Découvrez le numéro 981 de Finances News Hebdo, premier hebdomadaire de l'information financière au Maroc
Du 27 février 2026 - 8 DH - N° 1227
PREMIER HEBDOMADAIRE DE L'INFORMATION FINANCIÈRE AU MAROC
Directeur de la publication : Fatima Ouriaghli
Marché obligataire
Emploi
La baisse du chômage peine à profiter aux jeunes
La tension recule, la vigilance reste de mise
P. 8
P.17 à 21
P. 14/15
Libéralisation des pharmacies Faut-il ouvrir la porte aux «Moul chkara» ?
Paiement mobile
Tourisme
Une mutation en cours, sans rupture avec le cash
Croissance record et nouveaux défis Entretien avec Hamid Bentaher, président de la Confédération nationale du tourisme
Entretien avec Abdelmadjid Belaïche, expert en industrie pharmaceutique
P.24 à 27
P. 23
P. 10
Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massira El Khadra, Casablanca - Tél. : (0522) 98.41.64/66 - Fax : (0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma
SOMMAIRE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 27 FÉVRIER 2026
Voyons voir : Trump vs Cour suprême : Du camou- flet à la guerre commerciale 4 ACTUALITÉ
29 ENTREPRISE
Editorial
Mobile et maison connectée : Orange Maroc dévoile ses nouvelles solutions
BOURSE & FINANCES
Point Bourse Hebdo : Le MASI gagne du terrain dans un marché en veille Akdital : Des revenus en hausse de près de 50% à fin 2025 Marché obligataire : La tension recule, la vigilance reste de mise CFG Bank : Forte croissance des bénéfices Paiement mobile : Une mutation en cours, sans rup- ture avec le cash Vicenne : Le chiffre d’affaires franchit le cap du milliard de DH Entretien avec Othmane Arhmir : BMCI, «La certifi- cation Top Employer n’est pas une finalité, mais un levier d’amélioration continue»
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Fatima Ouriaghli Directeur général, Responsable de la publication
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Ukraine-Russie La guerre d’usure qui redessine l’Europe
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30 L'UNIVERS DES TPME
Entretien avec Badreddin Dardour : Cyber Sqool, «Notre ambition est de passer de la prévention à la protection prédictive active»
U
ne évidence s’impose : Vladimir Poutine n’a pas gagné l’«opération militaire spéciale» engagée contre l’Ukraine qu’il pensait régler en quelques jours et l’Europe, elle, vit désormais avec une guerre permanente à ses frontières. Le bilan humain de ce conflit entamé le 24 février 2022 donne le vertige. En quatre ans, près de 1,8 mil- lion de militaires russes et ukrainiens ont été mis hors de combat,
dont environ 500.000 morts. A cela s’ajoutent plus de 50.000 victimes civiles ukrainiennes tuées ou blessées et plus de 10 millions d’Ukrainiens déplacés, soit un quart de la population d’avant-guerre. Ces chiffres terribles, même s’ils restent approximatifs, montrent qu’il s’agit du conflit le plus meurtrier qu’ai connu le continent européen depuis la seconde guerre mondiale. Et tout cela pour gagner quoi ? Juste quelques kilomètres au prix de dizaines de milliers de vies. En effet, militairement, Moscou contrôle aujourd’hui près de 20% du territoire ukrainien. Pourtant, après quatre années de combats et des pertes gigan- tesques, les gains récents représentent moins de 1% supplémentaire du ter- ritoire ukrainien. La Russie avance lentement, mais sans percée stratégique décisive. Même les succès territoriaux de la quatrième année restent minuscules au regard du coût humain engagé. C’est tout le paradoxe de cette guerre, car la Russie progresse sans gagner, l’Ukraine résiste sans reprendre l’avantage. Volodymyr Zelensky affirme que Vladimir Poutine «n’a pas atteint ses objectifs». Le président ukrainien a raison sur un point fondamental : Kiev n’est pas tombée, l’Etat ukrainien existe toujours et la société ukrainienne s’est transformée en nation de guerre. L’invasion destinée à briser l’Ukraine a produit l’effet inverse, puisqu’elle l’a consolidée politiquement et identitairement. Mais le Kremlin ne parle pas non plus de défaite. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, rappelle que les objectifs russes ne sont «pas encore atteints» et que l’opération militaire se poursuivra. Autrement dit, Moscou parie sur le temps. Sur l’usure ukrainienne. Sur la fatigue occidentale. Sur les divisions européennes. Et ces divisions existent. Le président français Emmanuel Macron reconnaît lui-même être «très scep- tique» quant à une paix à court terme. Cette phrase résume la situation réelle mieux que tous les communiqués diplomatiques. S’il y a des discussions et des médiations américaines, aucune des conditions fondamentales d’un compromis n’est pourtant réunie. Parce que Moscou exige des concessions territoriales majeures, alors que Kiev refuse de céder, ce qui équivaudrait à valider l’invasion. Alors, personne ne gagne vraiment, mais personne ne s’effondre. Surtout, per- sonne n’est encore prêt à perdre. Résultat : la diplomatie tourne et la guerre continue. Et pendant ce temps, l’Ukraine survit grâce à une perfusion occiden- tale permanente. La guerre est donc devenue collective sans être officiellement mondiale. L’Ukraine combat, mais l’Occident soutient. La Russie affronte Kiev, mais défie en réalité l’architecture sécuritaire européenne entière. Outre le lourd tribut humain, le coût financier à long terme sera colossal. La reconstruction ukrainienne est déjà estimée à 588 milliards de dollars sur la prochaine décennie. u
