Born to Be a Bird by Class & Relax Lifestyle Magazine #03

By Class & Relax Lifestyle Magazine BORN BIRD TO BE A

BUSINESS - PHILOSOPHY - HISTORY - INNOVATIONS - SUSTAINABILITY

WORLD CONNECT 2025 BY APG

Beyond Words : The Power of Communi cation in Aviation

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IS IT OBVIOUS? THE AIR TRANSPORT BELIEVES SO Interview with Jean-Louis Baroux

A HUGE CARGO DEVELOPMENT Interview with Richard Burgess

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DAILY UNCERTAINTY interview with Sandrine de Saint Sauveur

FOUR MAJOR REGIONS Interview with Antoine Huet

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SOMMAIRE CONTENT - ISSUE 03

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EUROPE Interview with Ferzan Unlusoy

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AFRICA MIDDLE- EAST Interview with Mommar Cissé

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AMERICAS Interview with Eduardo Baquero

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BORN TO BE A BIRD by CLASS & RELAX LIFESTYLE MAGAZINE

Published by Odyssair Ltd, 7 Athinon Avenue, Tolmi Building Office 203 - CY 8035 Paphos DIRECTOR: Jean-Emmanuel Hay CONTACT: +33 6 72 59 30 13 - jeh.anolis@gmail.com www.classandrelax.com

ASIA-PACIFIC Interview with Tunku Izkandar

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L’ÉDITORIAL DE JEAN-EMMANUEL HAY

Parmi les événements o​ù l’on se retrouve, le World Connect by APG est un temps fort que l’on attend, auquel on se réjouit de participer. Année apres année, c’est un plaisir renouvelé de retrouver de grands professionnels réunis avec le même enthousiasme, pour développer un thème et ses nombreuses facettes, lors de conférences de haut vol animées par des intervenants hors-pair. Au-delà des mots, le pouvoir de la communication dans l’aérien : tel est le sujet qui sera débattu cette année, et il promet de faire l’objet de belles discussions autour du lobbyisme, de la communication institutionnelle ou directe, auprès des passagers des compagnies aériennes, avec les moyens qu’offre la technologie actuelle. Rarement une occasion de voir rassemblés autant de dirigeants dans une ambiance aussi conviviale nous est donnée : c’est même la signature du World Connect et l’ADN d’APG, cette volonté de construire son business sur un réseau de professionnels devenus des amis, membres d’une grande famille qui gère ses problèmes au niveau mondial sans a priori et bien au-delà des clivages culturels.

aux conflits. L’incertitude croissante du lendemain, dans de nombreuses régions du monde, sera aussi au programme, puisqu’elle impacte le business des partenaires d’APG, présents un peu partout sur la planète, faisant d’elle “la plus petite des multinationales francaises”, comme aime le dire Jean-Louis Baroux, fondateur d’APG. C’est à Séville, en Andalousie, que se déroule l’édition 2025 du World Connect. Terre de soleil, elle marie héritage arabe, chrétien et juif dans une architecture unique. Des sommets de la Sierra Nevada aux plages de la Costa del Sol, elle séduit par sa diversité. Berceau du flamenco et des tapas, elle respire la passion et la convivialité. Séville, capitale andalouse, rayonne d’une énergie à la fois traditionnelle et moderne. Le Guadalquivir traverse la cité où chaque rue est une scène vivante. La cathédrale et sa Giralda dominent l’horizon, tandis que l’Alcazar déploie ses jardins mauresques d’une beauté saisissante. Dans le quartier de Santa Cruz, les patios fleuris et les ruelles étroites rappellent l’Espagne d’autrefois. Le flamenco y vibre jusque tard dans la nuit, écho d’une

identité fière et authentique. Chaque printemps, la Feria de Abril enflamme la ville de couleurs et de musique. La Plaza de España symbolise sa grandeur. Entre art, gastronomie et chaleur humaine, Séville incarne la quintessence andalouse.

“LE WORLD CONNECT, UN ÉVÉNEMENT OÙ BUSINESS ET CONVIALITÉ VONT DE PAIR ”

Le contexte géopolitique sera largement évoqué, ainsi que ses tendances nouvelles, comme l’interdiction de survoler des régions pour certaines compagnies aériennes, en fonction de décisions politiques, ou du risque aérien lié

Nous vous souhaitons un excellent World Connect by APG.

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Among the events where we meet, World Connect by APG is a highlight that we look forward to and are delighted to participate in. Year after year, it is a renewed pleasure to meet leading professionals who share the same enthusiasm for developing a theme and its many facets during high-level conferences led by outstanding speakers. Beyond words, the power of communication in aviation: this is the topic that will be debated this year, and it promises to be the subject of lively discussions on lobbying, institutional or direct communication with airline passengers, using the means offered by current technology. Rarely do we have the opportunity to see so many leaders gathered together in such a convivial atmosphere: this is the hallmark of World Connect and the DNA of APG, this desire to build its business on a network of professionals who have become friends, members of a large family that manages its problems on a global level without preconceptions and well beyond cultural divides.

or the aviation risk associated with conflicts. The growing uncertainty of tomorrow in many regions of the world will also be on the agenda, as it impacts the business of APG’s partners, who are present all over the globe, making it ‘the smallest of the French multinationals’, as Jean-Louis Baroux, founder of APG, likes to say. Seville, in Andalusia, will host the 2025 edition of World Connect. A land of sunshine, it combines Arab, Christian and Jewish heritage in its unique architecture. From the peaks of the Sierra Nevada to the beaches of the Costa del Sol, it captivates with its diversity. The birthplace of flamenco and tapas, it exudes passion and conviviality. Seville, the capital of Andalusia, radiates an energy that is both traditional and modern. The Guadalquivir River flows through the city, where every street is a living stage. The cathedral and its Giralda tower dominate the skyline, while the Alcazar displays its strikingly beautiful Moorish gardens. In the Santa Cruz district, flower-filled patios and narrow streets are reminiscent of Spain of yesteryear. Flamenco vibrates late into the night, echoing a proud and authentic identity. Every spring, the Feria de Abril sets the city ablaze with colour and music. The Plaza de España symbolises its grandeur. Between art, gastronomy and human warmth, Seville embodies the quintessence of Andalusia. We wish you an excellent World Connect by APG.

