C’est pourquoi certains accidents sont inacceptables. D’ailleurs, ils ne se reproduisent jamais : les enquêtes menées sont exhaustives, précisément pour éviter toute répétition. Je suis convaincu qu’un jour, on retrouvera l’avion de Malaysia Airlines, disparu dans l’océan Indien, parce que l’on veut comprendre exactement ce qui s’est passé. D’immenses sommes sont dépensées pour savoir, comprendre et corriger : c’est l’ADN du transport aérien. La sécurité absolue repose sur les règles de l’OACI et sur les enquêtes du BEA en France, qui a son équivalent dans chaque pays.Pourtant, certains accidents ne devraient pas se produire. En décembre 2024, un avion a percuté un mur de béton en Corée : c’est invraisemblable. L’accident d’Air India, ou encore la collision entre un hélicoptère et un avion aux États-Unis, sont du même ordre. Ce sont des drames qui ne devraient jamais arriver. La technologie existe ; c’est le facteur humain qui en est la cause. Jean-Emmanuel Hay : Verra-t-on bientôt des aéronefs entièrement automatisés ? Jean-Louis Baroux : C’est une question légitime. Les ingénieurs de Thalès affirment qu’ils savent parfaitement faire voler des avions en mode entièrement automatique, en toute sécurité. Mais, d’un point de vue sociologique, cela n’est pas encore accepté. Personne n’est prêt, pour l’instant, à monter dans un avion sans pilote. Jean-Emmanuel Hay : Le transport aérien n’a jamais été aussi accessible, mais un défi demeure : faire transiter tout ce monde par les aéroports. Jean-Louis Baroux : Le passage à l’aéroport est souvent l’aspect le plus désagréable d’un voyage en avion. Les nouveaux scanners permettent de ne plus rien sortir des bagages, mais ils ne sont souvent installés que dans certaines zones des terminaux. De plus, les contrôles aléatoires actuels ralentissent inutilement les flux. Si de telles mesures étaient appliquées dans les gares ferroviaires, les trains ne pourraient tout simplement plus circuler. Jean-Emmanuel Hay : Le World Connect by APG se tient cette année à Séville. Qu’est-ce qui a motivé le choix de cette ville ? Jean-Louis Baroux : La municipalité et les autorités sévillanes nous ont sollicités et ont déployé des efforts significatifs pour nous accueillir. L’accueil a été excellent, et la contribution financière des différents acteurs locaux a facilité notre décision.Le World Connect attire des participants du monde entier, et Séville est une ville magnifique : le choix s’est donc imposé naturellement.
de soulever 300 tonnes et de les transporter à l’autre bout du monde sans recourir aux carburants fossiles. Cela ne signifie pas que nous n’y parviendrons pas, mais nous en sommes encore loin. C’est pourquoi nous aurons le plaisir d’accueillir Bertrand Piccard, qui évoquera ces perspectives. L’avenir passera-t- il par l’hydrogène ou par d’autres carburants ? Il est trop tôt pour le dire. Les investissements nécessaires seront considérables, et ce sont les compagnies aériennes, ainsi que les passagers, qui en supporteront le coût. Le système actuel, basé sur la taxation, pose un réel problème. Les États, à l’origine de ces taxes, ont la fâcheuse tendance à détourner les recettes non pas pour décarboner le transport aérien, mais pour le fragiliser au profit du transport terrestre, supposé moins polluant. C’est, à mes yeux, une véritable escroquerie. Jean-Emmanuel Hay : L’année 2025 s’annonce difficile pour le secteur aérien, qui a connu plusieurs accidents… Jean-Louis Baroux : En effet, 2025 n’est pas une bonne année pour le transport aérien, et le contexte géopolitique est très moyen. Un accident dans l’aérien est toujours terrible, car il ne devrait jamais se produire. Lorsqu’il y a un accident de la route, on parle de fatalité ; on n’en fait pas la une. En une journée, il y a sans doute plus de morts sur les routes que dans l’aviation sur une année entière. Mais l’aérien est supposé être totalement sûr. Je comprends donc la médiatisation de ces drames : ils sont spectaculaires et, en théorie, ne devraient pas avoir lieu. Il faut cependant rappeler que le nombre de morts est infinitésimal par rapport au nombre de vols et de passagers transportés. Le niveau de sécurité du transport aérien n’est pas absolu, mais il frise l’excellence.
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BORN TO BE A BIRD BY CLASS & RELAX
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