La régénération du vivant pour les décisions d’entreprise

NOUS SOMMES VIVANTS — Ce que la régénération du vivant change pour les décisions d'entreprise

opérationnel essentiel : dans les organisations, les divergences sur les choix stratégiques ne sont souvent pas des désaccords techniques mais des divergences d'imaginaires non nommées. Les acteurs parlent le même langage technique, utilisent les mêmes indicateurs, mais ne visent pas la même chose. L'enjeu n'est pas de faire disparaître ces différences — elles reflètent la diversité des rôles et des temporalités — mais de permettre une convergence directionnelle : aller dans la même direction sans penser exactement la même chose. Rendre visibles les imaginaires permet de sortir de débats apparemment techniques qui masquent des divergences de valeurs. La Fresque des imaginaires pose les mêmes quatre étapes. Construite à partir des quatre relations humain-nature identifiées par l'IPBES et des travaux d'éthique environnementale de Nicole Huybens, la Fresque des imaginaires (présentée à Biomim'expo) structure quatre visions de l'écologie — sobriété/conformité, technologie/optimisation, justice sociale/réparation, régénération/co-évolution — qui correspondent à Limiter, Réduire, Restaurer, Régénérer. Les quatre imaginaires de l'écologie ne sont pas une classification abstraite : ils permettent aux participants de situer leur entreprise et leurs produits dans la progression, et d'ouvrir des perspectives d'innovation régénérative. La veille sectorielle illustrée avec des marques dans chaque imaginaire alimente chaque session. Le fondement scientifique est le cadre IPBES des Nature's Contributions to People (NCP). Pascual et al. (2017) distinguent trois types de valeurs qui structurent les relations humain-nature : les valeurs instrumentales — la nature comme moyen d'atteindre une fin (N1-N2) ; les valeurs intrinsèques — la valeur inhérente aux êtres vivants indépendamment de leur utilité pour les humains (N3) ; les valeurs relationnelles — la valeur qui émerge des relations réciproques et interdépendantes entre humains et non humains (N4). C'est cette troisième catégorie qui fonde le design régénératif : les relations mutuellement bénéfiques entre êtres vivants d'un territoire comme source de valeur économique, sociale et écologique. → Pascual et al., Valuing nature's contributions to people : the IPBES approach , 2017 Source : IPBES — Rapport d'évaluation sur l'estimation des valeurs de la nature et les différentes valeurs de la nature Quatre rapports au vivant Une pensée des relations entre êtres vivants humains et non humains Note IPBES — Visions du monde : Anthropocentrique — les humains sont prioritaires ; dans sa version forte, la nature est une ressource au service de l'homme ; dans sa version faible/relationnelle, la dépendance aux autres êtres vivants est reconnue. Bio/écocentrique — la valeur intrinsèque de chaque organisme, espèce et écosystème est reconnue, indépendamment de son utilité pour les humains. Pluricentrique — les relations entre humains et êtres non humains sont réciproques, interdépendantes et enchâssées ; la vision cosmocentrique, proche, insiste sur le rôle propre de chaque élément — objets, humains, animaux, terres, eaux — dans le maintien de l'ensemble. Source : IPBES, Values Assessment (Hargrove, 1992 ; Norton, 1984 ; Callicott, 1989 ; Gould et al., 2019). → Les rapports de prédation : un jeu périlleux de domination entre les humains et envers la nature — pourquoi la prédation n'est pas un instinct inévitable mais un type de relation, et comment la régénération en est l'exact inverse. → Lecture croisée : le rapport du Sénat × le livre blanc NSV — convergences, chaînon manquant, groupe de travail triple profitabilité. → Rapport Opération Milliard : mesurer la valeur sociale — l'écologie, la justice sociale et la gouvernance démocratique sont la même question posée depuis des angles différents. Chacune est certifiée Qualiopi, déployée en trois heures, conçue pour être intégrée dans un parcours de transformation (Capacity Score → fresques → RegenBMC → retour Capacity Score). Les trois fresques ensemble couvrent les trois dimensions de la montée en capacité humaine : comprendre autrement (cognition), ressentir autrement (émotions), imaginer autrement (imaginaires). Sans ce travail intérieur — la prémisse 4 de Regenesis — les outils stratégiques (RegenBMC, Capacity Score) restent des exercices intellectuels. Avec lui, ils deviennent des instruments de transformation réelle. Ce parcours encode la boucle que Folke et al. décrivent comme le cycle adaptatif et que Hahn & Tampe appellent l'approche managériale adaptative. La bascule des modèles économiques (section 6.1) et la bascule des modèles mentaux (section 6.2) ne se décrètent pas — elles s'incarnent dans un leadership . La prise de conscience des rapports de prédation entre les humains et la nature est nécessaire à la prochaine évolution des comportements. Passer de la prédation à la régénération est une bascule de modèle mental majeure. Mais si on osait « prendre » le leadership, celui du vivant — chacun à sa juste place, dans la coopération, là où on peut le mieux contribuer avec les autres ? Le leadership régénératif n'est pas un style de management — c'est la capacité collective à prospérer en tenant compte des interdépendances avec le vivant. Si la régénération consiste à « donner aux êtres vivants (dont les humains) les ressources leur permettant d'être en capacité d'atteindre leur plein potentiel dans leur environnement », alors le leadership du vivant est la posture qui rend cette ambition praticable dans une organisation. Il dépasse la simple gestion pour devenir conversation systémique avec les écosystèmes humains et non humains . Il implique une bascule intérieure, une intelligence collective et une vision élargie des impacts. Il invite dirigeants, organisations et territoires à agir dans un cadre vivant et interconnecté, plutôt que dans une logique linéaire. Le point fort de l'approche « Leadership du vivant » telle que portée par Nous Sommes Vivants : elle ne cherche pas d'abord à gagner une bataille de mots. Elle cherche à rendre la régénération opératoire — c'est-à-dire praticable, vérifiable, transmissible. On n'est pas dans une morale, ni dans une définition parfaite : on est dans un cadre de bascule, une trajectoire de maturité, des modalités d'action et surtout un ancrage dans le concret — produits, services, filières, territoires, organisations. Le Regenerative Circle Leadership est la formation de Nous Sommes Vivants qui accompagne cette bascule. Elle s'inscrit dans l'approche des systèmes vivants ( living systems ) partagée par les principaux courants du développement régénératif : le monde n'est pas une machine à optimiser, mais un ensemble de systèmes vivants imbriqués, interdépendants et évolutifs. Sa singularité tient dans sa traduction pragmatique dans les décisions, les modèles économiques et la gouvernance des organisations.

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