ECONOMIE
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Marché du ciment : Un oligopole sous surveillance Commerce extérieur : Le déséquilibre se creuse en 2025 Marché du travail : La baisse du chômage peine à profiter aux jeunes Entretien avec Khalid Doumou : Chômage des jeunes, Le défi persistant de l’adéquation forma- tion-emploi Entretien avec Youssef Guerraoui Filali : Chômage des jeunes, «Nous avons besoin d’une nouvelle approche dans la formation supérieure du dernier degré» Stratégie touristique : «La feuille de route 2030 bénéficie d’une dynamique très positive» Entretien avec Hamid Bentaher : Tourisme, Croissance record et nouveaux défis Entretien avec Abdelmajid Belaïche : Libéralisation des pharmacies, «L’ouverture du capital peut modi- fier en profondeur l’équilibre du secteur officinal» Inondations : Les fellahs s’activent pour la recon- version de leurs exploitations
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32 TRIBUNE LIBRE
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Chèques sans provision : Analyse juridique de la loi n° 71-24 et des modifications apportées au Code de commerce
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34 HIGH-TECH
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Des drones aux robots armés : la guerre s’auto- matise
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• Directeur des rédactions & Développement : David William • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Youssef Seddik, Khalid Aourmi, Ibtissam Zerrouk • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique & maquettiste : Abdelillah Chamseddine • Mise en page : Zakaria Beladal
• Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri • Administratif : Fatiha Aït Allah • Édition : JMA CONSEIL
• Impression : Les imprimeries du Matin • Distribution : Sochpress • Tirage 5.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05 • S.A.R.L. au capital de 5.000.000,00 DH - C.N.S.S. 600 50 62 I.F. 1022303 - Patente 35770001 - ICE N° : 001526693000021
• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com
VOYONS VOIR
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 27 FÉVRIER 2026
Trump vs Cour suprême Du camouflet à la guerre commerciale
L
Par D. William
es droits de douane mondiaux décidés ven- dredi 20 février par Donald Trump sont entrés en vigueur mardi dernier : 10% sur la plupart des produits entrant aux Etats-Unis, avec une menace brandie presque aussitôt de monter à 15%. Cette surtaxe est le pansement posé sur une défaite politique et juridique infligée par la Cour suprême, qui a invalidé une large partie des taxes imposées depuis le retour de Trump au pouvoir, au motif que l’Exécutif avait étiré abusivement une loi d’urgence économique sans démontrer l’urgence. Le président américain, très amer contre la Cour suprême, accusée de servir la Chine et dont la décision est qualifiée d’anti-améri- caine, a donc choisi de retourner l’humiliation en démonstration de force en changeant de base légale. Il s’appuie désormais sur une loi de 1974 censée permettre de corriger un déséquilibre marqué de la balance des paie- ments. Le choix est stratégique. Il lui donne une cer- taine marge de manœuvre, mais pas la liberté totale dont il jouissait avec l’outil précédent. La nouvelle surtaxe a une durée limitée à cent cinquante jours. Au-delà, la Maison-Blanche devra obtenir un vote du Congrès si elle veut prolonger ce régime. Autrement dit, le pré- sident gagne du temps. Sur le fond, la logique reste la même. Trump fait des droits de douane un instrument poli- tique à usages multiples. D’abord, un levier
de négociation pour arracher des conces- sions à des partenaires jugés trop confor- tables. Ensuite, une source de recettes pour compenser des baisses d’impôts. Enfin, un marqueur idéologique qui parle à son élec- torat, à qui il vend l’histoire d’une Amérique pillée depuis des décennies et qui choisit de reprendre le contrôle de ses frontières éco- nomiques. L’effet immédiat, lui, est paradoxal. En moyenne, le taux effectif sur les importations devrait descendre à environ 13,7% contre 16% avant la décision de la Cour suprême, selon le Budget Lab de l'Université Yale. Cela signifie un nouveau paysage, plus instable, où une taxe universelle cohabite avec des droits sectoriels beaucoup plus élevés, de 10 à 50% sur des produits comme le cuivre, l’automobile ou le bois de construction. Et cette taxe universelle ne s’applique pas à tout le monde. Les produits canadiens et mexicains importés dans le cadre de l’accord oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : ............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc) Le président américain, très amer contre la Cour suprême, accusée de servir la Chine et dont la décision est qualifiée d’anti-américaine, a choisi de retourner l’humiliation en démonstration de force.