“THE WORLD CONNECT, AN EVENT WHERE BU- SINESS AND CONVIVIALITY GO HAND IN HAND”

The geopolitical context will be discussed at length, as well as new trends, such as the ban on certain airlines flying over certain regions, based on political decisions,

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JOSÉ LUIS SANZ MAJOR OF SEVILLE

avons l’expérience de l’accueil de grands événements nationaux et internationaux, et nous sommes destinés à devenir la grande capitale technologique du sud de l’Europe et le moteur technologique de l’Andalousie. Jean-Emmanuel Hay : Vous souvenez-vous de votre premier vol ? Quels souvenirs gardez-vous de ce moment ? José Luis Sanz : J’étais très jeune. Voler a toujours été un rêve pour tout le monde, et pour moi aussi. Je me souviens de ce premier vol avec l’excitation de quelqu’un qui s’apprête à vivre un moment unique, attendu depuis l’enfance. Jean-Emmanuel Hay : Quel est votre souvenir le plus cher lié au transport aérien ? Et le moins agréable ? José Luis Sanz : Je dirais qu’il y en a beaucoup, car voler vous emmène vers une nouvelle destination que vous avez envie de découvrir. Mais ce que l’on n’oublie jamais, c’est la première fois que l’on vole.

Le souvenir le moins agréable, c’était durant ma lune de miel, au retour de New York, lorsque l’avion a soudainement perdu 100 mètres d’altitude à cause de turbulences. Jean-Emmanuel Hay : Ce ne sera pas facile de résumer en quelques mots, mais quels sont les aspects les plus remarquables de la vie à Séville, que vous ne changeriez pour rien au monde ? José Luis Sanz : Il y en a beaucoup. Séville est une ville unique qui invite à la promenade. Se promener dans ses rues, c’est comme voyager à travers l’histoire de l’humanité grâce à son histoire et à son héritage culturel. Séville possède le plus grand centre historique d’Espagne, qui résume l’histoire de l’Occident et de notre pays. Mais je dois mentionner trois choses fondamentales : notre offre culturelle et de loisirs, notre gastronomie (manger et déguster des tapas à Séville, c’est découvrir l’une des meilleures cuisines du monde) et, bien sûr, ses habitants. Séville est la meilleure ville du monde où vivre, grâce aux Sévillans.

Jean-Emmanuel Hay : Monsieur le Maire, Séville accueille cette année le World Connect by APG, qui rassemble des professionnels de l’aviation du monde entier. Qu’est- ce qui rend Séville attractive pour les événements internationaux et quels sont les atouts de votre ville en matière d’accueil ? José Luis Sanz : En plus d’être une ville bien desservie, avec un aéroport qui continue de battre des records de fréquentation année après année, Séville est, pour de nombreuses raisons, l’une des villes européennes les plus attractives pour accueillir d’importants événements internationaux. Nous sommes une ville historique d’une beauté indéniable, dotée d’un patrimoine unique, avec notamment deux des cinq monuments les plus visités d’Espagne : l’Alcázar et la cathédrale. Nous disposons d’infrastructures uniques avec un excellent centre de conférences, de grands espaces polyvalents, des hôtels, des restaurants et une large offre culturelle et de loisirs. Nous

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Jean-Emmanuel Hay: Mr. Mayor, Seville is hosting this year’s the World Connect by APG, which brings together aviation professionals from all over the world. What makes Seville attractive for international events and what are the strengths of your city in terms of hospitality? José Luis Sanz: In addition to being a well-connected city, with an airport that continues to break passenger records year after year, Seville is, for many reasons, one of the most attractive European cities for hosting major international events. We are a historic city of undeniable beauty with unique heritage, including two of the five most visited monuments in Spain: the Alcázar and the Cathedral. We have unique infrastructure with an excellent Conference Center, large multipurpose spaces, hotels, restaurants, and a wide cultural and leisure offering. We have experience in hosting large national and international events, and we are destined to become the great

technological capital of southern Europe and the technological engine of Andalusia. Jean-Emmaunuel Hay: Do you remember the first time you flew? What memories do you have of that moment? José Luis Sanz: I was very young. Flying has always been a dream for everyone, and for me too. I remember that first flight with the excitement of someone about to experience a unique moment longed for since childhood. Jean-Emmanuel Hay: What is your most cherished memory related to air travel? And the least pleasant one? José Luis Sanz: I would say many, because flying takes you to a new destination you want to discover. But something you never forget is the first time you fly. The least pleasant was on my honeymoon, returning from New York, when the plane suddenly dropped 100

meters during turbulence.

Jean-Emmanuel Hay: It will not be easy to sum it up in a few words, but what are the most outstanding aspects of life in Seville that you would not change for anything in the world? José Luis Sanz: There are many. Seville is a unique city that invites you to walk. Walking through its streets is like traveling through the history of humanity via its history and cultural legacy. Seville has the largest historic center in Spain, which encapsulates the history of the West and of our country. But I must mention three fundamental things: our cultural and leisure offerings, our gastronomy (eating and enjoying tapas in Seville means experiencing one of the best cuisines in the world) and, of course, its people. Seville is as it is, the best city in the world to live in, thanks to the Sevillians.

