaux mar- chés et instruments. Son inter- vention s’est concentrée sur le cadre juridique lié aux produits dérivés et aux opérations qui en découlent, avec un objectif de modernisation et d’alignement sur des standards internatio- naux. Le point sur lequel il a le plus insisté reste la solidité juri- dique des opérations. Le projet évoqué doit, selon lui, recon- naître juridiquement les contrats,
conforter leur validité et renfor- cer la sécurité des transactions. Dans ce même ensemble, il a mis en avant l’intégration d’un dispositif de close-out netting, présenté comme un mécanisme attendu dans l’architecture de gestion du risque. La question de la compensation revient égale- ment dans son propos. Le texte introduit la possibilité, pour le régulateur, d’exiger la compen- sation de certaines opérations lorsqu’elles sont suffisamment standardisées. L’AMMC travaille, a-t-il précisé, avec le ministère de l’Économie et des Finances sur les textes d’application. Sur la transparence, Bassil Zekri a insisté sur la remontée d’in- formations aux régulateurs sur les contrats et les positions, en rappelant que l’absence de don- nées peut empêcher une réac- tion à temps lorsque les ten- sions montent. Le message est resté technique : une stratégie sur les dérivés suppose des obli-
gations de reporting, faute de quoi la surveillance se fait avec retard. Il a aussi cité l’introduc- tion, sous conditions fixées par le régulateur, de la possibilité pour les personnes physiques d’emprunter des titres, dans une logique qu’il rattache à l’inclusion financière. Enfin, il a ouvert un débat sur l’usage des opérations observées, en indiquant qu’au Maroc la majorité des opérations qu’il voit remonter est affectée à des besoins de refinancement, alors qu’à l’international, la part la plus importante est orientée vers des opérations de marché, notamment liées à l’animation. Double infrastructure Ahmed Arharbi, directeur exécu- tif des opérations marchés à la Bourse de Casablanca, a insisté sur la nature du chantier. Il ne décrit pas un simple lancement de contrat, mais la mise en place de deux infrastructures dotées de leur gouvernance. Une entité
Carnet d’ordres, market making et arbitrage
Youssef Benhaddouch, expert consultant indépendant, a pris le sujet par le carnet d’ordres. Pour lui, l’équilibre d’un marché se lit d’abord dans le spread, puis dans la profondeur. Un spread serré ne suffit pas si la profon- deur manque, car un ordre de taille significative déforme le prix. Il insiste sur la nécessité d’avoir plusieurs niveaux de carnet avec des quantités affichées et « signi- ficatives», condition qui, selon lui, devient visible précisément lorsque le marché traverse des phases de stress. La profondeur de carnet renvoie, dans son pro- pos, au nombre d’intervenants et à la diversité de leurs intérêts. Il compare cela à une table qui
Lancer un marché à terme, ce n’est pas introduire un produit, c’est installer une mécanique complète où la gestion du risque devient l’infrastructure centrale.
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