FNH N° 1048

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BOURSE & FINANCES

FINANCES NEWS HEBDO

DU 23 & 24 DÉCEMBRE 2021

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Politique monétaire

◆ L'inflation galopante et la normalisation observée un peu partout dans le monde n'ont aucun impact sur la politique monétaire de BAM, qui reste accommodante. Bank Al-Maghrib maintient le cap L e Conseil de Bank mies contre la hausse du coût de la vie. Pour le moment, Abdellatif Jouahri préfère tempérer, esti- mant que l'inflation reste maî- trisée, et voulant, sans doute, continuer à offrir un stimu- lus monétaire à la relance. Par A. Hlimi

sortir, selon les projections de Bank Al-Maghrib, à 1,7% sur l’ensemble de cette année et se situer à 2,7% en 2022, avant de revenir à 1,8% en 2023 avec la dissipation pré- vue des pressions externes. Malgré ce net accroissement de sa composante fondamen- tale, l’inflation devrait rester à des niveaux contenus, pas- sant en moyenne de 0,7% en 2020 à 1,4% en 2021, à 2,1% en 2022, puis reculer à 1,4% en 2023.

suivrait son amélioration aux rythmes de 3,2% en 2022 et de 3,4% en 2023 et, sous l’hypothèse de récoltes céréa- lières moyennes de 75 MQx annuellement, celle du secteur agricole reculerait de 2,8% en 2022 et progresserait de 2% en 2023. Les transferts MRE vont frôler les 95 milliards de dirhams en 2021 Bank Al-Maghrib a aussi actualisé ses prévisions des transferts MRE après la pro- jection de 87 milliards de DH en 2021 annoncée lors du der- nier Conseil, tenu en octobre. Ceux-ci devraient en effet marquer une forte augmenta- tion de 38,9% pour atteindre un montant record de 94,7 milliards de DH cette année, et reviendraient progressive- ment à des niveaux en ligne avec leur rythme tendanciel d’avant crise, enregistrant une contraction de 23,2% à 72,8 milliards de DH en 2022 et de 1,9% en 2023 à 71,4 milliards de DH. De leur côté, les recettes voyages connaîtraient une nouvelle baisse de 9,2% à 33,1 milliards de DH en 2021, après 36,5 milliards de DH en 2020. Elles rebondiraient ensuite dans le scénario cen- tral de BAM de 31% à 43,4 milliards de DH en 2022, et 63,5% à 70,9 milliards de DH en 2023. Dans ces conditions, le déficit du compte courant se creuse- rait de 1,5% du PIB en 2020 à 2,5% du PIB en 2021, à 5,3% en 2022 et à 4,9% en 2023. ◆

Al-Maghrib a estimé mardi, sans aucune surprise, que l’orien- tation de la politique monétaire reste largement accommodante, assurant les conditions de finance- ment adéquates pour l'éco- nomie. Ainsi, il a jugé que le niveau actuel du taux direc- teur demeure approprié et a décidé de le maintenir inchan- gé à 1,50%. Mais le contexte national et international évolue rapidement, avec une inflation persistante, qui commence à se propager dans notre éco- nomie, et des Banques cen- trales qui ont commencé à normaliser leurs politiques monétaires, la plus grande d'entre elles étant celle du Royaume-Uni. Des Banques centrales qui, tiraillées entre la pandémie et l'inflation, ont préféré protéger leurs écono-

Les progrès en matière de vaccination, le maintien des stimulus budgétaire et monétaire et la très bonne campagne agricole vont faire enregis- trer à l’écono- mie un rebond de 6,7%.

L'inflation s'installe Les données disponibles sur les prix à la consommation font ressortir des hausses sensibles ces derniers mois pour certains produits alimen- taires et pour les carburants et lubrifiants. Cette évolu- tion résulte essentiellement des pressions externes liées à la flambée de leurs cours sur les marchés internatio- naux. Elle s’est traduite par une nette accélération de la composante sous-jacente de l’inflation, qui est passée de 0,7% en moyenne au cours du premier semestre à 2% au troisième trimestre et à 3,3% en novembre. Elle devrait res-

Croissance revue à la hausse

Au niveau national, les pro- grès en matière de vaccina- tion, le maintien des stimu- lus budgétaire et monétaire et la très bonne campagne agricole vont faire enregis- trer à l’économie un rebond de 6,7% cette année (contre 6,2% annoncé lors du dernier Conseil), avec des hausses de 18,8% de la valeur ajoutée agricole et de 5,3% de celle des activités non agricoles. Au cours des deux pro- chaines années, le rythme de l’activité restera large- ment tributaire de l’évolu- tion de la situation sani- taire aux plans national et international et des res- trictions que les autorités seraient amenées à mettre en place. Les projections de Bank Al-Maghrib tablent, dans le scénario central, sur une consolidation de la croissance à 2,9% en 2022 et à 3,4% en 2023. La valeur ajoutée des activités non agricoles pour-

Pour le moment, Abdellatif Jouahri préfère tempérer, estimant que l'infla- tion reste maîtrisée.

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