nord-américain restent à l’écart. Les exemp- tions se multiplient, car l’administration sait qu’une hausse brutale sur les produits de consommation peut coûter cher politique- ment. Un bras de fer au-delà des frontières américaines La surtaxe court jusqu’au 24 juillet, avec un impact immédiat, surtout en Europe. Le Parlement européen a suspendu la procédure de mise en œuvre de l’accord commercial UE-USA dans l’attente d’éclaircissements. Les eurodéputés veulent savoir si la nou- velle taxe mondiale fait sauter le plafond de 15% négocié dans l’accord. La Commission européenne rappelle une évidence diploma- tique. Un accord est un accord. Mais l’Union est face à un problème pratique : comment ratifier un texte quand l’exécutif américain change le cadre au gré des décisions de jus- tice et des colères présidentielles ? Trump, lui, répond par la menace. Il prévient que les pays qui voudraient jouer avec la déci- sion de la Cour seront frappés par des droits plus élevés. C’est une tactique classique du locataire de la Maison-Blanche. Il fait de la surenchère pour pousser les partenaires à venir négocier en position de faiblesse. Dans pareil contexte, les entreprises avancent dans un épais brouillard. Alors, elles hésitent à investir, commander et signer des contrats de long terme, parce qu’elles ne savent pas quel tarif s’appliquera dans trois mois. Par ailleurs, dans cet environnement écono- mique incertain, l’administration Trump devra faire face à un autre élément fâcheux : le contentieux. En effet, les droits invalidés par la Cour suprême ont généré plus de 130 mil- liards de dollars en 2025, selon des analystes. La suspension de leur collecte ouvre la voie à des demandes de remboursement, donc à une guerre judiciaire. L’entreprise FedEx a d’ailleurs déjà porté plainte. Au final, la surtaxe universelle ressemble à une réponse politique à une limite institutionnelle. Et tout cela engendre une instabilité écono- mique. Et c’est cette instabilité qui inquiète le plus les partenaires des Etats-Unis, car elle peut faire basculer un désaccord commercial en crise de confiance durable. ◆
BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 27 FÉVRIER 2026
Point Bourse Hebdo Le MASI gagne du terrain dans un marché en veille
L Rien de véritablement nouveau cette semaine à la Bourse de Casablanca. Le marché a adopté un tempo plus feutré, en phase avec l’entrée dans le mois de Ramadan. Séances écourtées, amplitudes resserrées et nervosité en baisse. e MASI s’est contenté d’une pro- gression de 0,69% pour clôtu- rer à 18.701 points. Une hausse modeste, mais bienvenue après un début d’année heurté qui avait mis les nerfs (et les portefeuilles) à contribution. Cette séquence a permis au marché de trou- ver un plancher de stabilisation. Les investisseurs ont visiblement rangé les excès d’enthousiasme comme les réflexes défensifs trop marqués. Par Y . Seddik
Evolution de l'indice Masi depuis début février 2025
talisations. Trois valeurs ont dominé les échanges : Attijariwafa bank (14,8% des volumes), SGTM (11,02%) et Minière Touissit (6,88%). Sur le plan sectoriel, l’immobi- lier s’est distingué avec la meil- leure performance hebdomadaire (+4,74%). Le compartiment a pro- fité d’un newsflow plus favorable sur certains dossiers. Ce rebond, même s’il reste à confirmer dans la durée, contraste avec la tona- lité plus hésitante observée ail- leurs, où la dispersion reste la règle. Par ailleurs, si la place casa- blancaise a terminé la semaine dans le vert, l’ambiance pourrait bien changer lors des séances à venir. Le contexte internatio- nal s'est brusquement tendu la semaine dernière. Dans une réac- tion éruptive face à une décision de la Cour suprême jugeant illé- gaux certains de ses droits de douane, Donald Trump a annoncé la signature d'un décret impo- sant une taxe mondiale de 10%
TOP Performances
FLOP Performances
Zellidja S2M Maroc Leasing
-6,12%
+9,73% +9,48%
Balima Minière Touissit Addoha
-5,97%
Du côté des publications, le rythme commence à s’animer. Les premières sociétés à avoir dévoilé leurs chiffres affichent, pour beaucoup, des croissances à deux chiffres de l’activité. Sans surprise majeure, ces copies confortent globalement les antici- pations et contribuent à ancrer un biais légèrement plus constructif. Côté liquidité, la participation des opérateurs reste relative- ment élevée. Environ 2 milliards de dirhams ont changé de mains sur la semaine, essentiellement concentrés sur les grandes capi-
-5,77%
+8,16 %
sur toutes les importations amé- ricaines (avant de les faire passer à 15% le lendemain). Ce nouveau coup de boutoir protectionniste, qualifié par le président de mesure de «puissance», risque de gripper les chaînes d'approvisionnement mondiales. À Casablanca, cette annonce pourrait s’inviter dans les échanges, comme un facteur sup- plémentaire d’incertitude dans un
marché déjà attentif aux signaux extérieurs. L'adage «pas de nou- velles, bonnes nouvelles» aura donc vécu cette semaine; place désormais à l'arbitrage géopoli- tique. En bref, une semaine de transi- tion qui finit bien. Un indice qui progresse sans forcer, des inves- tisseurs en observation active, et un marché qui avance à pas comptés. ◆
BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 27 FÉVRIER 2026
Akdital
Des revenus en hausse de près de 50% à fin 2025
Akdital a clôturé l’année écoulée sur une croissance soute- nue de son activité, portée par l’élargissement du réseau, la montée en régime des ouvertures récentes et un programme d’investissement toujours actif.
couverture territoriale se traduit par un rééquilibrage notable de l’offre de soins : 70% de la capacité litière sont situées hors de l’axe Casablanca- Rabat, concentrant 79% des admis- sions annuelles. L’année a également été caractérisée par une intensification des actes médi- caux complexes, avec 3.323 chirur- gies à cœur ouvert et 10.060 dilata- tions coronaires. Les pôles d’oncolo- gie enregistrent 87.661 admissions en chimiothérapie et 14.289 en radiothéra- pie, illustrant l’élargissement de l’accès à ces traitements spécialisés. Les investissements nets atteignent 2,09 Mds de DH, en hausse de +17% par rapport à 2024. Cet effort couvre l’équipement des nouveaux établisse-
ments, la préparation des ouvertures à venir ainsi que la modernisation conti- nue des infrastructures. À l’international, 589 MDH ont été engagés, notamment à Dubaï et Riyad, dans le cadre de la stratégie «Asset light». L’endettement net ressort à 4,24 Mds de DH au 31 décembre 2025, contre 1,75 Md de DH un an plus tôt, évolution intégrant l’émission obliga- taire de 1,2 Md de DH réalisée au 4ème trimestre. Pour 2026, Akdital aborde une nou- velle phase de développement, avec un objectif de 62 établissements au Maroc à l’horizon 2027 et la poursuite de son déploiement international, sous réserve des autorisations réglemen- taires. ◆
L Par Y. S.