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IS IT OBVIOUS? THE AIR TRANSPORT BELIEVES SO

INTERVIEW WITH JEAN-LOUIS BAROUX BY JEAN-EMMANUEL HAY IMAGE ADOBE STOCK - JEAN-EMMANUEL HAY - EMIRATES AIRBUS - BRITISH AIRWAYS - DELTA

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Jean-Emmanuel Hay : Ne serait-ce parce que, pour les acteurs du secteur, cette évidence (permettre aux gens de se retrouver) est acquise ? L’objectif prioritaire serait alors devenu de remplir les avions, au prix de guerres commerciales. Jean-Louis Baroux : C’est possible en effet. Compte tenu de la croissance mécanique du transport aérien, de l’ordre de 5 % par an (ce qui est exceptionnel), ils ont pu considérer cette réussite comme une évidence; et ont été totalement pris de court lorsque certains ont dénoncé les nuisances et la pollution générées par ce mode de transport. Les dirigeants n’ont pas pensé à faire savoir qu’ils vendaient non seulement du rêve, mais aussi des passerelles vers l’avenir de leurs passagers. Cela me surprend. C’est d’ailleurs pour cette raison que nos intervenants, au World Connect by APG de Séville, parleront du futur de l’aviation. Jean-Emmanuel Hay : Un futur plus respectueux de l’environnement… Jean-Louis Baroux : Il faut rester lucide, d’ici 2050, le transport aérien ne sera pas totalement décarboné. Nous n’avons pas encore réalisé le saut technologique qui permettrait

Airways, Air France ou Delta ne communiquent pas sur l’essentiel : le fait de transporter des passagers d’un pays à un autre, d’une ville à une autre, en veillant à leur sécurité, à leur satisfaction et à la qualité de leur expérience. Au lieu de cela, elles se contentent de dire : « Volez avec nous, nous sommes moins chers. » C’est une communication d’une grande pauvreté, et cela me peine. Par ailleurs, lorsque le transport aérien est attaqué par des activistes écologistes, il ne parvient pas à se défendre correctement et s’étonne qu’on lui en veuille. C’est frappant, surtout quand on sait à quel point il est un moteur de l’économie et souvent un garant de la paix dans le monde. Jean-Emmanuel Hay : Ce comportement n’est-il pas lié à l’histoire même de l’aviation ? Jean-Louis Baroux : Non, pas du tout. Historiquement, dans les années 1930, l’aviation servait avant tout à transporter le courrier, et non des passagers. Mais c’était une époque de rêve, celle où l’on commençait à relier rapidement les grandes métropoles du monde. Aujourd’hui, l’aviation n’est plus capable de transmettre cette dimension onirique.

Au-delà des mots, le pouvoir de la communication dans l’aviation : tel est le thème développé lors du World Connect by APG de Séville, du 29 au 31 octobre 2025.

Jean-Emmanuel Hay : Jean-Louis Baroux, les compagnies aériennes ne sont pas réputées pour être de grandes communicantes. Est-ce une impression ou un réel constat ? Jean-Louis Baroux : Le transport aérien est en lui-même un formidable moyen de communication, puisqu’il permet de transporter des personnes d’un lieu à un autre pour qu’elles puissent se rencontrer et échanger. Paradoxalement, les compagnies aériennes ne savent pas le dire. Leur communication se résume bien souvent à une question de prix, ce que je trouve affligeant. Jean-Emmanuel Hay : Oui, c’est tout à fait antinomique : être un acteur majeur de la communication mondiale et ne pas chercher à le faire savoir. Jean-Louis Baroux : Je suis toujours surpris de constater que de gran- des compagnies comme British

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C’est pourquoi certains accidents sont inacceptables. D’ailleurs, ils ne se reproduisent jamais : les enquêtes menées sont exhaustives, précisément pour éviter toute répétition. Je suis convaincu qu’un jour, on retrouvera l’avion de Malaysia Airlines, disparu dans l’océan Indien, parce que l’on veut comprendre exactement ce qui s’est passé. D’immenses sommes sont dépensées pour savoir, comprendre et corriger : c’est l’ADN du transport aérien. La sécurité absolue repose sur les règles de l’OACI et sur les enquêtes du BEA en France, qui a son équivalent dans chaque pays.Pourtant, certains accidents ne devraient pas se produire. En décembre 2024, un avion a percuté un mur de béton en Corée : c’est invraisemblable. L’accident d’Air India, ou encore la collision entre un hélicoptère et un avion aux États-Unis, sont du même ordre. Ce sont des drames qui ne devraient jamais arriver. La technologie existe ; c’est le facteur humain qui en est la cause. Jean-Emmanuel Hay : Verra-t-on bientôt des aéronefs entièrement automatisés ? Jean-Louis Baroux : C’est une question légitime. Les ingénieurs de Thalès affirment qu’ils savent parfaitement faire voler des avions en mode entièrement automatique, en toute sécurité. Mais, d’un point de vue sociologique, cela n’est pas encore accepté. Personne n’est prêt, pour l’instant, à monter dans un avion sans pilote. Jean-Emmanuel Hay : Le transport aérien n’a jamais été aussi accessible, mais un défi demeure : faire transiter tout ce monde par les aéroports. Jean-Louis Baroux : Le passage à l’aéroport est souvent l’aspect le plus désagréable d’un voyage en avion. Les nouveaux scanners permettent de ne plus rien sortir des bagages, mais ils ne sont souvent installés que dans certaines zones des terminaux. De plus, les contrôles aléatoires actuels ralentissent inutilement les flux. Si de telles mesures étaient appliquées dans les gares ferroviaires, les trains ne pourraient tout simplement plus circuler. Jean-Emmanuel Hay : Le World Connect by APG se tient cette année à Séville. Qu’est-ce qui a motivé le choix de cette ville ? Jean-Louis Baroux : La municipalité et les autorités sévillanes nous ont sollicités et ont déployé des efforts significatifs pour nous accueillir. L’accueil a été excellent, et la contribution financière des différents acteurs locaux a facilité notre décision.Le World Connect attire des participants du monde entier, et Séville est une ville magnifique : le choix s’est donc imposé naturellement.

