Jean-Emmanuel Hay : Ne serait-ce parce que, pour les acteurs du secteur, cette évidence (permettre aux gens de se retrouver) est acquise ? L’objectif prioritaire serait alors devenu de remplir les avions, au prix de guerres commerciales. Jean-Louis Baroux : C’est possible en effet. Compte tenu de la croissance mécanique du transport aérien, de l’ordre de 5 % par an (ce qui est exceptionnel), ils ont pu considérer cette réussite comme une évidence; et ont été totalement pris de court lorsque certains ont dénoncé les nuisances et la pollution générées par ce mode de transport. Les dirigeants n’ont pas pensé à faire savoir qu’ils vendaient non seulement du rêve, mais aussi des passerelles vers l’avenir de leurs passagers. Cela me surprend. C’est d’ailleurs pour cette raison que nos intervenants, au World Connect by APG de Séville, parleront du futur de l’aviation. Jean-Emmanuel Hay : Un futur plus respectueux de l’environnement… Jean-Louis Baroux : Il faut rester lucide, d’ici 2050, le transport aérien ne sera pas totalement décarboné. Nous n’avons pas encore réalisé le saut technologique qui permettrait
Airways, Air France ou Delta ne communiquent pas sur l’essentiel : le fait de transporter des passagers d’un pays à un autre, d’une ville à une autre, en veillant à leur sécurité, à leur satisfaction et à la qualité de leur expérience. Au lieu de cela, elles se contentent de dire : « Volez avec nous, nous sommes moins chers. » C’est une communication d’une grande pauvreté, et cela me peine. Par ailleurs, lorsque le transport aérien est attaqué par des activistes écologistes, il ne parvient pas à se défendre correctement et s’étonne qu’on lui en veuille. C’est frappant, surtout quand on sait à quel point il est un moteur de l’économie et souvent un garant de la paix dans le monde. Jean-Emmanuel Hay : Ce comportement n’est-il pas lié à l’histoire même de l’aviation ? Jean-Louis Baroux : Non, pas du tout. Historiquement, dans les années 1930, l’aviation servait avant tout à transporter le courrier, et non des passagers. Mais c’était une époque de rêve, celle où l’on commençait à relier rapidement les grandes métropoles du monde. Aujourd’hui, l’aviation n’est plus capable de transmettre cette dimension onirique.
Au-delà des mots, le pouvoir de la communication dans l’aviation : tel est le thème développé lors du World Connect by APG de Séville, du 29 au 31 octobre 2025.
Jean-Emmanuel Hay : Jean-Louis Baroux, les compagnies aériennes ne sont pas réputées pour être de grandes communicantes. Est-ce une impression ou un réel constat ? Jean-Louis Baroux : Le transport aérien est en lui-même un formidable moyen de communication, puisqu’il permet de transporter des personnes d’un lieu à un autre pour qu’elles puissent se rencontrer et échanger. Paradoxalement, les compagnies aériennes ne savent pas le dire. Leur communication se résume bien souvent à une question de prix, ce que je trouve affligeant. Jean-Emmanuel Hay : Oui, c’est tout à fait antinomique : être un acteur majeur de la communication mondiale et ne pas chercher à le faire savoir. Jean-Louis Baroux : Je suis toujours surpris de constater que de gran- des compagnies comme British
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