FNH N° 1225

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 12 FÉVRIER 2026

mieux» qu’un projet mené seul. Le DG de l’AFD a cité un ordre de grandeur d’environ 35 milliards de dollars de cofinancement et finan- cement parallèle sur une décennie entre l’AFD et la Banque mondiale. Il a aussi décrit l’élargissement de la coopération à d’autres banques et institutions publiques, puis la structuration progressive d’une «machine» européenne de cofi- nancement à travers l’approche Team Europe, combinant finance- ments publics, bras armé pour le privé et assistance technique. Pour Rioux, le contexte s’est encore durci en 2025, rendant la coopération «encore plus impor- tante» , notamment pour éviter la fragmentation et maintenir une dynamique de multilatéralisme opérationnel. De son côté, Anshula Kant, Directrice générale et direc- trice financière du Groupe de la Banque mondiale, a mis en avant la trajectoire récente du Groupe de la Banque mondiale sur le cofi- nancement. Elle a cité un record atteint sur l’exercice fiscal 2025 de 7,6 milliards de dollars de cofinan- cement provenant de partenaires prêteurs. Elle a aussi insisté sur l’ampleur des besoins, évoquant une estimation de 4,25 trillions de dollars requis pour l’infrastructure dans les marchés émergents. La dirigeante a défendu une approche «groupe», insistant sur une meilleure coordination interne entre les entités (IFC, MIGA, IBRD, IDA…). Dans la même logique d’industrialisation, elle a mis en avant la Global Collaborative Co-Financing Platform, présen- tée comme un outil pour rappro- cher projets et partenaires. Selon ses propos, plus de 230 projets figurent déjà sur cette plateforme, lancée en 2024, avec des volumes se chiffrant «en milliards de dol- lars». Anshula Kant a également rappelé que, pour des projets «transfor- mateurs», parfois même de plus petite taille, la clé se joue souvent côté fonds propres, ce qui ren- voie au besoin de faire évoluer le co-financement vers une logique plus proche du co-investissement, en mobilisant davantage le secteur privé, en dette comme en equity. ◆

 Le Maroc a réuni décideurs publics et grands bailleurs autour du cofinancement, devenu un axe structurant du financement du développement.

Cofinancement Vers une mécanique plus collective N Casablanca a accueilli, mercredi 11 février 2026, l’événement «The Power of Joining Forces : Cofinancing for Progress», coorganisé par le Groupe de la Banque mondiale, le ministère de l’Économie et des Finances et le Groupe Agence française de développement (AFD). Pour les acteurs, le cofinancement n’est plus un simple montage, mais une méthode de travail appelée à se généraliser pour porter des programmes plus vastes, plus complexes et mieux alignés sur les priorités des pays. Par Y. Seddik une logique combinant rentabilité et impact. Ensuite, un levier orienté vers le tissu privé, en réponse au défi- cit de fonds propres, via le pri- vate equity. Hayat a souligné que lors d’une première sélection, 14 fonds ont été retenus, permettant de mobiliser jusqu’à 20 milliards de dirhams, montant qu’elle a comparé au total investi au Maroc via le private equity sur les vingt dernières années.

adia Fettah, ministre de l’Écono- mie et des Finances, a présenté le cofinancement comme « un choix politique » : coopérer plutôt que se concurrencer, concentrer les efforts plutôt que les disper- ser, et passer de projets isolés à une logique « systémique» et «à l’échelle». La ministre a rattaché cette approche aux priorités de développement comme l’énergie, la mobilité, la protection sociale, l'emploi et la résilience. Elle a aussi insisté sur l’idée que l’enjeu, désormais, n’est plus de multi- plier les cofinancements au cas par cas, mais de les déployer à grande échelle. Aki Nishio, vice-président de la Banque mondiale pour le finance- ment du développement, a justifié le choix du Maroc comme hôte en rappelant l ’«expérience» accumu- lée sur le cofinancement, présen- tée comme un outil permettant

de mobiliser plus de ressources et d’obtenir plus d’impact. Il a également souligné un repère his- torique évoqué durant la session : la première réunion «cofinancing» de la Banque mondiale se serait tenue au Maroc, à Marrakech. Intervenant sur le rôle du Fonds Mohammed VI pour l’Investis- sement, Nezha Hayat, Directrice générale du Fonds, a replacé le cofinancement au centre du mandat de l’institution, créée pour mobiliser capitaux publics et privés autour des priorités économiques et stratégiques. Ainsi, deux axes ont été détaillés. D’abord, l’intervention en parte- nariats public-privé, avec un rôle d’apport en fonds propres et de structuration, notamment dans l’infrastructure, la logistique et l’énergie, avec un objectif d’ac- célérer les projets et attirer des investisseurs de long terme, dans

«Partnership by design», une doctrine devenue nécessité Rémy Rioux, Directeur général de l’AFD, a retracé l’adoption de la doctrine «Partnership by design», née, selon lui, d’une contrainte de montée en puissance de l’AFD après 2015, dans le sillage des ODD et de l’Accord de Paris. L’idée martelée est qu’un projet mené avec un partenaire «vaut

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