COMMENTAIRES DE PRODUCTION
a apporté son entier soutien, y com- pris sur le plan financier. Je pense qu'elle devait en être extrêmement heureuse. C'est ça que j'avais en tête en élaborant cette histoire. Mais ça ne signifie pas que le garçon à lunettes est Capel, bien sûr. On se sent empli de bonne humeur après avoir lu ce récit, comme après avoir enfilé de beaux vêtements. Était-ce un effet recherché ? SHIRAI : Je ne voulais pas un dérou- lement à déchirer le cœur, mais plutôt une ambiance douce, légère. Cette jeune femme refusant de se faire classer dans des catégories, qui ne supporte pas les préjugés ni de se faire imposer quoi que soit m'a parue très actuelle. SHIRAI : En effet. C'est fréquent quand on est amoureux de regarder l'autre à travers le prisme de ses en- vies et de ne voir en lui que ce qu'on a envie de voir. Pour la personne concernée, c'est agaçant de ne pas être considérée pour ce qu'elle est vraiment. Je me suis dit que l'héroïne serait ravie si un garçon la percevait telle qu'elle est.
est Tatsuo Kusakabe, le père de Sat- suki et Mei dans "Mon voisin Totoro". C'est mon modèle.
Et vous, Demizu-sensei, comment avez-vous abordé cette deuxième his- toire ? DEMIZU : Représenter le même per- sonnage en le faisant sans cesse changer de tête sans pour autant modifier complètement sa physiono- mie était assez ardu, mais ça m'a permis de faire une découverte. Je commençais par dessiner le même visage, puis j'appliquais ensuite le maquillage par touches successives. C'est fou comme un seul trait en plus au niveau des yeux peut modifier radi- calement l'impression générale, ou comme appliquer une trame différente sur la chevelure peut métamorphoser quelqu'un. Si le maquillage est effi- cace en manga, ça doit aussi fonction- ner en vrai ! Ce n'était donc pas facile de dessi- ner cette héroïne qui change d'appa- rence comme un caméléon. DEMIZU : C'est en grande partie grâce au découpage du storyboard de Shirai-sensei que l'on comprend que c'est toujours le même personnage. En fait, l'agencement est si bien pen- sé que j'aurais sans doute pu la trans- former visuellement davantage sans que ça ne pose de problème.
De qui vous êtes-vous inspiré pour ce garçon à lunettes ?
SHIRAI : De personne en particulier. Simplement, mon idéal personnel
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