e Groupe Akdital achève l’exer- cice 2025 sur une dynamique d’expansion soutenue, marquée par l’intégration de l’Hôpital Privé et du Centre internatio- nal d’oncologie de Rabat. À fin décembre, le réseau compte 41 établissements totalisant 4.505
progression de +38% sur un an. Sur l’ensemble de l’année, le Groupe fran- chit un nouveau seuil avec 4,41 Mds de DH, soit une hausse de +49%, portée à la fois par la maturité du parc existant et par la montée en régime des structures ouvertes en 2024 et 2025, dont la contribution cumulée atteint 1,07 Md de DH. La présence géographique du Groupe s’étend désormais à 24 villes. Cette
lits. L’activité trimestrielle confirme cette trajectoire. Le chiffre d’affaires du 4ème trimestre s’établit à 1,28 Md de DH, en
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 27 FÉVRIER 2026
Marché obligataire La tension recule, la vigilance reste de mise Après un début d’année marqué par une tension sur les taux primaires, les adjudications de février ont fait apparaître un reflux des rendements sur les maturités courtes. Une inflexion portée par la demande, mais encore dépendante du rythme de financement du Trésor et des conditions de liquidité.
d’accalmie sur la partie courte de la courbe. Les analyses de la place ne se contredisent pas; elles décrivent en réalité deux temps d’un même mouvement. BKGR insiste sur la détente observée lors de la dernière opé- ration du Trésor, portée par une demande abondante et une accal- mie après plusieurs séances plus tendues. La société de recherche relie aussi cette amélioration du sentiment à un cadrage macroé- conomique jugé plus solide, avec des anticipations de croissance 2026 pouvant approcher 6%, de nature à soutenir la perception de soutenabilité budgétaire et la confiance des investisseurs. AGR, de son côté, éclaire davan- tage la phase précédente. Les tensions de début d’année sont attribuées à une offre soutenue du Trésor et au resserrement de sa liquidité, deux facteurs qui ont mécaniquement poussé les taux primaires à la hausse sur plusieurs maturités. En synthèse, le marché est passé d’une logique dominée par la pression de l’offre et les contraintes de liquidité à une séquence de rééquilibrage, où la profondeur de la demande reprend le dessus. Faut-il conclure à un retourne- ment durable des taux courts ? À ce stade, ce serait aller trop vite. La baisse enregistrée le 17 février est significative, mais elle s’inscrit encore dans une phase d’ajuste- ment. Sa prolongation dépendra de plusieurs variables : rythme des prochaines levées du Trésor, gestion de la liquidité, maintien de la demande institutionnelle, et arbitrages de portefeuille dans un marché où la dette privée reste très active. Ce point est central puisque depuis plusieurs mois, les grands émetteurs corporate et bancaires ont renforcé leur présence sur le marché de la dette, en particulier via placements privés qui offrent aux investisseurs des alternatives crédibles en termes de rendement et de duration. Le Trésor conserve un statut de référence, mais évo- lue désormais dans un environne- ment plus concurrentiel. ◆
Par Y. Seddik
Après une poussée des taux primaires en janvier, le marché obligataire a montré en février ses premiers signes d’accalmie sur les maturités courtes.
D
epuis janvier, les adjudications ont évolué dans un environne- ment moins confortable qu’en fin d’année dernière. Plusieurs desks relèvent des pressions haussières sur les taux primaires, parfois supérieures à 25 points de base sur certaines maturités, sous l’effet d’une offre impor- tante du Trésor. Cette lecture, mise en avant par les analystes d’AGR, ren- voie d’abord à une mécanique de marché. Le volume des besoins de financement, combiné à un resserrement de la liquidité du Trésor, a pesé sur les condi- tions de placement. Le Trésor est apparu moins à l’aise sur
le marché monétaire que sur la moyenne observée en 2025, ce qui a contribué à tendre les adju- dications. Autrement dit, la hausse des ren- dements en début d’année ne traduisait pas nécessairement une dégradation du risque sou- verain, mais plutôt un ajustement de prix dans un marché confronté à davantage d’offre et à une liqui- dité moins fluide. L’adjudication du 3 février a illus- tré cette phase de transition. Le Trésor a levé 1,9 Md de DH face à une demande de plus de 11,45 Mds de DH, sur la seule maturité 2 ans. Malgré cette forte sursous- cription, le taux servi est resté inchangé à 2,732%. Ce point est important : la pro- fondeur de la demande était bien là, mais elle ne s’est pas traduite immédiatement par une baisse des rendements. Le marché res- tait sélectif sur les niveaux de
taux, signe que la séquence de tension n’était pas totalement digérée. Inflexion sur le segment court Le véritable changement de ton est intervenu deux semaines plus tard. Lors de l’adjudication du 17 février, le Trésor a retenu 4,5 Mds de DH face à une offre globale de 17,068 Mds de DH, répartie entre le 52 semaines (1,35 Md de DH retenus) et le 2 ans (3,15 Mds de DH retenus). Les taux servis ressortent à 2,319% sur le 52 semaines et 2,543% sur le 2 ans. Par rapport aux derniers niveaux servis, cela représente un recul de 8,1 points de base sur le 52 semaines et de 18,9 points de base sur le 2 ans, selon le résultat publié par la DTFE. Après plusieurs adjudications marquées par des tensions sur le court terme, cette baisse des rendements constitue un signal
Le marché est passé d’une logique dominée par la pression de l’offre et les contraintes de liquidité à une séquence de rééquilibrage, où la profondeur de la demande reprend le dessus.
