Finances News Hebdo N° 1074

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ECONOMIE

FINANCES NEWS HEBDO

VENDREDI 29 JUILLET 2022

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en présentiel étaient impossibles car risquées. A la levée de ces restrictions, nous avons assisté aussi à des événe- ments en mode hybride (présentiel et à distance). Ceci a été possible grâce à des plateformes électroniques dévelop- pées en ligne. Ces plateformes ont facilité l’accès des professionnels de santé à de nombreux congrès nationaux et internationaux. Les for- mations ont aussi adopté ce mode d’enseignement à distance où un simple PC ou un smartphone a per- mis cet accès à distance aux forma- tions. Indiscutablement, c’est là un changement à 360° apportée par la COVID et qui s’est installé durablement et représente notre avenir. La digitalisation a aussi été utile pour les patients. La télémédecine permet- tra demain à des patients résidant loin des centres médicalisés de pouvoir être diagnostiqués et traités à temps. La digitalisation a favorisé également les échanges des données médicales concernant les patients entre profes- sionnels de la santé chaque fois que cela est nécessaire. Bientôt, des objets connectés permettront de mesurer notre tension artérielle, notre glycémie, etc. et les envoyer à notre médecin traitant. La digitalisation permet en outre de sensibiliser les patients à une bonne hygiène de vie ou de leur faire connaitre leurs pathologies à travers des sites web dédiés à ces pathologies. Ce ne sont là que quelques rares exemples de ce que peut permettre la digitalisation. F.N.H. : Quelle évaluation faites- vous du marché pharmaceutique dans le Royaume, notamment le segment des parapharmacies ? B. B. : Le marché privé des médica- ments au Maroc a été estimé en 2021 à 12,5 milliards de dirhams et à un volume de 400 millions de boîtes. Le marché pharmaceutique a vu, ces dernières années, le lancement et le développe- ment de nombreux produits paraphar- maceutiques tels que les compléments alimentaires et les produits cosmétiques. Malheureusement, il est aujourd’hui presque impossible d’évaluer le volume ou le chiffre d’affaires de ces produits parapharmaceutiques, en l’absence de données statistiques comme celles four- nies par IQVIA (Powering Healthcare with Connected Intelligence) pour les médicaments.

Durant la pandé- mie de la Covid-19, la transformation digitale a connu une grande accélération, y compris dans le sec- teur pharmaceutique.

F.N.H. : Il est vrai que l’expérience client digital dans les entreprises pharmaceutiques est beaucoup moins développée par rapport à d’autres secteurs. Comment rat- traper ce retard pour répondre aux exigences du marché ? B. B. : Effectivement, l’expérience digitale pharmaceutique a connu un certain retard dans son développement par rapport à d’autres secteurs. Ceci est principalement lié à des contraintes d’ordre réglementaire. Toutefois, le retard a été largement comblé, et notamment en période de pandémie de la Covid-19. En ce qui concerne les réseaux sociaux, seuls LinkedIn et Twitter per- mettent une présence institutionnelle mais pas proprement publicitaire pour les labo- ratoires pharmaceutiques, contrairement à d’autres secteurs qui peuvent introduire directement leurs publicités sur l’ensemble des réseaux sociaux, y compris Facebook, Instagram ou encore TikTok... F.N.H. : A cet effet, y a-t-il une dif- férence entre le marketing pharma- ceutique et les autres marketings sectoriels ? B. B. : Le marketing-mix des médicaments ne peut agir ni sur le prix qui est fixé par le ministère de la Santé, ni sur les circuits de commercialisation, qui sont les mêmes pour tous les laboratoires pharmaceutiques et pour tous les médicaments. De même, on ne peut agir que d’une manière très res- treinte sur la politique de communication, qui est limitée aux seuls professionnels de la santé et ne doit pas s’adresser au grand public. Au final, on ne peut agir que sur la dimension du produit en mettant au point un médicament qui répond le mieux aux besoins des patients non seulement en termes d’efficacité, de sécurité et de

qualité, mais aussi en termes de confort de la prise de ces médicaments. Ceci est le fruit de longues années de recherche et de développement avant le lancement du pro- duit. En effet, les produits parapharmaceu- tiques n’ont pas ces contraintes et utilisent le marketing-mix avec ses 4P (Produit, prix, place (circuits de commercialisation) et promotion), et de pouvoir cibler le grand public à travers les médias, y compris audiovisuels. F.N.H. : Pourquoi le marketing digital reste-t-il une priorité pour l’évo- lution des industries pharmaceu- tiques ? B. B. : Le marketing digital est une priorité pour l’évolution de toute entreprise, et pas seulement dans le secteur pharmaceutique. Le marketing digital permettra au secteur pharmaceutique de développer une bonne e-réputation et de faire face à tous types de crise, d’avoir un bon Social Listening qui est l’activité de veille concernant les messages publiés sur les médias sociaux, de détecter et d’anticiper des Fakes news ou des Bads news et de mieux cerner les besoins et les préférences de ses clients. Il permet aussi d’être présent sur le web où la plupart des gens passent la plus grande partie de leur temps, à travers des contenus de qua- lité (podcast, vidéos, conseils...) et d’être plus proches de ses clients à travers les nouvelles technologies et moyens de com- munication (e-conférences, applications pratiques, sites d’e-learning). En plus de pouvoir utiliser des moyens innovants pour transmettre les messages marketing, le mar- keting digital permet d’avoir des échanges et des interactions avec ses clients (pro- fessionnels de la santé) et de disposer d’un e-CRM pour une meilleure optimisation et gestion de ses projets. ◆

Le marke- ting digital

permettra au secteur phar- maceutique de développer une bonne e-réputation

et de faire face à tous types de crise.

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