ACTUALITÉS AU-DELÀ DE LA CANDIDATURE, LES FEMMES VEULENT AUSSI CHANGER LA CULTURE POLITIQUE
LE REFLET
Rangée du haut (de gauche à droite): Emeline Lina Nsah, Rachel Décelien, Diane Choinière, Denise Robitaille, France Bélisle (conférencière), Chantal Sarkisian, et Dominique Bertrand. Rangée du bas (de gauche à droite): Julie Séguin, Marie-Noëlle Lanthier (direction générale pour Leadership Féminin Prescott et Russell), et Katy Morin. (Photo fournie)
GABRIELLE VINETTE INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL (IJL) gabrielle.vinette@eap.on.ca
Le défi de prendre sa place Pour plusieurs candidates, l’un des obs- tacles demeure la confiance nécessaire pour s’exposer publiquement et prendre la parole dans un environnement politique. Bertrand affirme que la politique peut être intimidante, notamment lorsque les élus doivent répondre à des questions difficiles ou faire face à des opinions très tranchées. Elle estime que la préparation et la confiance en soi peuvent contribuer à sur- monter cet obstacle. Elle-même a participé à plusieurs formations de LFPR portant notamment sur la gouvernance et le fait de prendre sa place. « C’est peut-être quelque chose qu’on pourrait aborder dans les années à suivre : comment développer sa confiance en politique », suggère-t-elle. Antonella De Dona, candidate au poste de conseillère à Casselman, affirme elle aussi que le premier obstacle est souvent simplement de décider de faire le saut. « On peut avoir l’expérience, les
compétences et l’envie de contribuer, mais mettre son nom sur un bulletin de vote, prendre position et s’exposer publiquement, ce n’est pas rien », dit-elle. De Dona explique qu’elle s’est elle- même demandé si elle était prête avant de conclure que son désir de contribuer à sa communauté était plus important que ses hésitations. « On n’a pas besoin de se sentir parfai- tement prête pour faire le premier pas », affirme-t-elle. Pour elle, la présence accrue de femmes sur les bulletins de vote peut également contribuer à normaliser leur participation politique. « On s’inspire les unes les autres et j’espère que cette vague de candidatures donnera envie à encore plus de femmes de s’impliquer, de faire entendre leur voix et de contribuer à leur communauté », dit-elle. Concilier politique, travail et famille
Pour Dominique Bertrand, candidate au poste de conseillère à Russell, cette progres- sion est notamment liée au travail effectué par LFPR pour encourager et accompagner les femmes qui s’intéressent à la politique. « Juste la promotion de leurs événements, puis l’encouragement et l’accompagnement des femmes en politique, leur rôle est vrai- ment apprécié », affirme-t-elle. Selon Bertrand, le travail de l’organisme a également eu un effet sur sa propre perception de son rôle. Maintenant qu’elle a elle-même décidé de se lancer, elle estime qu’elle doit à son tour encourager d’autres femmes à envisager des postes de leadership. Elle fait un parallèle avec son ancienne carrière de directrice d’école, un milieu où les postes de direction ont longtemps été majoritairement occupés par des hommes. « C’était important qu’on puisse dire : OK, moi, j’ai décidé de faire le saut en politique, mais maintenant, j’ai un rôle d’essayer d’en recruter d’autres », explique-t-elle.
La hausse du nombre de femmes can- didates aux élections municipales de 2026 dans Prescott et Russell marque une progression importante, mais pour plusieurs candidates interrogées, la question ne s’arrête pas au nombre de femmes qui inscrivent leur nom sur un bulletin de vote. Leadership Féminin Prescott et Russell (LFPR) rapporte que 31 femmes sont candi- dates cette année aux postes de conseillère municipale et de mairesse dans la région, comparativement à 21 en 2022. Huit autres femmes briguent des postes de conseillères scolaires ou d’administratrices du Police Village de Russell, portant à 39 le nombre total de candidates pour les 65 sièges dis- ponibles dans les municipalités, les conseils scolaires et le Police Village de Russell.
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