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CFG Bank
Forte croissance des bénéfices
CFG Bank clôture l’exercice 2025 sur une progression soutenue de ses principaux indicateurs financiers, marquée notamment par une croissance de 41% du résultat net part du groupe. La banque anticipe une nouvelle année de développement en 2026 et annonce une révision haussière de sa guidance, attendue lors de la publication des indicateurs du premier trimestre. Par Y. S.
croissance de 21%, soit une pro- duction nette proche de 3,3 Mds de DH, principalement tirée par le seg- ment Entreprises. Les dépôts clientèle progressent de 11% sur un an pour atteindre 20,3 Mds DH, représentant une collecte nette de 2 Mds de DH. Les dépôts non rémunérés demeurent proches de 50% du total, malgré l’ac- célération des crédits. En 2025, CFG Bank a réalisé deux émissions de dette subordonnée pour un montant global de 1 Md DH, portant l’en- cours à 1,4 Md DH. Le PNB consolidé ressort à 1.247 MDH (+32%), porté par la croissance des activités récur- rentes. Le PNB récurrent atteint 990 MDH (+27%), comprenant une marge d’intérêt de 512 MDH (+32%) et des
commissions de 478 MDH (+21%). Le PNB moins prévisible progresse à 258 MDH (+60%), soutenu par des mar- chés de capitaux favorables. Le RBE consolidé atteint 633 MDH (+63%), bénéficiant d’une hausse limitée des charges (+11%). Retraité d’une dépré- ciation exceptionnelle de 30 MDH liée au futur changement de siège, la croissance atteindrait 70%. Le résul- tat avant impôts ressort à 561 MDH (+64%), intégrant un coût du risque de 46 MDH. Les capitaux propres s’élèvent à 2. 087 MDH, portant le ROE à 21%. Sous réserve de l’aval réglementaire, le Conseil proposera un dividende de 4 DH/action, en hausse de 21%, payable en juin 2026. ◆
C
mique conduit la banque à anticiper une nouvelle phase de développe- ment en 2026, avec une révision haus- sière de la guidance attendue lors de la publication des indicateurs du premier trimestre. L’encours de crédits s’établit à 19 Mds de DH à fin décembre 2025, en
FG Bank clôture l’exercice 2025 sur une progression marquée de ses indicateurs financiers, illustrant une année de forte expansion. Le résultat net part du groupe (RNPG) atteint 370 MDH, en hausse de 41% par rapport à 2024. Cette dyna-
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Paiement mobile Une mutation en cours, sans rupture avec le cash L Le paiement mobile gagne du terrain au Maroc, porté par la digitalisation et l’inclusion finan- cière. Pourtant, l’économie reste largement dominée par les transactions en espèces. Par K. A. actives, dont 12 portées par des établissements de paiement, signe d’un secteur qui gagne en maturité et en structuration. Mais le contraste apparaît dès que l’on élargit le regard. Les données monétiques globales montrent que le digital progresse surtout via la carte bancaire. Selon les dernières statistiques liées à l’activité du Centre monétique interbancaire, plus de 215 millions d’opérations monétiques ont été traitées en 2024, pour un volume proche de 90 milliards de dirhams. Le sans contact représente désormais près des trois quarts des transactions.