de soulever 300 tonnes et de les transporter à l’autre bout du monde sans recourir aux carburants fossiles. Cela ne signifie pas que nous n’y parviendrons pas, mais nous en sommes encore loin. C’est pourquoi nous aurons le plaisir d’accueillir Bertrand Piccard, qui évoquera ces perspectives. L’avenir passera-t- il par l’hydrogène ou par d’autres carburants ? Il est trop tôt pour le dire. Les investissements nécessaires seront considérables, et ce sont les compagnies aériennes, ainsi que les passagers, qui en supporteront le coût. Le système actuel, basé sur la taxation, pose un réel problème. Les États, à l’origine de ces taxes, ont la fâcheuse tendance à détourner les recettes non pas pour décarboner le transport aérien, mais pour le fragiliser au profit du transport terrestre, supposé moins polluant. C’est, à mes yeux, une véritable escroquerie. Jean-Emmanuel Hay : L’année 2025 s’annonce difficile pour le secteur aérien, qui a connu plusieurs accidents… Jean-Louis Baroux : En effet, 2025 n’est pas une bonne année pour le transport aérien, et le contexte géopolitique est très moyen. Un accident dans l’aérien est toujours terrible, car il ne devrait jamais se produire. Lorsqu’il y a un accident de la route, on parle de fatalité ; on n’en fait pas la une. En une journée, il y a sans doute plus de morts sur les routes que dans l’aviation sur une année entière. Mais l’aérien est supposé être totalement sûr. Je comprends donc la médiatisation de ces drames : ils sont spectaculaires et, en théorie, ne devraient pas avoir lieu. Il faut cependant rappeler que le nombre de morts est infinitésimal par rapport au nombre de vols et de passagers transportés. Le niveau de sécurité du transport aérien n’est pas absolu, mais il frise l’excellence.

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Jean-Emmanuel Hay: Jean-Louis Baroux, airlines are not known for being great communicators. Is this just an impression or a reality? Jean-Louis Baroux: Air transport allows people to be transported from one place to another so that they can meet and exchange ideas. Paradoxically, airlines don’t know how to say this. Their communication often boils down to a question of price, which I find distressing. Jean-Emmanuel Hay: Yes, it’s completely contradictory: being a major player in global communication and not trying to make it known. Jean-Louis Baroux: I’m always surprised to see that major airlines such as British Airways, Air France and Delta don’t communicate about the essential: the fact that they transport passengers from one country to another, from one city to another, ensuring their safety, satisfaction and quality of

experience. Instead, they simply say: ‘Fly with us, we’re cheaper.’ It’s very poor communication, and it pains me. Furthermore, when air transport is attacked by environmental activists, it fails to defend itself properly and is surprised that people are angry with

Historically, in the 1930s, aviation was used primarily to transport mail, not passengers. But it was a dream era, when the world’s major cities were beginning to be connected quickly. Today, aviation is no longer capable of conveying this dreamlike dimension.

“AIR TRANSPORT IS IN ITSELF A FORMIDABLE MEANS OF COMMUMICATION”

Jean-Emmanuel Hay: Could it be because, for those involved in the sector, this obvious fact (enabling people to meet up) is taken for granted? The priority objective would then have become to fill planes, at the cost of trade wars. . Jean-Louis Baroux: That is indeed possible. Given the mechanical

it. This is striking, especially when you consider how much it drives the economy and often guarantees world peace. Jean-Emmanuel Hay: Isn’t this behaviour linked to the very history of aviation?

Jean-Louis Baroux: No, not at all.

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not a good year for air transport, and the geopolitical context is very poor. An accident in aviation is always terrible, because it should never happen. When there is a road accident, we talk about fate; it doesn’t make the headlines. In a single day, there are probably more deaths on the roads than in aviation in an entire year. But air travel is supposed to be completely safe. So I understand why these tragedies are covered by the media: they are spectacular and, in theory, should not happen. However, it should be remembered that the number of deaths is infinitesimal compared to the number of flights and passengers carried. The level of safety in air transport is not absolute, but it borders on excellence. That is why certain accidents are unacceptable. Moreover, they never happen again: investigations are exhaustive, precisely to prevent any recurrence. I am convinced that one day, the Malaysia Airlines plane that disappeared in the Indian Ocean will be found, because we want to understand exactly what happened. Huge sums of money are spent on finding out, understanding and correcting: this is the DNA of air transport. Absolute safety is based on ICAO rules and investigations by the BEA in France, which has its equivalent in every country. Yet some accidents should not happen. In December 2024, a plane crashed into a concrete wall in Korea: it’s unbelievable. The Air India accident, or the collision between a helicopter and an aeroplane in the United States, are similar. These are tragedies that should never happen. The technology exists; it is the human factor that is to blame.

growth of air transport, in the order of 5% per year (which is exceptional), they may have taken this success for granted and were completely caught off guard when some people denounced the nuisance and pollution generated by this mode of transport. The leaders did not think to make it known that they were selling not only a dream, but also gateways to the future for their passengers. That surprises me. It is for this reason that our speakers at World Connect by APG in Seville will be talking about the future of aviation. Jean-Emmanuel Hay: A more environmentally friendly future... Jean-Louis Baroux: We must remain realistic: by 2050, air transport will not be completely carbon-free. We have not yet made the technological leap that would allow us to lift 300 tonnes and transport them to the other side of the world without using fossil fuels.

