le transport aérien. De nouveaux phénomènes sont ap- parus, notamment les interdictions de survol de certains territoires, ce qui affecte fortement les compag- nies aériennes. Autrefois, même si l’atterrissage dans un pays était im- possible, la liberté de survoler son espace aérien demeurait. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Certains États interdisent désormais à cer- taines compagnies de traverser leur territoire, ce qui complique consi- dérablement les routes. Ainsi, pour relier l’Europe à l’Asie, qu’il s’agisse de l’Asie du Sud-Est ou du Nord, les trajets sont aujourd’hui plus longs, car des zones entières ne peuvent plus être survolées. Commercialement, cette situation nuit à la compétitivité des com- pagnies concernées : un allonge- ment du vol de deux heures en- traîne nécessairement un surcoût en carburant. Il faut rappeler que, sur un long- courrier, environ 50 % du carburant consommé sert à transporter le
Jean-Emmanuel Hay : Le thème du World Connect by APG cette année, « Au-delà des mots, le pouvoir de la communication dans l’aviation », est vaste et devrait ouvrir de nom- breuses perspectives sur les dével- oppements à venir. Antoine Huet : Effectivement, c’est un sujet à multiples facettes. Le trans- port aérien fascine à la fois les médias et le grand public, car il fait rêver tout en suscitant des opinions très diver- gentes. Lorsqu’un avion fait demi- tour à la suite d’un incident, même mineur, l’information est relayée dans le monde entier. En revanche, per- sonne ne parle d’un car contraint de revenir à son point de départ pour des raisons techniques, ou d’un train immobilisé pendant des heures à des milliers de kilomètres de chez soi. Dès qu’il s’agit d’un avion, chacun a son mot à dire, spécialiste ou non, et de nombreuses idées fausses cir- culent. Par exemple, lorsqu’on de- mande à des personnes quelle est la contribution du transport aérien aux émissions mondiales de CO2, les réponses varient souvent entre 10 %, 15 %, voire 20 % et jusqu’à 30 %. En réalité, elle ne dépasse pas 2,5 à 3 %.
Les avions sont très visibles dans le ciel, notamment avec leurs traînées blanches, que beaucoup pensent être des émissions polluantes, alors qu’il ne s’agit que de condensation. Il est évidemment néfaste de lais- ser perdurer de telles idées reçues : les compagnies aériennes se retrou- vent ainsi sur la défensive, au lieu d’adopter une posture proactive. Cependant, il n’est pas aisé de com- muniquer simplement sur des sujets aussi complexes que l’environnement. Revenir sur des préjugés profondé- ment ancrés est toujours difficile, surtout lorsqu’ils concernent des sujets sensibles. Jean-Emmanuel Hay : En tant que Secrétaire Général d’APG, vous avez en charge le réseau des bureaux du groupe. La situation géopolitique mondiale, qui semble se dégrader, a-t-elle un impact sur votre activité ? Antoine Huet : Il est certain que la situation s’est complexifiée. Le trans- port aérien, c’est un peu comme le disait un ancien slogan des Galeries Lafayette : « Il s’y passe toujours quelque chose. » Chaque événement sur la planète a des répercussions sur
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BORN TO BE A BIRD BY CLASS & RELAX
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