Le Dictionnaire Encyclopédique de la Psychanalyse

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James Grotstein (1984) s’interroge, dans ses écrits, sur les états psychiques primitifs de patients états-limites, à la limite de la psychose. Ces patients semblent associer librement ; cependant, après une analyse plus poussée, les associations apparaissent décousues, éparses. Ce sont des fragments chaotiques de pensées en archipels ou de sentiments qui vraisemblablement sont déconnectés ou dénuées de sens, des comptes-rendus journalistiques de leur monde interne. Ce sont des associations « en vrac » plutôt que des associations libres, et elles rendent compte de la déficience de la fonction d’organisation et de protection que procure l’objet primaire (ce qui correspond à ce que Kohut a nommé le soi-objet). C’est comme s’il n’y avait personne derrière le patient malheureux qui pourrait le protéger et l’aider dans sa construction. Chez les patients états-limites proches du spectre psychotique, chez lesquels peuvent coexister dans leur psyché une partie névrotique et une partie psychotique, Grotstein (1986,1989) insiste sur la nécessité d’une double approche, à la fois verbale et pré-verbale (non-verbale) en lien avec la présence d’états psychotique ou état-limites : « Tandis que la personnalité non-psychotique semble capable de communiquer avec le thérapeute en ayant recours à la libre association, encodée de façon à obtenir un dérivé symbolique, la personnalité psychotique semble parler soit sous forme d’associations décousues, désorganisées et encodées ou sous formes d’identifications projectives non verbalisées que le thérapeute peut être en mesure de détecter dans ses propres contre- identifications projectives… » (Grotstein 1989, p. 270), (NdT, traduit par nous-même). En général, l’analyste écoute le « texte des associations provenant de l’inconscient du patient, pour lequel le discours conscient du patient (les libres associations) est simplement la voie » (Grotstein 1995, p. 398). (NdT, traduit par nous-même). Un autre auteur nord-américain post-bionien, Lawrence Brown (2012), va plus loin dans son élaboration du concept bionien de « Transformations », puisqu’il l’applique à la libre association dans le processus clinique : « En écoutant seulement les libres associations du patient et en décelant la signification inconsciente sous-jacente, l’analyste aide l’analysant à parvenir à une transformation en K qui va délivrer au patient un certains savoir sur lui- même… » (Brown 2012, p. 1209, italiques dans le texte original), (NdT, traduit par nous- même). Lors de la phase suivante, visant à produire un changement structural dans l’inconscient du patient, l’analyste s’identifie à ces aspects du patient -révélés dans les associations libres- que le patient désavoue. Si l’analyste peut contenir ces contenus « pré- psychiques », il peut aider le patient à transformer un savoir intellectuel en une expérience affective, et faciliter avec efficacité l’intériorisation par le patient de la « fonction alpha » de l’analyste, qui avait, en premier lieu, rendu cette transformation possible. III. Cd. Autres approches développementales et dynamiques minimisant les libres associations. « La mentalisation » telle qu’elle a été conceptualisée par Fonagy et Target (2003) est parfois considérée comme l’inverse de la libre association. Dans la thérapie fondée sur la

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