POLITIQUE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 12 FÉVRIER 2026
Sahara marocain
le résultat direct de la pression américaine exercée ces dernières semaines. La visite de Massad Boulos, conseiller du président américain Donald Trump pour l'Afrique et le Moyen-Orient, à Alger fin janvier, a agi comme un rappel à l’ordre. Les Etats-Unis ont clairement fait comprendre que le temps des ambiguïtés et de la fuite en avant était terminé. Le plan d’autonomie marocain constitue désormais l’unique base de négociation. Toute tentative de retour à des schémas anciens est exclue, ce qui place le polisario dans une position encore plus inconfortable, d’autant que son discours traditionnel sur l’autodé- termination ne trouve plus d’écho. Le Maroc, lui, aborde cette phase avec un capital diplomatique solide. D’un côté, il a le sou- tien de l’Union européenne, qui acte désormais une position com- mune sur le Sahara marocain en reconnaissant qu’ «une autonomie véritable pourrait représenter une solution des plus réalisables». Ainsi, pour la première fois, les 27 s’alignent explicitement sur le cadre proposé par Rabat et consacré par la résolution 2797 du Conseil de sécurité. D’un autre, le Maroc a la recon- naissance américaine et fran- çaise de sa souveraineté sur le Sahara et le renforcement continu du partenariat stratégique avec Washington. Tout cela crée claire- ment un environnement favorable pour Rabat qui ne négocie pas en position défensive, mais avance avec une proposition structurée et une légitimité internationale ren- forcée. Madrid apparaît ainsi comme le début d’une phase décisive. Le conflit sort du gel diploma- tique dans lequel il était enfermé depuis 50 ans. Les prochaines échéances au Conseil de sécurité, au printemps puis à l’automne, serviront de baromètre. Si la dynamique actuelle se confirme, le dossier du Sahara marocain pourrait entrer dans sa phase de règlement effectif, avec en toile de fond un Washington qui privi- légie désormais l’efficacité et le réalisme politique aux errements diplomatiques. ◆
Place au réalisme politique ! Longtemps figé dans un face-à-face
diplomatique stérile, le dossier du Sahara marocain connaît une inflexion notable avec les réunions discrètes organisées à Washington, puis à Madrid, et révélées par la presse espagnole. Sous impulsion américaine, les négociations quittent le terrain des postures idéologiques pour entrer
dans une phase opérationnelle, où l’autonomie s’impose comme l’unique cadre de discussion.
Par D. William
L
es discussions secrètes organi- sées le 8 février 2026 à Madrid confirment un changement pro- fond de méthode dans le traite- ment du dossier du Sahara maro- cain. Ce qui frappe d’emblée, au- delà du caractère confidentiel de la réunion révélée par la presse espagnole, El Confidencial en l’occurrence, c’est la mainmise des Etats-Unis sur un processus longtemps confiné dans les cou- loirs onusiens. Le média révèle ainsi que le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario se sont retrouvés dans les locaux de l’ambassade des Etats-Unis pour négocier l’avenir du territoire. Cette réunion madrilène n’est pas un coup d’essai. Elle s’inscrit dans un cycle entamé fin janvier à Washington lors d’une première séance de travail de quarante-huit heures menée dans la plus grande discrétion, selon El Confidencial. Car pour les Américains, le dos-
Massad Boulos, conseiller de Trump pour l'Afrique et le Moyen-Orient
sier du Sahara est devenu une priorité stratégique, un conflit jugé trop long et inutilement coûteux sur le plan géopolitique qu’il faut impérativement clore. Dans cette optique, ils ont défini le cadre, le calendrier et les lignes rouges. La référence centrale reste la résolu- tion 2797 du Conseil de sécurité, qui consacre la proposition maro- caine d’autonomie comme base la plus crédible pour une solu- tion politique durable. L’option du référendum, longtemps brandie par Alger et le Polisario, sort du champ opérationnel. Ce n’est plus un sujet de négociation. L’autonomie comme unique horizon politique La nouveauté majeure de la réu- nion madrilène tient au contenu des discussions. Le débat n’est plus idéologique. Il est technique. Le Maroc est arrivé avec un plan d’autonomie profondément rema- nié, détaillé, structuré et éten- du à quarante pages, selon El
Confidencial. Gouvernance régio- nale, fiscalité locale, organisation judiciaire, sécurité et partage des compétences sont désormais posés noir sur blanc. Ce glisse- ment est fondamental. Il retire aux adversaires du Royaume l’argu- ment de l’imprécision et place chacun devant ses responsabili- tés. Ce changement de registre explique le malaise algérien. Ayant pendant des années mar- telé qu’elle n’était pas partie pre- nante au conflit, Alger se retrouve contrainte de participer à une discussion dont elle contestait jusqu’ici la légitimité. En accep- tant de s’asseoir à Madrid, à la table des discussions avec Rabat et le Polisario, cette fiction diplo- matique s’effondre. Sa présence marque une rupture avec des années de discours répétitifs niant toute responsabilité directe dans le conflit. El Confidencial souligne pour autant que cette participation n’a rien de volontaire. Elle est
Rabatne négocie pas en position défensive, mais avance avec une proposition structurée et une légitimité internationale renforcée.
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