2025 Confidentiality Guide (French)

Réflexions sur la confidentialité pour les membres de l’API

Créées par le Comité sur la confidentialité de l’API

2025

PRINCIPES GÉNÉRAUX

Approches psychanalytiques de la confidentialité

Pour les psychanalystes, la confidentialité n’est pas seulement une exigence pour la sécurité ou l’éthique du travail, elle est fondamentale pour la méthode psychanalytique dans un sens plus radical. Sans la confidentialité, la psychanalyse serait impossible, car la libre association de l’analysé et l’écoute libre de l’analyste seraient compromises. Comment un analysé peut-il dire tout ce qui lui passe par la tête s’il a le sentiment que son analyste va divulguer ses pensées les plus intimes ? L’API stipule explicitement dans son Code de déontologie que la confidentialité est « l’un des fondements de la pratique psychanalytique » (API, 2015, partie III, paragraphe 3a). La question de la confidentialité revêt des implications spécifiques, qui méritent d’être abordées séparément, lorsque les psychanalystes utilisent les télécommunications, notamment pour l’analyse et la supervision à distance, pour communiquer avec leurs patients et leurs collègues 1 .

La confidentialité comme fondement éthique et technique de la psychanalyse

Le défi pour les analystes réside dans le fait que l’objet de notre étude, l’inconscient, fait autant partie de notre être que de celui de nos patients et est tout aussi susceptible d’émerger de manière inattendue. Notre volonté de protéger nos patients peut être compromise par des pulsions inconscientes qui nous animent.

La responsabilité de l’analyste quant au cadre/contexte

Bien que des pulsions et des émotions inconscientes soient suscitées chez les deux partenaires lors de la rencontre analytique, il subsiste une asymétrie éthique importante : l’analyste a la responsabilité de respecter l’autonomie et la séparation du patient. L’analyste ne peut jamais connaître pleinement l’impact de sa personne et du cadre sur le traitement et sur la réaction du patient à celui-ci, mais il doit toujours travailler en gardant à l’esprit les expériences du patient.

La possibilité d’un conflit insoluble entre des besoins ou des points de vue concurrents

La nécessité pour l’analysé de pouvoir faire confiance à l’analyste pour protéger la confidentialité est susceptible d’entrer en conflit avec le besoin éthique et scientifique de l’analyste de partager des informations anonymisées avec ses collègues dans le cadre de la supervision, de l’enseignement et de la publication. Il s’agit d’un conflit qui incombe à l’analyste et auquel les analystes doivent éternellement faire face.

1 Voir « Réflexions sur la confidentialité dans le cadre des traitements à distance »

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