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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 14 MARS 2024
ECONOMIE
F.N.H. : Comment les entre- prises marocaines peuvent- elles tirer parti de la pro- priété intellectuelle pour stimuler leur compétitivité sur les marchés nationaux et internationaux ? D. S. Z. : Le classement du Maroc dans l’IP Index doit être mis en perspective avec d’autres chiffres très récemment donnés par l’OMPIC. A titre d’exemple, on se rend compte qu’en 2023, seule- ment 10% des demandes de brevets d’invention déposées au Maroc sont d’origine marocaine. Et parmi ces 10%, les entreprises marocaines ne représentent que 17%, l’essentiel des brevets maro- cains étant déposés par les univer- sités et les centres de recherche. Pourtant, la propriété intellec- tuelle est un outil puissant pour les entreprises, puisqu’elle confère un monopole certes tem- poraire mais conséquent (10 ans, mais indéfiniment renouvelable pour les marques, 20 ans pour les brevets, 25 pour les dessins & modèles industriels, 70 ans après la mort de l’auteur en matière de propriété littéraire et artistique). Les entreprises marocaines doivent davantage prendre conscience de la nécessité de protéger leur propriété intellec- tuelle et cela pour être à armes égales avec leurs concurrents étrangers, tant sur le marché marocain qu’à l’international. En réalité, trop souvent, les entre- prises marocaines ont tendance à négliger la protection de leur propriété intellectuelle au début de leurs activités. C’est pour- tant à ce moment-là que c’est le plus important. Après, c’est souvent trop tard ou très difficile- ment rattrapable. Elles doivent se faire utilement accompagner dès les prémisses de leurs projets. Les entreprises chinoises, par exemple, ont longtemps été per- çues comme les championnes de la contrefaçon. Aujourd’hui, elles se servent de la propriété intel- lectuelle comme d’un outil puis- sant de protection tant en Chine qu’à l’étranger, et n’hésitent plus à déposer leurs marques et bre-
lité en la matière, insuffisamment d’avocats et de magistrats vérita- blement spécialisés et une profes- sion règlementée de «conseillers en propriété industrielle» encore trop hétérogène. Mais tout cela est en train d’évoluer dans le bon sens, et je suis optimiste quant à la protection de la propriété intel- lectuelle marocaine. ◆
Le Maroc fait mieux que certaines grandes puissances mondiales ou régionales, devançant ainsi la Chine, la Turquie, le Brésil, l’Inde ou la Russie.
vets. Elles en ont perçu tout l’inté- rêt et savent s’en servir, parfois de manière agressive. Il est vrai, à la décharge des entreprises maro-
caines, que l’écosystème maro- cain de la propriété intellectuelle est encore un peu «tendre», avec très peu de formations de qua-
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