Retour vers le menu
mentalisation (MBT), on encourage les gens à réfléchir de façon consciente à leurs propres pensées afin de mobiliser leur capacité d’auto-observation (« observation de son moi »). Cette thérapie a été utilisée pour des patients qui se trouvent submergés, dans leur conscience, par d’importants jaillissements en processus primaires, ou, pour ceux qui paraissent rigides, concrets, obsessionnels et qui n’ont aucun accès à leurs processus primaires. Robert Langs » (2005) avec ses « associations guidées » emploie un processus similaire à celui de Freud, au début de sa pratique, lorsqu’il demandait aux personnes qu’il avait en traitement d’associer sur certaines parties de leurs rêves, souvenirs ou autres expériences (comme l’a fait Jung et l’Ecole de Zurich avec le Test des Associations de mots, inspiré des travaux de Wundt). Dans de nombreuses psychothérapies dynamiques en Amérique du Nord, structurées autour de problèmes et de conflits précis, et pour lesquelles n'existe pas l’usage de la règle fondamentale (Knight, 1953), le praticien peut avoir recours à la libre association dans un champ limité et dans un domaine particulier lors d’un problème « spécifique ». Il convient de distinguer cette approche de la psychothérapie centrée sur le transfert (TFP) destinée aux patients présentant une organisation limite de la personnalité, telle qu'elle a été développée par Kernberg et ses collaborateurs, comme indiqué plus haut (Caligor, Kernberg et al., 2018). III. D. ACTIVITE DE LIBRE ASSOCIATION CHEZ L’ANALYSTE De nombreuses conceptions de l’activité de libre association dérive de la « métaphore du récepteur téléphonique » de 1912 dans laquelle Freud s’est concentré sur l’expérience intérieure de l’analyste comme fil conducteur dans la compréhension de la vie psychique du patient. Otto Isakower (1963) a développé une conception presque concrétiste de ce processus à travers son concept d’« instrument d’analyse ». Selon Isakower, si l’analyste a été correctement analysé, l’interprétation juste surviendra automatiquement dans la psyché de celui-ci sous la forme d’une libre association. Bien qu’il semble qu’Isakower ait essayé de donner une dimension spatiale et une structure matérielle à « l’instrument d’analyse », certains soutiennent que son concept « d’instrument d’analyse » est identique au concept initial de l’Inconscient de Freud. Grâce au processus d’intuition, l’interprétation correcte parvient à la conscience en grande partie de la même manière qu’un dérivé du mouvement pulsionnel inconscient surgirait dans la psyché du patient. Jacob Arlow (1979b) définit trois processus internes qui interviennent dans la genèse d’une interprétation analytique : l’introspection, l’intuition et l’empathie. Il décrit une suite d’événements à plusieurs facettes et à plusieurs couches au cours de laquelle la position interne de l’analyste oscille entre celle d’un observateur plutôt passif et celle d’un participant et interprète actif. Les processus de libre association d’un analyste jouent un rôle majeur dans une telle chaîne d’événements. En premier lieu, Arlow note que l’analyste s’identifie au patient en permettant l’intrusion d’une pensée « étrangère » dans sa psyché. En second lieu, l’analyste, grâce à ses libres associations, amorce une réflexion qui lui permettra de percevoir les
416
Made with FlippingBook - Online Brochure Maker