That doesn’t mean we won’t get there, but we are still a long way off. That is why we are delighted to welcome Bertrand Piccard, who will discuss these prospects. Will the future lie in hydrogen or other fuels? It is too early to say. The necessary investments will be considerable, and it is the airlines, as well as passengers, who will bear the cost. The current system, based on taxation, poses a real problem. The governments that introduced these taxes have an unfortunate tendency to divert the revenue away from decarbonising air transport and towards undermining it in favour of land transport, which is supposed to be less polluting. In my view, this is a real scam. Jean-Emmanuel Hay: 2025 is shaping up to be a difficult year for the aviation sector, which has seen several accidents...

Jean-Louis Baroux: Indeed, 2025 is

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Jean-Emmanuel Hay: Will we soon see fully automated aircraft? Jean-Louis Baroux: That’s a legitimate question. Thalès engineers claim that they know exactly how to fly aircraft in fully automatic mode, in complete safety. But from a sociological point of view, this is not yet accepted. No one is ready, for the moment, to board a pilotless aircraft. Jean-Emmanuel Hay: Air travel has never been so accessible, but one challenge remains: getting all these people through the airports. Jean-Louis Baroux: Going through the airport is often the most unpleasant part of air travel. The new scanners mean you no longer have to take anything out of your luggage, but they are often only installed in certain

areas of the terminals.What’s more, the current random checks slow down the flow of passengers unnecessarily. If such measures were applied in railway stations, trains would simply no longer be able to run. Jean-Emmanuel Hay: World Connect by APG is being held in Seville this year. What motivated the choice of this city? Jean-Louis Baroux: The Seville city council and authorities approached us and made significant efforts to welcome us. The welcome was excellent, and the financial contribution from various local stakeholders made our decision easier. World Connect attracts participants from all over the world, and Seville is a magnificent city, so the choice was a natural one.

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DAILY UNCERTAINTY

INTERVIEW WITH SANDRINE DE SAINT SAUVEUR BY JEAN-EMMANUEL HAY IMAGE APG - ADOBE STOCK - VIETNAM AIRLINES

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Jean-Emmanuel Hay : Au-delà des mots, le pouvoir de la communication dans l’aviation : à l’occasion du World Connect, organisé à Séville, APG développe un thème à multiples facettes qui permet, comme toujours, d’aller bien au-delà de ce que l’on imaginait de prime abord. Cette communication, qui paraît évidente dans le monde de l’aérien (puisque l’avion nous réunit) entre pourtant en contradiction avec la mauvaise communication des compagnies aériennes. Sandrine de Saint Sauveur : La difficulté réside dans le fait que le secteur aérien dans sa globalité ne parle pas d’une seule voix. Et surtout, auprès de qui délivre-t-il un message ? La communication destinée aux gouvernants n’est pas la même que celle destinée au grand public. Par ailleurs, nous constatons qu’aujourd’hui, le grand public a une opinion sur tout, sans disposer des bonnes

finir, qu’ils en deviennent illisibles.Un lobbyiste me disait, très justement, que le transport aérien refuse d’investir dans la communication à la hauteur de ce qu’ont fait d’autres industries, comme celle du sucre, pour améliorer leur image. La comparaison n’est certes pas idéale : contrairement au sucre, l’avion n’est ni une drogue, ni néfaste. Il pourrait pourtant exister un plan de communication mondial, mais les acteurs du transport aérien n’y consacrent pas les moyens nécessaires. Chacune cherche à se protéger de son côté, car l’aérien est aussi un symbole de pouvoir : personne ne veut rien céder, alors qu’il faudrait se rassembler pour défendre et valoriser certains points communs. Jean-Emmanuel Hay : Cette année, le World Connect by APG se déroule à Séville. Quelles ont été vos motivations pour le choix de cette ville ?

“LA COMMUNICATION DANS L’AÉRIEN DEMEURE SUR LA DÉFENSIVE ET NE VA PAS DANS LE SENS DE LA VALORISATION”

Sandrine de Saint Sauveur : J’apprécie les partenaires qui souhaitent sincèrement accueillir notre événement. C’était le cas de la mairie de Séville, qui souhaite attirer des conférences internationales dans la région. APG Espagne ayant déjà des contacts avec eux, les choses se sont faites naturellement. Nous cherchons toujours des villes facilement accessibles, pour organiser le World Connect. L’Europe s’y prête bien et permet d’assurer une vraie qualité de service. Séville coche de nombreuses cases, tout comme Malte, où nous étions l’an dernier, ou Monaco, qui est une destination habituée à accueillir le World Connect by APG. Nous aimons les événements conviviaux, partiellement organisés en extérieur, car cela crée une atmosphère plus agréable. Il n’est donc pas envisagé d’organiser le World Connect au Groenland. Séville, c’est l’Espagne, mais aussi la porte d’entrée de toute l’Amérique latine, une région particulièrement dynamique. Voilà pourquoi nous avons choisi Séville cette année. Jean-Emmanuel Hay : L’an dernier, lors du World Connect by APG, nous évoquions une situation géopolitique déjà complexe. Avec le recul, elle semble moins difficile que celle que nous connaissons aujourd’hui.

