COMMENTAIRES DE PRODUCTION
Nous n'en sommes pas toujours conscients, mais c'est grâce à elle que les femmes sont aujourd'hui libres et indépendantes. SHIRAI : Absolument. Je crois qu'il y a une part de Chanel dans toutes les femmes d'aujourd'hui. DEMIZU : Mais sa philosophie de la vie en avance sur son temps aura valu à Gabrielle de connaître une certaine solitude. Elle a probablement dû se retrouver en butte à l'incompréhen- sion et aux critiques de son entou- rage. J'admire sa force de caractère pour avoir fait face à tout ça sans dé- vier de ses convictions. J'aime aussi comment après-guerre, alors qu'elle connaissait un passage à vide en France, elle a renoué avec le succès aux États-Unis. Quelles que soient les circonstances, elle est toujours restée authentique et n'a jamais cessé de soutenir les choix dans lesquels elle croyait. Je trouve sa vie magnifique. C'est effectivement digne d'un hé- ros de shônen manga. Vous-même, en tant que créateur, éprouvez une grande sympathie pour sa façon de vivre.
nous aurions aimé creuser encore plus pour en apprendre davantage sur Gabrielle Chanel et la marque.
♦ La réalisation À partir de ces recherches documen- taires, comment vous êtes-vous atta- qués à la réalisation de ce manga ? SHIRAI : Mon concept de départ en m'attelant au storyboard était de créer "un recueil d'illustrations de De- mizu-sensei sous forme de manga". Si je comprends bien, puisque contrai- rement à "The Promised Neverland", il n'y a ici ni suspens ni grande com- plexité scénaristique, vous avez opté pour une autre approche d'écriture faisant la part belle aux dessins de Demizu-sensei. C'est particulière- ment visible dans la première his- toire. SHIRAI : En choisissant une fillette pour héroïne, j'étais certain que le résultat serait trop craquant. DEMIZU : La mise en scène y est pour beaucoup. Déjà sur "The Promised Neverland", tout dans le storyboard, que ce soit le découpage, le langage ou les mimiques rendait les enfants trop craquants. SHIRAI : Concernant les histoires, j'ai essayé de projeter un aspect différent de Gabrielle Chanel sur chacun des personnages. Et puis, faute d'avoir pu aller en France, j'ai pris le Japon
DEMIZU : Oui. En la découvrant, c'est devenu une sorte de modèle.
SHIRAI : Je suis d'accord. Qui plus est, rester fidèle à son propre style ne l'a pas empêchée pour autant d'assi- miler de nouveaux éléments. Nous étions un peu pris par le temps, mais
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