FNH N° 1227

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 27 FÉVRIER 2026

Marché obligataire La tension recule, la vigilance reste de mise Après un début d’année marqué par une tension sur les taux primaires, les adjudications de février ont fait apparaître un reflux des rendements sur les maturités courtes. Une inflexion portée par la demande, mais encore dépendante du rythme de financement du Trésor et des conditions de liquidité.

d’accalmie sur la partie courte de la courbe. Les analyses de la place ne se contredisent pas; elles décrivent en réalité deux temps d’un même mouvement. BKGR insiste sur la détente observée lors de la dernière opé- ration du Trésor, portée par une demande abondante et une accal- mie après plusieurs séances plus tendues. La société de recherche relie aussi cette amélioration du sentiment à un cadrage macroé- conomique jugé plus solide, avec des anticipations de croissance 2026 pouvant approcher 6%, de nature à soutenir la perception de soutenabilité budgétaire et la confiance des investisseurs. AGR, de son côté, éclaire davan- tage la phase précédente. Les tensions de début d’année sont attribuées à une offre soutenue du Trésor et au resserrement de sa liquidité, deux facteurs qui ont mécaniquement poussé les taux primaires à la hausse sur plusieurs maturités. En synthèse, le marché est passé d’une logique dominée par la pression de l’offre et les contraintes de liquidité à une séquence de rééquilibrage, où la profondeur de la demande reprend le dessus. Faut-il conclure à un retourne- ment durable des taux courts ? À ce stade, ce serait aller trop vite. La baisse enregistrée le 17 février est significative, mais elle s’inscrit encore dans une phase d’ajuste- ment. Sa prolongation dépendra de plusieurs variables : rythme des prochaines levées du Trésor, gestion de la liquidité, maintien de la demande institutionnelle, et arbitrages de portefeuille dans un marché où la dette privée reste très active. Ce point est central puisque depuis plusieurs mois, les grands émetteurs corporate et bancaires ont renforcé leur présence sur le marché de la dette, en particulier via placements privés qui offrent aux investisseurs des alternatives crédibles en termes de rendement et de duration. Le Trésor conserve un statut de référence, mais évo- lue désormais dans un environne- ment plus concurrentiel. ◆

Par Y. Seddik

 Après une poussée des taux primaires en janvier, le marché obligataire a montré en février ses premiers signes d’accalmie sur les maturités courtes.

D

epuis janvier, les adjudications ont évolué dans un environne- ment moins confortable qu’en fin d’année dernière. Plusieurs desks relèvent des pressions haussières sur les taux primaires, parfois supérieures à 25 points de base sur certaines maturités, sous l’effet d’une offre impor- tante du Trésor. Cette lecture, mise en avant par les analystes d’AGR, ren- voie d’abord à une mécanique de marché. Le volume des besoins de financement, combiné à un resserrement de la liquidité du Trésor, a pesé sur les condi- tions de placement. Le Trésor est apparu moins à l’aise sur

le marché monétaire que sur la moyenne observée en 2025, ce qui a contribué à tendre les adju- dications. Autrement dit, la hausse des ren- dements en début d’année ne traduisait pas nécessairement une dégradation du risque sou- verain, mais plutôt un ajustement de prix dans un marché confronté à davantage d’offre et à une liqui- dité moins fluide. L’adjudication du 3 février a illus- tré cette phase de transition. Le Trésor a levé 1,9 Md de DH face à une demande de plus de 11,45 Mds de DH, sur la seule maturité 2 ans. Malgré cette forte sursous- cription, le taux servi est resté inchangé à 2,732%. Ce point est important : la pro- fondeur de la demande était bien là, mais elle ne s’est pas traduite immédiatement par une baisse des rendements. Le marché res- tait sélectif sur les niveaux de

taux, signe que la séquence de tension n’était pas totalement digérée. Inflexion sur le segment court Le véritable changement de ton est intervenu deux semaines plus tard. Lors de l’adjudication du 17 février, le Trésor a retenu 4,5 Mds de DH face à une offre globale de 17,068 Mds de DH, répartie entre le 52 semaines (1,35 Md de DH retenus) et le 2 ans (3,15 Mds de DH retenus). Les taux servis ressortent à 2,319% sur le 52 semaines et 2,543% sur le 2 ans. Par rapport aux derniers niveaux servis, cela représente un recul de 8,1 points de base sur le 52 semaines et de 18,9 points de base sur le 2 ans, selon le résultat publié par la DTFE. Après plusieurs adjudications marquées par des tensions sur le court terme, cette baisse des rendements constitue un signal

Le marché est passé d’une logique dominée par la pression de l’offre et les contraintes de liquidité à une séquence de rééquilibrage, où la profondeur de la demande reprend le dessus.

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