informations, tandis que les politiques écoutent un peu tout ce qui se dit, ce qui est problématique. Si nous voulons établir une communication saine, il faut que tout le monde s’exprime dans le même sens. L’immédiateté de l’information est aussi un vrai sujet, alors que les progrès dans l’aviation s’inscrivent dans le long terme. Ce décalage n’intéresse ni les médias, ni les politiques (qui veulent être réélus), ni les écologistes. Surfer sur leur colère est dangereux, car une réaction guidée par la colère ne mène à rien. Jean-Emmanuel Hay : Il est en effet difficile de trouver une bonne communication sur des sujets tels que la décarbonation ou les performances extraordinaires des nouveaux aéronefs. Sandrine de Saint Sauveur : On a parfois l’impression qu’un léger progrès s’opère dans ce domaine, mais la communication reste globalement moyenne. C’est regrettable, car les avancées technologiques sont impressionnantes. En France, les organismes susceptibles de s’exprimer sur le sujet ne parlent pas d’une seule voix. Ils publient parfois des communiqués communs, mais ceux-ci comportent tellement de logos pour

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incertitude, il faut observer sans juger, et adopter l’attitude du poisson-pilote ou du colibri : cette agilité nous permet de nous adapter et de continuer à avancer. Jean-Emmanuel Hay : Le réseau d’APG est divisé en zones géographiques, supervisées par des vice-présidents régionaux. Qui sont-ils et comment sont-ils sélectionnés ? Sandrine de Saint Sauveur : La sélection des Regional Vice- Presidents est assurée par le Président d’APG Network, Richard Burgess. Il les choisit parmi les membres du board, qui compte des représentants de chaque continent. Le critère essentiel est leur capacité à être APG-minded, c’est- à-dire à partager la philosophie du groupe et à fédérer les équipes, une qualité cruciale dans le contexte géopolitique actuel. Certains pays peuvent se retrouver rapidement isolés. Prenons l’exemple de la Bolivie : le gouvernement décide du jour au lendemain d’imposer 60 % de taxes sur les ventes de billets d’avion, le marché s’effondre et notre bureau sur place se retrouve en difficultés, presque coupé du reste du monde. Dans ce genre de situation, on attend du Regional Vice-Président qu’il tente de trouver des solutions pour favoriser la solidarité entre les pays de sa

Sandrine de Saint Sauveur : Nous devons désormais apprendre à vivre dans l’incertitude. Depuis 1945, la croissance reposait sur une forme de stabilité ; ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il faut revoir nos modèles et notre vision du monde. J’ai le sentiment que cette incertitude va durer. Nous suivons de près l’évolution géopolitique, car nous avons des bureaux partout dans le monde et sommes impactés à chaque fois, d’une manière ou d’une autre. Je consacre beaucoup de temps à échanger avec nos partenaires, car la situation est difficile pour certains d’entre eux. Jean-Emmanuel Hay : Quel est l’impact de cette situation sur le réseau APG ? Sandrine de Saint Sauveur : Certains pays se ferment soudainement, empêchant tout business, tandis que d’autres s’ouvrent tout à coup. Lorsque je parle d’instabilité géopolitique, c’est parce que nous ignorons réellement de quoi sera fait demain. Beaucoup continuent de baser leurs analyses sur le passé et sur des schémas anciens, alors que la réalité a profondément changé. Face à cette

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zone.Il existe une véritable écoute entre les membres du réseau, à la fois par région et de manière globale. Que ce soit lors de notre Annual General Meeting au printemps, du General Meeting qui précède le World Connect, ou pendant l’événement lui-même, on constate combien les participants sont heureux de se retrouver. Ces moments leur redonnent confiance alors qu’ils sont parfois isolés face à leurs difficultés quotidiennes. J’échange souvent avec mes collègues inquiets face à l’incertitude dans leur pays : le partage de leur ressenti et de leur vécu permet de rassurer. Le business repose sur la confiance : il faut croire en sa propre capacité d’action et en celle du réseau pour se renouveler et avancer localement. Jean-Emmanuel Hay : Qu’est-ce qui vous ferait encore rêver, dans l’aviation, en matière de communication ? Sandrine de Saint Sauveur : J’aimerais que l’on appelle un chat un chat, et que l’on montre à quel point cette industrie est extraordinaire et porteuse de rêves. Nous sommes des bipèdes, et pourtant, nous faisons voler les gens : c’est fabuleux ! Je souhaiterais que l’on cesse de présenter l’avion comme une simple commodité. C’est une invention remarquable, qui progresse chaque jour grâce à des technologies de pointe. Tant que nous n’expliquerons

pas au grand public à quel point il est exceptionnel de faire décoller un avion à l’heure, en toute sécurité, il continuera de considérer cela comme banal. Or, c’est tout sauf banal : c’est extraordinaire ! Émerveillons-nous. Jean-Emmanuel Hay: Beyond words, the power of communication in aviation: at World Connect, held in Seville, APG is developing a multifaceted theme that, as always, goes far beyond what we might initially imagine. This communication, which seems obvious in the world of aviation (since aeroplanes bring us together), nevertheless contradicts the poor communication of airlines. Sandrine de Saint Sauveur: The difficulty lies in the fact that the aviation sector as a whole does not speak with one voice. And above all, to whom does it deliver its message? Communication aimed at government leaders is not the same as communication aimed at the general public. Furthermore, we see that today, the general public has an opinion on everything without having the right information, while politicians listen to pretty much everything that is said, which is problematic. If we want to establish healthy communication, everyone needs to speak with one voice. The immediacy of information is also a real issue, whereas progress in aviation is a long-term

