ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 27 FÉVRIER 2026
Tourisme Croissance record et nouveaux défis
F.N.H. : On reproche au secteur touris- tique national de réaliser des recettes qui ne sont pas à la hauteur du nombre croissant des arrivées, contrairement à l’Égypte. Quel est votre avis ? H. B. : C’est une information erronée. L’Égypte dispose de plus de clubs et les touristes qui la visitent optent généralement pour huit nuitées. Au Maroc, avec l’Open sky, nous sommes à une durée moyenne de deux jours seulement. Notre secteur table sur la qualité pour faire la différence. Le nombre de touristes a augmenté de 14% et les recettes de 20%. Cette orientation nous permet de créer plus d’emplois et de contribuer plus à l’économie nationale. Le tourisme national a des potentialités pour multiplier ses indica- teurs. F.N.H. : Y a-t-il un problème de res- sources humaines ? H. B. : Effectivement, il y a un problème de ressources humaines, mais il est plutôt lié à leur formation qui est une condition sine qua none pour assurer la qualité et se démarquer des autres destinations concurrentes. Dans ce cadre, nous avons élaboré un programme avec les professionnels et le département de tutelle, en partenariat avec les écoles de tourisme et les instituts de formation, pour augmenter le nombre de ressources quali- fiées et accompagner les opérateurs dans la formation continue. F.N.H. : Pensez-vous que la dyna- mique du secteur enregistrée en 2025 va se poursuivre en 2026 ? H. B. : Le tourisme, c’est un peu comme l’agriculture : on récolte ce qu’on a semé. Si nous poursuivons notre programme d’in- vestissement pour augmenter la capacité d’accueil, à savoir promouvoir le transport aérien, la formation, l’animation, nous avons tous les ingrédients nécessaires pour assurer le décollage de notre secteur. Le Maroc est devenu une destination très appréciée, qui figure dans les radars des plus grands tour- opérateurs et des plateformes touristiques. Cela fait 5 ans que nous réalisons une crois- sance à deux chiffres. Tout laisse penser que ce rythme va se poursuivre cette année et les années à venir. La demande pour le Maroc est toujours présente. Au niveau de l’offre, il faut diversifier les segments. Et pour la demande, il faut varier les marchés émetteurs en plus des marchés européens et promouvoir les destinations qui affichent un taux d’occupation de moins de 70% comme Saidia, Lixus, Al Hoceima Tamuda Bay, Draa- Tafilalet et Fès et Meknès. Et accélérer la mise en œuvre des programmes de dévelop- pement par filière. ◆
Alors que le Maroc enregistre des performances historiques en matière d’arrivées touristiques, la question de la capacité d’accueil, de la formation et de la diversification de l’offre devient centrale. Hamid Bentaher, président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), revient sur les priorités pour maintenir la dynamique dans les années à venir.
Propos recueillis par C. Jaidani
Finances : La CNT a signé dernièrement une convention avec le ministère du Tourisme et les banques portant sur le renforcement du paiement digital dans le secteur et le renforcement de la destination Maroc. Qu’en est-il au juste ? News Hebdo Hamid Bentaher : C’est une initiative qui vise à faciliter les moyens de paiement et assurer une large diffusion de la digitalisation. Nous sommes en train d’élaborer un programme pour l’accompagnement des acteurs. Il faut rappeler que les touristes et les nouvelles générations représentent une population très connectée. Il est donc nécessaire que le paie- ment soit effectué par téléphone et dépasser l’utilisation des TPE et les cartes à puce. Cela permettra de gagner du temps et avoir moins de difficultés pour gérer la trésorerie. F.N.H. : Les professionnels du secteur sont-ils préparés à cette initiative ? H. B. : Les opérateurs de l’activité sont divisés en deux catégories. On retrouve les grands professionnels qui travaillent avec les plateformes digitales comme Booking, Tripadvisor … et les tour-opérateurs qui sont les plus actifs. Mais il y a aussi d’autres opérateurs de petites tailles faisant partie de l’écosystème, comme les taxieurs qui sont, eux aussi, visés par cette initiative pour les inciter à adhérer au secteur formel. D’où le lancement de solutions qui soient adaptées à chaque type d’opérateurs. Pour cette rai- son, nous allons organiser des rencontres avec les fédérations et les associations du secteur pour mettre au point une formule qui
soit la plus adéquate. Car les besoins pour le transport touristique ne sont pas les mêmes que ceux des hôtels ou de la restauration. Le programme concerne non seulement le volet paiement, mais également l’aspect dis- tribution et réservation. On doit atteindre une étape où le touriste pourra payer par voie digitale la totalité de ses dépenses durant son séjour, depuis son arrivée au Maroc jusqu’à son départ. F.N.H. : Le Maroc a réalisé un record en termes d’arrivées touristiques en 2025. Pensez-vous que la capacité d’accueil suit cet essor ? H. B. : Pour Marrakech et Agadir, les des- tinations phares du Royaume, la capacité d’accueil est arrivée à saturation. Il faut de nouveaux investissements pour l’augmenter. Quand un hôtel atteint un taux d’occupa- tion de plus de 75%, de nombreux touristes n’arrivent pas à trouver des réservations. Ils cherchent ailleurs dans un autre pays concur- rent, le plus souvent méditerranéen, car l’offre est indisponible. Pour les autres villes qui présentent un taux d’occupation faible, il faut renforcer les connexions aériennes avec les pays émetteurs et chercher à optimiser la capacité d’accueil disponible. Car chaque région ou chaque ville a besoin de solutions qui lui soient adaptées. En plus de la capacité d’accueil, il faut également investir pour déve- lopper et multiplier les offres d’animation qui renforcent l’attrait touristique.
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