Et ce n’est pas uniquement une question de technologie. C’est avant tout une question de confiance, d’habitude, et sou- vent de coût. Pour beaucoup de petites entreprises, les frais asso- ciés aux systèmes de paiement électroniques sont encore per- çus comme trop lourds compa- rés à l’absence de commission du cash. Sans compter que certains consommateurs se méfient encore des aspects techniques ou de la sécurité, même si les autorités tra- vaillent à renforcer la protection des instruments digitaux. Pourtant, tous les signaux ne sont pas négatifs. L’usage des paie- ments mobiles se structure pro- gressivement autour de cas d’usage concrets : règlement de factures, versements sociaux, transferts de personne à personne et même paiements chez des commerçants qui commencent à accepter le m-wallet de manière régulière. Le marché montre une double dynamique : d’un côté, une adoption rapide des technologies par une population jeune, connec- tée et exigeante; de l’autre, une économie encore largement mode- lée par le cash, ancré dans les comportements et les chaînes de valeur traditionnelles. Pour Jabbari, «on se situe aujourd’hui à un point d’inflexion. Les solutions de paiement mobile sont opérationnelles et leur adop- tion progresse, mais leur ancrage dans les pratiques économiques demeure limité par des habitudes solidement installées et par une infrastructure d’acceptation encore inégale. Tant que le paiement mobile ne sera pas adopté naturel- lement par tous, le cash continuera de dominer». Ce constat renvoie à une transition qui est bien plus qu’un simple chan- gement de technologie : c’est un changement d’habitude collectif. Et comme tout changement culturel, il prend du temps. Le mobile a déjà transformé des secteurs entiers, de la communication à l’accès à l’information. Le paiement évolue dans la même direction, mais à un rythme plus mesuré, conditionné autant par les comportements des utilisateurs que par la maturité des infrastructures. ◆
élevé, poussée par des facteurs économiques, culturels et com- portementaux. Même si les jeunes urbains utilisent de plus en plus leur téléphone pour régler des fac- tures ou transférer de l’argent à un proche, les commerçants de proxi- mité préfèrent encore recevoir des dirhams dans la main plutôt que des paiements électroniques, sou- vent perçus comme moins visibles ou plus complexes à traiter pour des petites sommes quotidiennes. Un autre indicateur parlant de cette dynamique est l’usage des tran- sactions par m-wallet : si le nombre de transactions a presque doublé en 2024, passant de 9,7 millions à 19,7 millions, et si le montant total échangé avoisine 3,9 milliards de dirhams, ces chiffres restent modestes face à la masse des transactions en espèces qui cir- culent chaque jour dans le pays. Cela montre que la croissance est réelle, mais que le point de bascule vers une économie véritablement cashless est encore loin d’être atteint. Dans ce contexte, le pro- fesseur Sami Jabbari, spécialiste en économie numérique, note que «l’adoption véritablement massive du paiement mobile ne se maté- rialisera que lorsque les usages du quotidien (transports, marchés, commerces de proximité) l’intégre- ront comme un standard et non comme une alternative. À ce stade, le cash demeure, pour des millions de transactions, l’instrument le plus accessible, le plus immédiat et le moins contraignant» . Cette analyse colle à une réalité bien connue des acteurs économiques : le mobile ne remplace pas la monnaie, il s’y ajoute.
e Maroc accélère sa transition vers les paiements digitaux, mais dans les commerces de proximité et les marchés traditionnels, le cash reste encore le mode de règle- ment dominant. Aujourd’hui, les portefeuilles électroniques gagnent des millions d’usagers, mais la plu- part des transactions quotidiennes continuent de passer par la mon- naie physique. Ce décalage met en évidence une transformation en cours, mais encore freinée par des habitudes solidement installées. Selon le rapport annuel 2024 de Bank Al-Maghrib (BAM), l’un des chiffres qui frappe est l’ampleur de l’adoption des m-wallets : l’encours de portefeuilles mobiles a grimpé de 10,4 millions à 13,7 millions en un an, soit une croissance de près de 32%. Ce développement est le reflet d’un marché qui n’est plus marginal, mais qui s’insère de plus en plus dans le quotidien des utilisateurs connectés. Le mar- ché compte désormais 21 solutions
Le cash continue de dominer Derrière ces chiffres flatteurs se cache une réalité plus nuancée: malgré l’explosion des comptes de paiement mobile, le cash reste omniprésent dans l’économie. Les données de la circulation fiduciaire montrent que la monnaie physique continue de circuler à un niveau
En 2024, le nombre de portefeuilles mobiles a atteint 13,7 millions (+32% sur un an) pour 19,7 millions de transactions totalisant 3,9 milliards de dirhams, selon Bank Al-Maghrib.
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Vicenne
Le chiffre d’affaires franchit le cap du milliard de DH Le chiffre d’affaires consolidé
liorée grâce aux différentes aug- mentations de capital, passant d’un endettement net de 315 MDH à fin T3 2024 à un solde cash positif de 299 MDH au 31
décembre 2025, en amélioration par rapport au chiffre communi- qué le 30 septembre 2025. Le groupe est confiant par rap- port à la réalisation des objec-
tifs à l’horizon 2030 présentés lors de l’IPO, les fondamen- taux du business model étant reconfirmés et la dynamique de secteur restant favorable. ◆
de l’année 2025 affiche une progression de 30% par rapport à 2024.
Les réalisations obtenues sont légèrement supérieures aux prévisions du management.
A Par Y. S.
u T4 2025, le chiffre d’af- faires consolidé s’établit à 389 MDH, en progression de 39% par rapport à la même période de 2024. Sur l’ensemble de l’exercice, les revenus atteignent 1.084 MDH, en hausse de 30% par
rapport à 2024. Des réalisations légèrement supérieures aux pré- visions du management, avec un dépassement de 3,6% des objectifs du business plan présenté lors de l’IPO. La croissance du segment Equipement a atteint 52% au qua- trième trimestre, grâce à l’achève- ment de plusieurs projets. Au 31 décembre 2025, la contri- bution par segment confirme cette dynamique : • le chiffre d’affaires Équipement progresse de 29% à 651 MDH; • les Implantables & Réactifs affichent +35% à 319 MDH; • les Services enregistrent une hausse de 19% à 114 MDH. Les investissements (Capex) du T4 ressort à 15 MDH portent princi- palement sur des immobilisations financières, dont un investisse- ment minoritaire dans une startup, Deepecho, spécialisée en diagnos- tic échographique utilisant l’IA et le «Machine learning». Cet inves- tissement est en ligne avec la stra- tégie de diversification du groupe, notamment sur les technologies digitales. La situation d’endettement net de la société s’est sensiblement amé-
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BMCI «La certification Top Employer n’est pas une finalité, mais un levier d’amélioration continue»
F.N.H. : Vous insistez sur l’expérience collabora- teur, depuis l’intégration jusqu’au développement de carrière. Quelles sont les principales actions mises en place par la BMCI pour accompagner ses collaborateurs ? O. A. : J’irais même un peu plus loin en parlant d’une expérience collaborateur qui couvre l’on- boarding, le développement… mais aussi l’offboarding. Tout commence dès l’intégra- tion, avec des parcours d’on- boarding plus immersifs. Les nouveaux collaborateurs ont la possibilité de découvrir la banque de manière plus struc- turée, afin de mieux com- prendre son fonctionnement et ses métiers dès leur arrivée. Ensuite, nous les accompa- gnons dans leur développement à travers plusieurs leviers : la formation, l’accompagnement RH, mais aussi des actions liées au bien-être au travail. Enfin, nous accordons de l’im- portance à l’offboarding. Nous recevons les collaborateurs qui quittent la banque afin de comprendre les raisons de leur départ, analyser les retours et, lorsque c’est nécessaire, mettre en place des actions correc- tives. Cette étape fait pleine- ment partie de notre logique d’amélioration continue. F.N.H. : Dans un contexte de transformation du sec- teur bancaire, comment la fonction RH s’adapte-t- elle aux nouvelles attentes des collaborateurs ? O. A. : La fonction RH doit s’adapter à plusieurs transfor-
La BMCI a obtenu la certification Top Employer 2025, un label qui distingue la qualité des pratiques RH. Pour Othmane Arhmir, Directeur des ressources humaines de la banque, cette reconnaissance s’inscrit dans une trajectoire de transformation déjà engagée. Structuration de la politique RH, expérience collaborateur, adaptation aux nouvelles générations et à la montée en puissance de l’IA…, il détaille les priorités de la BMCI.
