FNH N° 1227

L'UNIVERS DES TPME

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 27 FÉVRIER 2026

Cyber Sqool «Notre ambition est de passer de la prévention à la protection prédictive active»

discours théorique ou anxiogène sur la cybersécurité serait inef- ficace. Nous utilisons donc les codes qu’ils maîtrisent déjà, à savoir jeu, animation et storytelling pour capter leur attention et trans- mettre les bons réflexes. Notre approche repose sur trois piliers fondamentaux : • Le storytelling : l’enfant s’identi- fie à des héros de son âge et vit les situations (cyberharcèlement, faux profils…), ce qui favorise une assi- milation émotionnelle et durable. • Le «safe sandbox» : il peut se tromper dans un environne- ment sécurisé, comprendre ses erreurs sans conséquence réelle et apprendre par l’expérience. • L’adaptation par âge (4 à 16 ans) : des messages simples pour les plus jeunes (hygiène numé- rique de base) jusqu’aux scénarios complexes pour les adolescents (grooming, usurpation d’identité, cyberharcèlement). Notre objectif n’est pas de créer des experts techniques, mais de développer chez eux des réflexes comportementaux automatiques, sereins et responsables face aux risques numériques. F.N.H. : Vous avez été sélec- tionné comme finaliste du concours national d’excel- lence organisé par Bank of Africa et MasterCard. Au-delà de la reconnais- sance, quel rôle jouent le financement et l’accompa- gnement institutionnel dans la croissance, la structura- tion et le passage à l’échelle d’une startup innovante comme Cyber Sqool ? B. D. : Dans les domaines très sensibles de l'EdTech et de la

À l’heure où les enfants se connectent de plus en plus tôt, la cybersécurité devient un enjeu éducatif majeur. À Nador, Cyber Sqool s’est donné pour mission de rendre Internet plus sûr pour les jeunes générations. Entretien avec son cofondateur et CEO, Badreddin Dardour.

Propos recueillis par Ibtissam Z.

Finances News Hebdo : Cyber Sqool est aujourd’hui reconnue comme une ini- tiative innovante en matière d’éducation à la cybersécu- rité. Quelle problématique avez-vous identifiée au départ et comment cette prise de conscience vous a-t-elle conduit à créer la startup ? Badreddin Dardour : En octobre 2023, une affaire aux États-Unis a révélé qu’un homme de 27 ans avait parcouru plus de 200 km pour enlever une fillette de 11 ans rencontrée sur Roblox, plateforme qui compte des millions de jeunes utilisateurs. Ce drame bien réel illustre une menace mondiale qui touche directement nos enfants. Après plus de dix ans à protéger les entreprises en cybersécurité, j’ai pris conscience d’un paradoxe alarmant, car nous sécurisons les serveurs mais la population la plus vulnérable reste sans défense, nos enfants. Face à une criminalité numérique organisée qui exploite leur naïveté, il est devenu urgent de créer une véritable immunité numérique. C’est de cette prise de conscience qu’est née Cyber Sqool.

F.N.H. : Votre projet s’inscrit dans l’écosystème EdTech et numérique de la région de Nador. Quel rôle joue ce secteur aujourd’hui dans le développement de l’éco- nomie de la connaissance et dans l’accélération de la transformation digitale du système éducatif marocain ? B. D. : Originaire de Zaïo à Nador, et mon cofondateur d’Oujda, nous avons choisi de lancer Cyber Sqool depuis l’Oriental par convic- tion. L’innovation n’est pas réser- vée aux grandes métropoles. Sur le terrain, nous avons constaté une forte attente des familles pour des solutions de protection numérique aux standards internationaux. L’EdTech joue aujourd’hui un rôle important dans l’économie de la connaissance et la transformation digitale du Maroc. Elle permet de démontrer qu’il est possible de

concevoir un produit d’excellence mondiale depuis une petite ville. Si notre modèle prouve sa robus- tesse à Nador ou à Oujda, il devient naturellement scalable à l’échelle nationale, et surtout exportable à l’international. Notre déploiement en France et aux Émirats arabes unis est la preuve que le Maroc peut être un producteur d’innova- tion à portée mondiale. F.N.H. : Cyber Sqool mise sur l’animation, le storytel- ling et des ateliers ludiques pour sensibiliser les enfants à la cybersécurité. Quel est l’impact pédagogique de cette approche sur la com- préhension et l’assimila- tion des notions de sécurité numérique chez les enfants de 4 à 16 ans ? B. D. : Nos enfants sont des Digital Natives. Leur imposer un

AVEC LA PARTICIPATION DE TAMWILCOM

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