Finances News Hebdo N° 1052

JEUDI 27 JANVIER 2022 /

FINANCES NEWS HEBDO

www.fnh.ma

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SPÉCIAL BANQUES

BMCI

«La gestion des risques climatiques est parfaitement intégrée dans nos process de financement» ◆ La banque s’est progressivement désengagée du financement de plusieurs secteurs (gaz non conventionnel, pétrole, charbon, tabac…).

◆ La crise sanitaire contribue à éveiller les consciences sur les sujets environnementaux. ◆ La directive de Bank Al-Maghrib met l’ensemble du secteur sur un même pied d’égalité. ◆ Entretien avec Chama Bennani, responsable de l'Engagement à la BMCI.

leur consommation d'énergie respectivement de 44,25% et de 41,8% à fin décembre. D’autres actions peuvent être citées, comme l’installation des panneaux photovoltaïques sur le toit qui a permis de réduire la facture énergétique de 10%, un fonctionnement des installations adapté aux horaires des collabo- rateurs et l'éclairage qui a été remplacé par des LED…etc. F.N.H. : Comment décidez-vous de vos financements, compte tenu de ces risques ? Ch. B. : Pour ce qui est de l’impact direct en lien avec nos financements, nous sommes aujourd’hui confrontés à des enjeux éthiques très variés et cela requiert évidemment une vigilance accrue dans les décisions de finan- cement et d'investissement. D'autres enga- gements du groupe sont aussi applicables à la BMCI. Par rapport aux secteurs du pétrole et du gaz, notre groupe s'engage à réduire de 10% le montant de son exposition de crédits aux activités d'exploration, de production de pétrole et de gaz d'ici 2025. Du côté du pétrole et du gaz non conventionnel, nous avons cessé de fournir tous nos services financiers, que ce soit chez le groupe BNP Paribas ou à la BMCI. Ainsi, l'exposition de crédits est passée de 4 milliards d'euros en 2016 à zéro en 2020. Le dernier engagement est lié à l’industrie du charbon : en 2017, nous avons cessé tout nouveau financement de projets de centrales à charbon. Plus récem- ment, en 2020, c’est une sortie du charbon qui est annoncée d'ici 2030 en Europe et d'ici 2040 pour les pays OCDE. Concrètement, nous n'acceptons plus aucun nouveau client qui a un chiffre d'affaires lié au charbon supérieur à 25%, et nous refusons tout nouveau financement de centrales à charbon.

Propos recueillis par Y. Seddik

Finances News Hebdo : Tout d’abord, comment s'est opérée la prise de conscience sur les sujets du climat et de l'environnement au niveau du groupe BMCI ? Chama Bennani : La prise de conscience sur ces sujets ne date pas d'aujourd'hui. Elle s'est faite progressivement. Il y a eu plusieurs facteurs qui ont contribué à cette prise de conscience, le premier étant la régulation. Il y a 20 ans de cela, la France publiait une loi sur les nouvelles régulations économiques qui demandait aux 400 grandes entreprises cotées de faire état des conséquences sociales de leurs activités et de les inscrire dans leur rapport annuel de gestion. C'est comme ça que tout a démarré, et que le groupe a mis en place une structure qui adresse cette thématique. L'ensemble a pris un coup d'accélérateur en 2015 avec, comme vous le savez, l'accord de Paris. Ensuite, avec la publication des 17 objectifs de déve- loppement durable de l'ONU. En plus de la régulation, il y a aussi la pression des ONG et de la société civile qui scrutent de plus en plus les pratiques ESG des banques, qui sont elles aussi exposées à des controverses potentielles. Tout cela a fait qu'une plus grande conscience col- lective de l'urgence de la situation est née. L'ensemble des parties prenantes, que ce soit nos clients, nos fournisseurs, les régu- lateurs, les collaborateurs aussi, s'accordent pour dire qu'une entreprise doit tenir compte de son empreinte et rendre des comptes. C’est une conviction très forte que porte notre groupe et qui l’a même inscrite dans sa raison d'être en 2019. Les sujets de transition énergétique, de biodiversité sont aujourd'hui

un axe majeur de la politique d'engagement. À la BMCI, nous suivons le même chemin et nous profitons de l'expérience du groupe dont nous bénéficions. La BMCI a mis en place depuis 2012 une politique RSE autour de quatre grands piliers : économique, social, civique et environnemental. En effet, notre empreinte environnemen- tale directe se mesure avec nos émissions propres à nos bâtiments, à nos déplace- ments professionnels, notre consommation de papier et de déchets aussi, et cet impact est mesuré annuellement. Dans le cadre de cette démarche de l'impact propre, nous pouvons citer comme actions et résultats, nos deux bâtiments La Perna et la Colline, qui ont été primés en 2021 lors de la 5 ème édition d'un concours international «Concours Cube». Ils ont en effet pu réduire

En plus de la régulation, il y a aussi la pression des ONG et de la société civile qui scrutent de plus en plus les pratiques ESG des banques.

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