Propos recueillis par Y. Seddik
Finances News Hebdo : La BMCI a décroché la certification Top Employer 2025. Que représente concrètement cette dis- tinction pour votre poli- tique RH ? Othmane Arhmir : Pour nous, la certification Top Employer est avant tout une reconnaissance. C’est la reconnaissance d’un travail de fond mené depuis plusieurs années sur plusieurs axes de notre politique RH. Ce travail a porté, notamment, sur le bien-être des collaborateurs, mais aussi sur la structuration de nos pratiques en matière de mobilité, de recrutement et de formation. L’ensemble de ces chantiers nous a permis d’atteindre des standards inter- nationaux, aujourd’hui recon- nus à travers une certification elle-même reconnue à l’échelle mondiale.
Au-delà de l’aspect symbo- lique, cette distinction vient consacrer une dynamique de transformation déjà engagée au sein de notre banque. F.N.H. : Le référentiel Top Employer repose sur plusieurs domaines exi- geants. Sur quels axes la BMCI estime-t-elle avoir le plus progressé ces der- nières années ? O. A. : Le référentiel Top Employer est particulièrement exigeant, avec plus de 250 cri- tères évalués. Parmi les axes sur lesquels nous estimons avoir le plus progressé, je cite- rais d’abord la formation, que nous avons davantage struc- turée autour de la performance et du développement des col-
laborateurs. Nous avons également avancé de manière significative sur la mobilité interne et les parcours de carrière, avec une approche plus organisée et plus lisible pour les collaborateurs. Un autre axe important concerne la diversité, l’inclu- sion et l’égalité des chances, aussi bien au moment du recrutement que tout au long du parcours interne. Enfin, nous avons mené des actions concrètes sur le bien- être au travail, l’accompagne- ment social des collabora- teurs, ainsi que sur la digi- talisation de nos processus RH, notamment à travers des dispositifs de self-service des- tinés à simplifier l’expérience collaborateur.
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Cette certification nous positionne parmi les cinq entreprises les mieux benchmarkées sur le marché marocain.
mations simultanées. D’abord, il y a l’évolution des attentes des collaborateurs. En 2026, plusieurs générations cohabitent au sein de la BMCI : on parle beaucoup de la génération Z, mais elle travaille aux côtés d’autres générations, avec des attentes parfois différentes. Cela nous oblige à faire évoluer nos pratiques managériales, mais aussi nos pratiques RH, afin d’accompa- gner les managers dans cette nou- velle réalité. Ensuite, il y a le volet technologique. L’essor de l’intelligence artificielle va profondément transformer les pratiques, y compris dans le secteur bancaire. Nous adoptons de plus en plus d’outils basés sur l’IA, ce qui implique une évolution des métiers : certaines tâches à faible valeur ajoutée vont diminuer, tandis que les besoins en compétences à plus forte valeur ajoutée vont se ren- forcer. Dans ce contexte, le cadre RH doit évoluer en matière de for- mation, d’accompagnement et de développement des compétences, notamment celles liées à l’usage de l’intelligence artificielle. Plus largement, la technologie prend une place croissante dans la banque, qu’il s’agisse de la digitali- sation des processus internes ou de la relation avec les clients. Le rôle des RH est d’accompagner cette transition pour permettre à l’orga- nisation de mieux servir ses clients. F.N.H. : Enfin, quels sont désormais vos chantiers prio- ritaires pour continuer à faire évoluer l’environnement de travail à la BMCI ? O. A. : Cette certification est une vraie reconnaissance de nos pra- tiques RH, mais elle n’est pas une finalité en soi. Nous la considérons aussi comme un outil de benchmark et un levier pour nous améliorer en continu. Parmi les chantiers prioritaires, il y a d’abord la marque employeur. Nous devons renforcer notre visibilité et notre attractivité dans un marché bancaire de plus en plus compétitif, notamment sur les compétences liées à la transformation techno- logique. Nous devons également continuer à recruter de nouveaux talents, tout en consolidant les dis-
Cette certification nous positionne déjà parmi les cinq entreprises les mieux benchmarkées sur le mar- ché marocain, mais nous aspirons réellement à devenir numéro 1 et de continuer à progresser, de manière concrète et durable. Pour conclure, ce label vient confir- mer une trajectoire déjà engagée. Il ne crée pas notre ambition, il la reconnaît. ◆
positifs qui permettent de fidéliser et de développer les collaborateurs déjà en place. Un autre axe important reste l’écoute des collaborateurs. C’est un chantier central pour continuer à
faire évoluer nos pratiques RH et améliorer l’environnement de travail. Enfin, nous avons l’ambition de poursuivre nos progrès sur l’en- semble des dimensions évaluées par le référentiel Top Employer.
