"$56"-*5 4r/&84 LE TEMPS D’ÉCRAN AUGMENTE CHEZ LES JEUNES ADULTES... ET LES AÎNÉS
KATRINE DESAUTELS La Presse Canadienne
Les adolescents ne sont pas les seuls à avoir une utilisation intensive des écrans. Une enquête de la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal et de l’Université Concordia révèle que les jeunes adultes ont un temps d’écran quotidien élevé, et un autre groupe ressort du lot: les aînés de 65 ans et plus. Globalement, l’enquête menée auprès de 4000 adultes montréalais montre que la proportion des personnes qui consacrent plus de deux heures par jour à des activités de loisirs sur des écrans a augmenté de 13 % entre 2018 et 2025. Pour ce qui est de l’utilisation intensive — qui est définie dans le rapport par plus de quatre heures de temps d’écran de loi- sirs par jour — elle atteint 23 % en 2025, comparativement à 16 % en 2018. Les quatre heures d’écran de loisirs par jour correspondent au seuil «où le risque de rencontrer des impacts préjudiciables sur la santé et la qualité de vie devient signifi- cativement plus élevé dans la population», précise le rapport. On constate que l’utilisation intensive est particulièrement répandue chez les jeunes de 18 à 24 ans (39 %) ainsi que chez les aînés de 65 ans et plus (30 %). «Les aînés en fait, c’est le groupe où il y a eu une des augmentations les plus importantes», soulève Jean-François Biron, auteur de la publication et expert en hyperconnectivité à la DRSP de Montréal. «Ce que ça nous dit, c’est que les aînés maintenant ne sont plus un groupe qui a de la difficulté avec les technologies. Parfois, il y a un cliché là-dessus.» Plusieurs facteurs peuvent expliquer le temps d’écran élevé chez les aînés, notamment le fait qu’ils ont beaucoup de temps libre. Perception positive de son utilisation Les résultats de l’enquête indiquent que 44 % des adultes jugent que leurs habitudes numériques ont des impacts positifs sur leur sentiment de bien-être et leur qualité de vie, et seuls 18 % y voient surtout des impacts négatifs. «On a demandé l’expérience subjective des gens, explique M. Biron. Les gens peuvent avoir une expérience subjective en reconnaissant que les écrans leur font manquer de sommeil parfois, les amènent à faire moins d’activités physiques ou les amènent à avoir parfois des interactions sociales moins enrichissantes.» &O FGGFU MB QMVQBSU EFT QFSTPOOFT admettent que les écrans ont des répercus- sions négatives, mais lorsqu’elles regardent le portrait de façon globale, plus de gens estiment que c’est positif dans leur vie. M. Biron explique que le temps d’écran n’est pas le principal facteur qu’elles utilisent pour faire l’analyse de leur usage des écrans. «Il y a des gens qui vont faire moins de quatre heures, qui ne sont pas de grands utilisateurs ou qui vont même faire moins que deux heures, mais leur expérience est négative parce qu’ils sont dans une situa- tion où ils se comparent à d’autres; ou ils se sentent mal parce que leur utilisation, c’est surtout des médias sociaux; ou parce
Une personne regarde l’écran de son téléphone, à l’aéroport international de Seattle–Tacoma, le 1er juin 2025. (AP Photo/Jenny Kane, File)
heures, on veut t’amener à en faire quatre ou cinq», donne-t-il en exemple. La littérature scientifique montre que même si l’expérience des individus avec les écrans est souvent vécue de manière positive, les impacts négatifs qui y sont asso- ciés demeurent assez répandus, souligne le rapport. L’utilisation des écrans devrait
donc être intégrée à des efforts concertés de promotion de saines habitudes de vie.
qu’ils trouvent qu’il y a trop de mauvaises nouvelles. Il y a différents facteurs qui influencent la perception et le temps d’écran ne serait pas le facteur principal lorsqu’on questionne les gens sur leur expérience», détaille-t-il. Les effets néfastes du temps d’écran sur la santé physique et mentale sont bien documentés par la science. «Quand on regarde dans une perspective d’habitude de vie, on voit vraiment que peu importe le type d’utilisation, passer un certain seuil, il y a une augmentation du risque sur l’état de santé», souligne M. Biron. Adopter une approche de réduction des méfaits Les données de l’enquête de la DRSP de Montréal croisées avec celles de Statistique Canada sur l’activité physique montrent que les groupes les plus à risque de sédentarité sont les mêmes groupes qui font un usage excessif des écrans, indique M. Biron. «Il y a quelque chose d’inquiétant, dit-il. Ce que ça nous dit, c’est qu’il faut maintenant regarder aussi l’utilisation intensive des écrans comme un enjeu qui touche les adultes et pas seulement les adolescents et les enfants.» Les conclusions de l’enquête suggèrent aux décideurs de «prendre en compte l’expé- rience vécue par les individus selon une approche de réduction des méfaits». M. Biron donne quelques précisions. «L’approche de réduction des méfaits, c’est un peu une approche motivationnelle. D’amener les individus à en faire moins sans non plus les mettre devant un échec ou un objectif qui est inatteignable. Ce que ça fait quand on met les gens devant un objectif inatteignable, c’est que les mécanismes de protection du cerveau vont s’activer et puis ils vont simplement ne pas prendre au sérieux la recommandation», expose-t-il. Les recommandations varient selon le groupe d’âge, mais grosso modo, les mineurs ne devraient pas passer plus de deux heures par jour devant un écran et les adultes ne pas dépasser trois heures. «Ceci EJU JMZBEFTHFOTRVJFOGPOUQMVT&UEPOD à ce moment-là, l’approche de réduction des méfaits, c’est de dire si tu fais six ou sept
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