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endeavour. This mismatch is of no interest to the media, politicians (who want to be re-elected) or environmentalists. Riding the wave of their anger is dangerous, because a reaction guided by anger leads nowhere. Jean-Emmanuel Hay: It is indeed difficult to find good communication on subjects such as decarbonisation or the extraordinary performance of new aircraft. Sandrine de Saint Sauveur: We sometimes get the impression that slight progress is being made in this area, but communication remains average overall. This is regrettable, because the technological advances are impressive. In France, the organisations that could speak out on the subject do not speak with one voice. They sometimes publish joint press releases, but these end up with so many logos that they become unreadable. A lobbyist rightly pointed out to me that the air transport industry refuses to invest in communication to the same extent as other industries, such as the sugar industry, have done to improve their image. The comparison is certainly not ideal: unlike sugar, aeroplanes are neither a drug nor harmful. A global communication plan could exist, but the players in the air transport industry are not

devoting the necessary resources to it. Each one seeks to protect itself, because air travel is also a symbol of power: no one wants to give anything away, when they should be coming together to defend and promote certain common points. Jean-Emmanuel Hay : This year, World Connect by APG is taking place in Seville. What motivated you to choose this city? Sandrine de Saint Sauveur: I appreciate partners who sincerely want to host our event. This was the case with the Seville City Council, which wants to attract international conferences to the region. As APG Spain already had contacts with them, things fell into place naturally. We always look for easily accessible cities to host World Connect. Europe is well suited to this and ensures a high quality of service. Seville ticks many boxes, as did Malta, where we were last year, and Monaco, which is a regular host for World Connect by APG. We like friendly events, partly organised outdoors, because it creates a more pleasant atmosphere. So we’re not planning to organise World Connect in Greenland. Seville is in Spain, but it’s also the gateway to Latin America, a particularly dynamic region. That’s why we chose Seville this year.

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Jean-Emmanuel Hay: L ast year, at World Connect by APG, we discussed a geopolitical situation that was already complex. Looking back, it seems less difficult than the one we are experiencing today. Sandrine de Saint Sauveur: We need to rethink our models and our vision of the world. I have a feeling that this uncertainty is going to last. We

hummingbird: this agility allows us to adapt and keep moving forward. Jean-Emmanuel Hay : The APG network is divided into geographical areas, supervised by Regional Vice-Presidents. Who are they and how are they selected? Sandrine de Saint Sauveur: The selection of Regional Vice-Presidents

the spring, the General Meeting preceding World Connect, or during the event itself, it is clear how happy participants are to be together. These moments restore their confidence when they are sometimes isolated in the face of their daily difficulties. I often talk to colleagues who are worried about the uncertainty in their countries: sharing their feelings and experiences helps to reassure

“SINCE 1945, GROWTH HAS BEEN BASED ON A FORM OF STABILITY. WE MUST NOW LEARN TO LIVE WITH UNCERTAINTY“

are closely monitoring geopolitical developments, because we have offices all over the world and are impacted in one way or another every time something happens. I spend a lot of time talking to our partners, because the situation is difficult for some of them. Jean-Emmanuel Hay: How is this situation affecting the APG network? Sandrine de Saint Sauveur: Some countries are suddenly closing their borders, preventing any business from taking place, while others are suddenly opening up. When I talk about geopolitical instability, it is because we really do not know what tomorrow will bring. Many people continue to base their analyses on the past and on old patterns, even though reality has changed profoundly. Faced with this uncertainty, we must observe without judging and adopt the attitude of the pilot fish or the

is carried out by the President of APG Network, Richard Burgess. He chooses them from among the members of the board, which includes representatives from each continent. The key criterion is their ability to be APG-minded, i.e. to share the group’s philosophy and unite teams, a crucial quality in the current geopolitical context. Some countries can quickly find themselves isolated. Take Bolivia, for example: the government decided overnight to impose a 60% tax on airline ticket sales, the market collapsed and our local office found itself in difficulty, almost cut off from the rest of the world. In this type of situation, the Regional Vice-President is expected to try to find solutions to promote solidarity between the countries in his or her zone. There is a real sense of listening between members of the network, both regionally and globally. Whether at our Annual General Meeting in

them. Business is based on trust: you have to believe in your own ability to take action and in that of the network in order to renew yourself and move forward locally. Jean-Emmanuel Hay: What would still make you dream, in aviation, in terms of communication? Sandrine de Saint Sauveur: I would like us to call a spade a spade and show how extraordinary this industry is and how it inspires dreams. We are bipeds, and yet we make people fly: it’s fabulous! I would like us to stop presenting aeroplanes as a mere convenience. It is a remarkable invention, which is advancing every day thanks to cutting-edge technologies. Until we explain to the general public how exceptional it is to get a plane off the ground on time and safely, they will continue to consider it mundane. But it is anything but mundane: it is extraordinary! Let’s marvel at it.

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A HUGE CARGO DEVELOPMENT

INTERVIEW WITH RICHARD BURGESS BY JEAN-EMMANUEL HAY IMAGE ADOBE STOCK - CHINA EASTERN - LUFTHANSA - RICHARD BURGESS

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Jean-Emmanuel Hay : Richard Burgess, en tant que Président du réseau APG, quelles sont les tendances cette année en termes de développement, tant pour le transport de passagers que pour le transport de fret, compte tenu du contexte géopolitique complexe, qui semble se détériorer de jour en jour ? Comment cela affecte-t-il les affaires ? Richard Burgess : Depuis la Covid, notre activité s’est considérablement développée. Dans l’ensemble, la tendance est très positive. L’un de nos principaux axes a été le développement de notre plateforme NDC, qui compte désormais 44 transporteurs. La semaine dernière, nous avons signé un accord avec le

groupe Lufthansa, ajoutant toutes ses compagnies aériennes à la plateforme. Nous considérons qu’il s’agit d’un produit très prometteur pour l’avenir. Cela dit, l’adoption du NDC a été plus lente que prévu. Elle nécessite des ressources importantes de la part des compagnies aériennes, mais nous restons convaincus qu’elle deviendra un canal de distribution courant dans les années à venir. Notre plateforme Interline est également en pleine expansion, aidant les compagnies aériennes à capter le trafic et les revenus de marchés nouveaux et lointains qui étaient auparavant difficiles d’accès. Pour l’avenir, les perspectives pour APG sont très positives. Cependant,