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ment au fil des vagues d’investis- sement successives, notamment durant les périodes de forte crois- sance immobilière et d’expansion des infrastructures. Entre 2018 et 2024, les opérateurs ont mobilisé près de 8,4 milliards de dirhams d’investissements, dont près de la moitié consacrée au renforcement et à l’extension des capacités pro- ductives. A ces montants s’ajoute l’investissement spécifique lié au démarrage de la cimenterie Novacim, évalué à 2,65 milliards de dirhams, ce qui renforce encore la pression sur l’offre globale. Pourtant, cette abondance de capacités n’a pas conduit à un marché concurrentiel au sens clas- sique du terme. Le Conseil met en évidence une concentration éle- vée de l’offre, dominée par un nombre restreint d’opérateurs. Le marché est structuré autour de grands groupes, dont certains sont adossés à des multinationales de dimension mondiale, tandis que d’autres relèvent de puissants conglomérats nationaux. Ciments du Maroc et Asment de Temara contrôlés par Heidelberg Materials, LafargeHolcim Maroc, Ciments de l’Atlas ainsi que quelques acteurs régionaux se partagent l’essentiel du marché. Les indicateurs de concentration, analysés en volume et en valeur sur la période 2018-2024, confir- ment la stabilité de cette structure oligopolistique. Les parts de mar- ché évoluent à la marge, mais sans remise en cause fondamentale des équilibres existants. L’entrée de nouveaux opérateurs, notamment sous forme de centres de broyage indépendants, n’a pas suffi à bou- leverser la hiérarchie du secteur. Ces nouveaux acteurs restent souvent dépendants des grands producteurs pour leur approvision- nement en clinker, ce qui limite leur autonomie stratégique et leur capacité à exercer une pression concurrentielle significative. C’est précisément sur ce point que les promoteurs expriment leurs réserves. «Malgré une capa- cité installée importante, le marché reste structuré autour de quelques acteurs intégrés et d’une forte contrainte logistique régionale. La surcapacité ne suffit donc pas à
Le Maroc est dans une situation de surcapacité structurelle.
Marché du ciment Un oligopole sous surveillance
sujet, dans un pays comme le Maroc où la question du logement demeure centrale. L Le Conseil de la concurrence a analysé en profondeur le fonctionnement du secteur cimentier, attribuant les hausses de prix de 2022 en grande partie au choc énergétique mondial, non sans souligner la forte concentration du marché. Une industrie fortement concentrée La FNPI souligne que ces conclusions confirment l’existence de déséquilibres structurels et appelle à corriger les rigidités observées pour éviter que de nouvelles flambées des prix ne fragilisent l’écosystème immobilier. Par D. William
e rapport du Conseil de la concur- rence sur le marché du ciment s’inscrit dans un contexte mar- qué par de fortes tensions enre- gistrées sur les prix des matériaux de construction au Maroc à partir du début de l’année 2022. Ces tensions ont mis sous pression l’ensemble de la chaîne du bâti- ment et des travaux publics, avec un impact particulièrement lourd sur les promoteurs immobiliers de petite et moyenne taille. La saisine du Conseil par la Chambre des représentants et par la Fédération nationale des promoteurs immobi- liers (FNPI) traduit ainsi un malaise profond, nourri par la perception d’un décalage entre l’évolution des coûts réels de production et la dynamique des prix facturés sur le marché. Le Conseil de la concurrence a toutefois pris soin de rappeler le
cadre strict de son intervention. Il ne s’agit pas d’un dossier conten- tieux visant à qualifier des pra- tiques anticoncurrentielles ou à sanctionner des opérateurs, mais d’un avis de portée générale sur le fonctionnement concurrentiel du marché. Un avis d’autant plus important que le ciment, maté- riau incontournable de l’habitat, des infrastructures et des grands chantiers publics, concentre une part significative des coûts de construction, notamment dans le logement social et à faible valeur immobilière. Selon les données reprises par le Conseil, le ciment représente à lui seul plus de 8% du coût global hors foncier des logements sociaux et plus de 10% dans les logements à faible valeur immobilière. Cette pondération explique la sen- sibilité politique et économique du
L’un des enseignements majeurs du rapport réside dans la descrip- tion très détaillée de l’appareil pro- ductif national. A fin 2024, le Maroc dispose de 13 cimenteries inté- grées et de 10 centres de broyage, pour une capacité nominale ins- tallée de plus de 27 millions de tonnes de ciment par an et environ 17,3 millions de tonnes de clinker. Ces chiffres placent le pays dans une situation de surcapacité struc- turelle, la demande nationale étant nettement inférieure à ces niveaux, même dans les phases hautes du cycle du BTP. Cette surcapacité n’est pas un phénomène récent. Elle s’est construite progressive-
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