HIGH-TECH
27
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 12 FÉVRIER 2026
IA générative Trois modèles, trois stratégies dominantes
grée à chaque produit du groupe, non comme une fonctionnalité, mais comme un socle. À l’horizon 2026, les lignes de fracture deviennent plus nettes. ChatGPT s’oriente vers des agents autonomes capables d’exécu- ter des tâches complexes de bout en bout, notamment dans l’entre- prise et le développement logiciel. Claude renforce son ancrage dans les environnements régulés, où la gouvernance, la conformité et la tra- çabilité deviennent déterminantes. Gemini, enfin, poursuit sa logique d’infrastructure invisible, agissant en arrière-plan pour transformer la recherche, la création de contenu et la productivité. Dans ce sens, le World Economic Forum (WEF) souligne dans ses travaux récents que la prochaine phase de différenciation entre les IA ne portera plus sur la performance brute, mais sur la confiance, la trans- parence et l’alignement réglemen- taire. Un basculement stratégique qui pourrait redistribuer les cartes, à mesure que les entreprises et les États exigent des garanties accrues. En définitive, ChatGPT, Claude et Gemini ne se livrent pas exactement la même bataille. Le premier vise l’universalité, le second la fiabilité, et le troisième l’omniprésence discrète. En 2026, la question ne sera donc plus de savoir quelle IA est la plus puissante, mais laquelle s’intègre le mieux dans les usages réels et durables. Une évolution qui marque l’entrée de l’intelligence artificielle générative dans l’âge adulte. ◆ 1 employé sur 3 utilise l'IA générative au travail chaque semaine, selon Unleash.
En l’espace de deux ans, les intelligences artificielles génératives sont sorties du champ expérimental pour devenir des outils structurants de l’économie numérique mondiale.
séduit les organisations par sa capa- cité à traiter de longs documents, à produire des réponses structurées et à limiter les hallucinations. Dario Amodei, cofondateur d’Anthropic, résume cette orientation dans une déclaration devenue emblématique: «les entreprises ne recherchent pas l’IA la plus spectaculaire, mais celle en laquelle elles peuvent avoir confiance». Cette quête de fiabilité trouve un écho dans les grandes études pros- pectives. Une analyse publiée fin 2025 par McKinsey estime que 60 à 70% des entreprises mondiales expérimentent déjà l’IA générative dans leurs opérations internes. Le cabinet chiffre le potentiel écono- mique global de ces technologies à plus de 4.000 milliards de dollars par an d’ici 2030, avec des gains de productivité significatifs dès 2026, notamment pour les métiers à forte intensité intellectuelle. Troisième acteur de référence, Gemini, développé par Google, suit une trajectoire singulière. En 2025, Google annonce que Gemini dépasse les 700 millions d’utilisa- teurs mensuels, un chiffre qui s’ex- plique par son intégration directe dans l’écosystème Google : moteur de recherche, Android, Gmail, Docs et Workspace. Contrairement à ChatGPT ou Claude, Gemini n’est pas pensé comme un produit auto- nome, mais comme une couche technologique transversale. Lors de la présentation des résultats annuels d’Alphabet, Sundar Pichai souli- gnait que l’IA est désormais inté-
Par K. A. E
tiers. Lors d’interventions publiques reprises par la presse économique internationale, Sam Altman résume l’ambition du groupe sans détour : l’IA n’est plus un outil d’assistance, mais une infrastructure de travail à part entière. De la course à la puissance à la bataille de la confiance La force de ChatGPT réside dans sa polyvalence. Rédaction, pro- grammation, analyse de données, recherche documentaire ou support client : l’outil s’est imposé comme un assistant universel. Mais cette géné- ralisation pose aussi des défis en matière de fiabilité, de gouvernance et de régulation, des sujets devenus centraux à mesure que l’outil s’in- tègre dans les processus critiques. À l’opposé d’une stratégie grand public assumée, Claude, conçu par Anthropic, avance avec une logique plus ciblée. En 2025, Claude ras- semble environ 20 à 30 millions d’utilisateurs mensuels, un volume modeste comparé à ChatGPT, mais largement compensé par un positionnement premium. Selon les analyses de cabinets spécia- lisés comme PitchBook et Menlo Ventures, Anthropic a franchi le seuil du milliard de dollars de revenus annualisés, principalement grâce à des contrats entreprises. Claude
n 2025, une réalité s’impose : l’IA générative n’est plus une promesse technologique, mais une infrastruc- ture. Trois acteurs dominent net- tement le marché grand public et professionnel : ChatGPT, Claude et Gemini. Trois modèles, trois visions, mais un même enjeu stratégique pour 2026. Selon AI Index Report 2025 publié par Stanford University, l’IA généra- tive concentre désormais plus d’un quart des investissements mondiaux en intelligence artificielle. Le rap- port souligne une adoption sans précédent, plus rapide que celle du smartphone ou des réseaux sociaux à leurs débuts. Cette accélération marque un changement de cycle : l’IA générative est passée du statut d’innovation à celui d’outil de pro- duction. ChatGPT, développé par OpenAI, reste la référence la plus visible. En 2025, l’entreprise revendique entre 180 et 200 millions d’utilisateurs actifs mensuels. Une dynamique portée par la généralisation des usages, mais aussi par la montée en puissance des offres payantes desti- nées aux professionnels et aux entre- prises. OpenAI estime ses revenus annuels autour de 3 milliards de dol- lars, tirés par ChatGPT Plus, Team et Enterprise, ainsi que par l’intégration de ses modèles dans des logiciels
www.fnh.ma
Made with FlippingBook flipbook maker