comme vous l’avez mentionné, nous ne sommes pas à l’abri des défis géopolitiques. Les conflits et l’instabilité dans certaines régions sont non seulement tragiques au niveau local, mais ils perturbent également fortement le secteur de l’aviation. Les incertitudes politiques affectent également les flux de trafic, en particulier aux États-Unis, où nous constatons une baisse de la demande à l’entrée et à la sortie du pays. Cela met à mal la viabilité des liaisons. Ceci dit, le secteur de l’aviation a toujours connu des hauts et des bas. Il est résilient et s’adapte rapidement. Nous restons convaincus que la demande des passagers continuera de croître, avec davantage de personnes voyageant vers plus de destinations, dans le monde entier.

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Jean-Emmanuel Hay : Comment se porte le réseau APG ? Quelles sont les nouveautés depuis le dernier World Connect ? Avez-vous de nou- veaux partenaires ? Richard Burgess : Au cours des 12 derniers mois, nous nous sommes principalement concentrés sur l’expansion de notre réseau de fret. Nous disposons désormais de 72 bu- reaux de fret dans le monde. Nous en avions 25 il y a quelques années, lorsque nous avons commencé, prin- cipalement par le biais des divisions de nos partenaires passagers. Bien que ce chiffre soit encore loin des 120 bureaux que nous avons pour les services passagers, il s’agit d’un progrès significatif. Nous avons également identifié des marchés de

Jean-Emmanuel Hay : Vous passez beaucoup de temps en Asie où vous entretenez des relations de longue date, qui remontent à l’époque où vous travailliez pour Air China. Quelles sont les différences fonda- mentales entre le développement de l’aviation en Asie et en Europe, et comment les hommes d’affaires asiatiques perçoivent-ils nos prob- lèmes européens ? Richard Burgess : J’ai en effet des liens étroits avec la Chine depuis mon passage chez Air China, et j’ai été ravi d’y retourner récemment. La Chine reste un moteur impor- tant de la croissance du transport aérien en Asie, en grande partie grâce à l’énorme demande de voy- ages intérieurs. La concurrence reste

fret solides où nos concurrents sont peu présents, ce qui nous donne un réel avantage. En outre, nous avons reproduit no- tre programme Interline dans le do- maine du fret. Nous avons désormais plus de 60 accords interlignes de fret avec des compagnies aériennes du monde entier. Du côté du transport de passagers, notre réseau couvre déjà le monde de manière très dense. Nous avons ajouté quelques nouveaux parte- naires et nous nous intéressons ac- tivement à l’Afrique, où nous voyons de grandes opportunités. Des pays comme le Congo, le Cap-Vert et l’Angola présentent un intérêt par- ticulier : nous souhaitons renforcer notre couverture déjà solide sur tout le continent.

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féroce, ce n’est donc plus la “vache à lait” facile qu’elle était autrefois, mais les revenus restent élevés. L’ampleur est frappante : Air China, China Eastern et China Southern exploitent chacune plus de 700 avions, se classant parmi les plus grandes compagnies aériennes au monde. Le trafic international vers la Chine n’a pas encore re-

emprunter des itinéraires plus longs et plus coûteux qui rendent leurs tarifs moins compétitifs par rapport aux transporteurs chinois. Dans le même temps, la Chine a fait d’énormes progrès en matière de numérisation et d’innovation. Le rééquili- brage de son économie après quelques années difficiles

“LA CHINE DÉPASSE LARGEMENT CE QUE NOUS CONSIDÉRONS COMME AVANCÉ EN MATIÈRE D’INNOVATIONS TECHNOLOGIQUES EN OCCIDENT”

trouvé son niveau d’avant la pandémie. Les transpor- teurs chinois sont sur le point de se redresser, mais les transporteurs étrangers n’atteignent qu’environ 50 % des volumes d’avant la pandémie. Le principal problème pour les compagnies aériennes européennes est la priva- tion des droits de survol de la russie, ce qui les oblige à

va encore alimenter la croissance du secteur aérien. L’ampleur même de la demande (plus d’un milliard de personnes souhaitant voyager pour les affaires et les loisirs) continuera à faire progresser le secteur. Dans l’ensemble de l’Asie, la croissance est forte, en particulier dans le secteur low-cost. Contrairement à l’Europe, où plusieurs compagnies aériennes desservent de nombreux petits pays, la géographie de l’Asie crée une dynamique différente, avec un accent plus marqué sur les vols internationaux. Si les questions géopolitiques en Europe et aux États-Unis préoccupent l’Asie, le trafic régional continue de croître de manière robuste. Cela se reflète dans nos chiffres d’affaires, et l’Asie reste une excellente région de croissance pour APG. Jean-Emmanuel Hay : La Chine fait de grands progrès dans le domaine technologique et investit massivement dans son réseau ferroviaire à grande vitesse. Pensez-vous que cela constituera une menace pour les compagnies aériennes à l’avenir ? Richard Burgess : Le train à grande vitesse en Chine est depuis des années un concurrent sérieux pour le trans- port aérien intérieur. Entre 2010 et 2020, la Chine a con- struit le plus grand réseau ferroviaire à grande vitesse au monde, avec environ 40 000 à 50 000 kilomètres de voies, créant ainsi une connectivité sans faille à travers le pays. Les trains offrent un excellent rapport qualité-prix, avec des classes affaires et première classe comparables aux sièges inclinables des compagnies aériennes, et la fréquence des trajets entre les grandes villes est très élevée. Il est désormais possible de voyager rapidement

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